venerdì, 29 febbraio 2008

à mon Père, le premier Homme de ma vie, qui a fait de moi un Homme.

Merci, Papa.

Daniela

 

 

« Pour transformer le monde, il n'est pas besoin pour toi de la pioche, de la hache et de la truelle et de l'épée. Mais il te suffit de le regarder seulement avec ces yeux de l'esprit qui voit et qui entend. »

Paul Claudel 

 

 

L’idéologie rend sourds et aveugles.

Elle refuse d’écouter ce qui n’entre pas dans son univers sectaire.

La grande majorité des gens sont sourds et aveugles aux problèmes du monde ! Tant qu’ils ne sont pas directement concernés et que les fléaux ne leur tombent pas sur la tête, ils s'en moquent !

Ils ne voient même pas qu'une grande partie de ces problèmes ont une incidence directe sur leur vie.

La Liberté n’est pas une exigence que nous devrions attendre de la Société ou de l’Etat ; elle est d’abord une exigence intérieure.

Quand les prisons de nos regards et les tombeaux des mots s'ouvrent, quand les barbelés de nos représentations sont arrachés, quand les écrans et les voiles de nos esprits sont déchirés et que les regard en miroirs sont brisés, alors les regards simples, pauvres et nus se lèvent et, sans appui, marchent à travers les murs. Comme les vitraux d'une cathédrale de lumière, ils dansent les mille couleurs des choses. Sur la montagne vide, par delà la grâce des mots et la lourdeur des choses, les mots se font silence-sonore, ténèbres-lumineuses, absence-présence.

Folie humaine ou sagesse divine?

C'est la douce folie des Enfants, des Artistes et des Saints qui nous invitent à « vivre en poésie », accordés avec cet au-delà, qui se voile et se dévoile dans le silence des choses comme dans les secrets de nos histoires.

 

 

 

Ce qu’il y a de plus important dans la vie, c’est d’apprendre à vivre.

Il n’y a rien que les hommes se montrent plus désireux de conserver que la vie, et il n’y a rien qu’ils s’efforcent moins de bien diriger.

Y réussir est chose moins facile qu’on ne pense.

 

« La vie, »

 

dit Hippocrate au commencement de ses Aphorismes médicaux,

 

« est courte, l’art est long, l’occasion passagère, l’expérience trompeuse et le jugement difficile. »

 

Le bonheur et le succès ne dépendent pas des circonstances, mais de nous-mêmes.

 

« Plus d’hommes ont dû leur ruine à leurs propres fautes qu’à la malveillance des autres ; plus de maisons et de villes ont été anéanties par l’homme que par des tempêtes et des tremblements de terre. »

 

Parler aujourd'hui d'émerveillement peut sembler une folie, mais cette folie n'est-elle pas la plus grande sagesse devant la désespérance de ce monde?

Toute l’histoire de la philosophie, depuis les Pré-socratiques jusqu’à Heidegger tourne autour de ce mystère de l’étonnement devant le sublime de la vie.

 

« Avoir l'esprit philosophique, »

 

écrit Schopenhauer,

 

« c'est être capable de s'étonner des événements habituels et des choses de tous les jours. »

 

Et Einstein nous assure :

 

« Celui qui a perdu la faculté de s'émerveiller et qui juge, c'est comme s'il était mort, son regard s'est éteint. »

 

Nous retrouvons chez tous les grands hommes cette illumination du regard. L'homme devient génial quand son moi ne fait pas écran entre le réel et la vérité; par leur avoir, leur pouvoir, ou leur savoir, les hommes se rendent aveugles.

L'homme d'aujourd'hui tombe volontiers dans l'erreur de croire que tout peut être expliqué, qu'il n'y a plus de mystère. Et que l'émerveillement ne serait que l'effet de la nouveauté sur des esprits ignorants.

L'humanité occidentale périt de cette perte du sens du merveilleux, qui est une confusion entre problème et mystère. Elle a perdu le sens du réel, en confondant réel, imaginaire et symbolique.

L'idolâtrie des choses ou des idées, et maintenant des images, est une vieille tentation de l’humanité !

S'étonner, c'est se laisser surprendre par les choses les plus simples de la vie.

Entre le choc de l'étonnement et la terre promise de l'émerveillement, il y a un long chemin d'exode, où notre esprit s'éveille et où notre regard se libère.

Il nous est dit au premier chapitre de la Genèse qu’à la fin du sixième jour :

 

« Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, tout était très bien. »

 

Non seulement bien, mais très bien ; et cependant combien peu d’entre nous savent apprécier l’admirable monde où nous vivons ?

Plusieurs d’entre nous marchent à travers la vie comme des Fantômes : ils se trouvent dans le monde sans en faire partie. Nous avons des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre.

Pour voir, il faut regarder.

Regarder, c'est garder, c'est monter la garde, non pour prendre l’Autre en flagrant délit mais pour se laisser surprendre.

Regarder, c’est devenir gardien de l'être, c'est veiller dans l'attente d'une « sensation vraie » comme dit Cézanne.

Regarder est beaucoup moins facile que de ne pas regarder, et c’est un don précieux que d’être capable de voir ce qui passe devant nos yeux.

Ruskin affirme :

 

« Ce que l’esprit humain peut faire de plus grand en ce monde est de regarder et de raconter tout simplement ce qu’il a vu. »

 

Je ne pense pas que les yeux de Ruskin soient meilleurs que les nôtres, mais comme il voit plus de choses avec les siens !

L'émerveillement naît d'abord du silence, et il conduit au silence. Ce silence de soi est la première condition de sa manifestation. Le silence est la trace en nous de l’émerveillement; et celui-ci est proportionnel au silence qu’il fait naître en nous. Quand l'œil écoute la musique du silence, l'esprit perçoit la mélodie secrète des choses. Le silence et l'émerveillement accomplissent ce miracle de nous introduire dans le dialogue avec un au-delà du visible et du lisible.

J'aime le silence.

Il permet d'entendre la mélodie de l'âme. Celle de l'Autre, lorsque je l'écoute se dire, ou la mienne lorsqu'elle murmure en paix.

Le silence me rapproche de l'état de nature, me rappelle que j'en suis un élément.

 

« La nature qui fait toutes choses pour qu'elles répondent à une intention et une destination précises, comme ils le disent justement, n'a pas donné la sensation à l'animal simplement pour pâtir et sentir, mais parce que, entouré d'êtres dont les uns lui sont appropriés et les autres inappropriés, il ne pourrait survivre un seul instant, s'il n'apprenait à se garder des uns et à se mêler aux autres. Or, si la sensation fournit à chacun semblablement la connaissance des uns et des autres, les conséquences de la sensation, la saisie et la poursuite des choses utiles, le rejet et la fuite des choses funestes et pénibles, nul moyen qu'elles se rencontrent chez qui n'a pas reçu par nature la faculté de raisonner, juger, se souvenir et être attentif. Les êtres qu'on dépouillera de toute attente, de tout souvenir, projet ou prépara­tion, de l'espoir, de la crainte, du désir et de l'affliction, il ne leur servira de rien d'avoir des yeux ou des oreilles ; et il vaut mieux être débarrassé de toute sensation et de toute imagination qui ne s'accompagnent pas de la faculté qui en fait usage, que d'éprouver peine, douleur et souffrance sans avoir les moyens de repousser ces maux. Et justement le physicien Straton démontre que sans l'intellection absolument aucune sensation ne se produit. Souvent en effet un texte que nous parcourons des yeux, des paroles qui frappent notre ouie nous échappent et nous fuient, parce que notre esprit est occupé à autre chose ; puis il revient : alors il change sa course et poursuit un à un chacun des mots qu'il a laissé échapper. C'est en ce sens qu'il a été dit « c'est l'intellect qui voit, l'intellect qui entend : le reste est sourd et aveugle »; car l’affection qui a pour siège l'oeil ou l'oreille ne produit pas de sensation sans la présence de la pensée. D'où la réponse du roi Cléomène : il assistait à un banquet où se faisait applaudir un chanteur dont on voulut savoir s'il ne semblait pas habile : « Voyez vous-mêmes, demanda‑t‑il, pour moi j'ai l’esprit dans le Péloponnèse ». Donc tous les êtres qui possèdent la sensation, nécessairement possèdent aussi l’intellection. »

Porphyre, De l’Abstinence, III, 21.5

 

Bien que nous ayons une ferme espérance dans les progrès de la race humaine, cependant individuellement, en avançant en âge, nous nous détachons de bien des choses qui, dans notre jeunesse, nous procuraient le plaisir le plus intense. Mais, d’un autre coté, si notre temps a été bien employé, si nous nous sommes prudemment chauffés les mains « au foyer de la vie », il se peut que l’âge nous donne plus que nous ne perdons. A mesure que nos forces diminuent, nous sentons moins aussi la nécessité de l’exercice ; l’espérance, peu à peu, fait place à la mémoire.

Celle-ci ajoutera-t-elle à notre bonheur ou non ?

Cela dépend de ce qu’aura été notre vie ici-bas.

Il y a des vies qui perdent de leur valeur à l’approche de la vieillesse ; chaque jouissance se flétrit l’une après l’autre, et celles mêmes qui subsistent perdent peu à peu de leur saveur. D’autres, au contraire, gagnent en richesse et en paix au-delà de ce que le temps leur a dérobé.

Les plaisirs de la jeunesse peuvent l’emporter en intensité et en saveur, mais ils sont toujours mélangés d’anxiété et d’agitation, et ne peuvent égaler en plénitude et en profondeur les consolations que l’âge apporte comme la plus belle récompense d’une vie exempte d’égoïsme.

Il en est de la fin de la vie comme de la fin du jour : il se peut qu’il y ait des nuages, et cependant, si l’horizon reste clair, la soirée sera belle.

Swedenborg suppose que dans le ciel les Anges avancent continuellement vers le printemps de leur vie, si bien que plus ils ont vécu longtemps, plus ils sont jeunes en réalité.

N’avons-nous pas des Amis qui semblent réaliser cet idéal, qui ont gardé, du moins par l’esprit, toute la fraîcheur de l’enfance ?

 

 

Voilà une histoire qui devrait faire prendre conscience de la difficulté à accepter la réalité telle qu'elle est.

C'est tellement plus simple de qualifier son contradicteur de fou, d'aliéné, de naïf ou d'imbécile !

Car, même si elle ne fait pas toujours plaisir, même si elle nous dérange dans notre confort et nos idées bien ancrées, même si elle chamboule le bon ordonnancement des choses, même si parfois elle fait peur, je crois qu'il faut pouvoir regarder et entendre la vérité nue, sans fard et en faisant fi de nos croyances et de nos certitudes.

Et c'est bien là le plus complexe...

 

Le Bouddha raconta cette histoire à ses moines :

« Un jeune veuf se dévouait à son petit garçon. Mais pendant qu'il était en voyage pour son métier, des bandits incendièrent tout le village, le laissant en cendres, et enlevèrent le petit garçon. Quand le père rentra, il ne retrouva que des ruines et en eut le coeur brisé. Voyant les restes calcinés d'un enfant, il crut que c'étaient ceux de son propre fils, prépara une crémation, recueillit les cendres, et les mit dans un sac qu'il emportait partout avec lui.

Un jour, son vrai fils parvint à échapper aux bandits et à retrouver le chemin de la maison, que son père avait reconstruite. Il arriva, tard dans la nuit et frappa à la porte. Le père demanda:

« Qui est là ? »

« C'est moi, ton fils. S'il te plait fais-moi entrer ! »

Le père, qui portait toujours les cendres avec lui, désespérément triste, crut qu'il s'agissait d'un misérable qui se moquait de lui. Il cria:

« Va-t-en ! »

Son enfant frappait et appelait sans cesse mais le père lui faisait toujours la même réponse. Finalement le fils partit pour ne plus jamais revenir.

Après avoir terminé ce récit le Bouddha ajouta:

« Si vous vous accrochez à une idée comme à une vérité inaltérable, quand la vérité viendra en personne frapper à votre porte, vous ne serez pas capable d'ouvrir et de l'accepter. »

tiré de l'Udana Sutta

 

Copyright © 28 febbraio 2008 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi. 

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 29, 2008 07:53 | Permalink | commenti
categoria:amore, vita, filosofia, libertà
domenica, 24 febbraio 2008

« Il sesso non è una scoperta dei nostri giorni. Anche nei cosiddetti secoli bui dell’Occidente era al centro di una cultura naturalistica che ne presentava un’immagine liberata. »

 

 

Si deve a una vecchia leggenda storiografica d’origine illuministica, tutt’altro che criticamente meditata, la presentazione di un Medioevo tutto rivolto al cielo, un Medioevo erofobo e sessuofobo; più tardi, attraverso la trasfigurazione romantica e le fantasie preraffaellite d’età vittoriana, si sarebbe fatto sempre dell’età medievale il tempo degli amori spirituali e delle « donne angelicate ». Oggi, si tende a presentare dei secoli tra il V e il XV al contrario, un’immagine « liberata» o, se si preferisce, un’immagine conflittuale tra un Eros sfrenato e una pesante repressione da parte della Chiesa.

Un discorso chiaro e criticamente rigoroso sull’Eros ci aiuterà a meglio comprendere quel complesso periodo e a superare vecchi, ormai incrostati, pregiudizi al riguardo.

Il migliore modo per aprire questo discorso è penetrare, insieme con il grande Salomone, nel giardino dell’Amore :

 

« Sei fonte chiusa, o sorella mia sposa, fonte chiusa, sorgente sigillata. I tuoi rivi fanno un giardino de melagrane… »

Cantico dei Cantici, , 12-13

 

Generazioni intere di asceti e di teologi si sono piegate su questa sublime pagina, su questo Canto d’Amore tra i più dolci e struggenti che l’umanità sia mai riuscita a concepire. Il più grande mistico dell’Occidente, Bernardo di Clairvaux, ha dedicato al Cantico un commento pervaso a sua volta di profonda poesia. L’incontro tra lo Sposo e la Sposa nel recinto delle delizie veniva allegoricamente interpretato come l’incontro dell’Amante e dell’Amato, vale a dire dell’anima del credente e del Cristo, o ancora come il matrimonio del Cristo e della Chiesa ; e è d’altronde inutile insistere sugli accenti d’Amore e, talora, di passione, espressi in forma molto simile a quella del trasporto erotico, che pervadono le pagine di un San Bernardo stesso, di un Jacopone da Todi, di una Santa Caterina da Siena, più tardi di un San Giovanni della Croce e di una Santa Teresa d’Avila. L’espressione « unione mistica » conserva intatta, a livello allegorico, una profonda e assoluta valenza sessuale.

Questi dati sono, senza dubbio, variamente interpretabili. Alcuni psicanalisti li hanno valutati alla luce della teoria del « transfert », istituendo – in maniera, per la verità, abbastanza schematica e semplicistica – un rapporto immediato tra la repressione derivante dalla castità coatta e una forma di più o meno ambigua sublimazione attraverso l’estasi mistica.

È noto, del resto, che, nell’antichità come nel Medioevo, molte sette ereticali cristiane si posero il problema dell’erotismo e della sessualità risolvendolo, talora mediante forme di radicale astinenza, talaltra attraverso una sorta di esercizio estenuato della carne, che avrebbe dovuto portare la carne stessa a una sorta di appagamento definitivo e, quindi, al silenzio.

A un estremo di questa catena vi è la tradizione di Origene, l’autoevirazione del quale, del resto, trovava riscontro in pratiche tutt’altro che inconsuete nel misticismo e nella tradizione misterica mediterraneo-orientale dell’età pagana (si pensi ai culti di Adone, di Attis, di Cibale). All’estremo, almeno in apparenza, opposto, si situano tesi come quelle di Priscilliano vescovo di Avila (sec. IV), che da una posizione originariamente gnostico-manichea – e come tale insistente sulla dicotomia e la lotta tra Bene e Male al punto da prospettare una sorta di biteismo – era giunto a fondare una dottrina a carattere magico-iniziatico dove l’attività erotica aveva un ruolo importante nella liberazione dello spirito dalla carne.  

Intendiamoci: quando nelle fonti ecclesiastiche ufficiali si trovano cenni – e capita spesso – a presunti « disordini sessuali » praticati nelle sette ereticali, ci si deve guardare dal prendere tali informazioni alla lettera ; tra l’altro, i polemisti pagani dell’Impero Romano avevano accusato i cristiani stessi più o meno delle medesime cose. Un’accusa tipica, nata, forse, all’interno di certe cerimonie orientali presto fraintese, era quella secondo la quale esistevano gruppi ereticali che, a un dato momento del servizio divino, spengevano le luci e si davano alle più folli e disordinate pratiche erotiche promiscue, senza badare né al sesso né ai rapporti di parentela dei vari occasionali « partners » ; dopo di che i lumi si riaccendevano e le cerimonie sacre riprendevano. Questa diceria è trascorsa intatta attraverso l’intero Medioevo e gli è sopravvissuta fino a giungere, tra il Cinque e il Seicento, a costituire uno degli elementi per così dire « classici » del quadro della Messa Nera. Non vi è dubbio, tuttavia, che all’interno di vari ambienti non-conformistici – e il Medioevo occidentale ne ha conosciuto molti – si sia sviluppata in molte forme la contestazione alla morale sessuale ortodossa, così come in altrettante forme si sviluppava quella all’ecclesiologia e alla teologia ortodosse. È certo, per esempio, che nell’eresia catara, particolarmente viva tra il XII e il XIII secolo soprattutto nella Francia meridionale e nell’Italia del centro-nord, tutto quel che atteneva alla sessualità era considerato con ben altro occhio rispetto alla posizione ufficiale della Chiesa.

E iniziamo ricordando qualcosa circa la posizione ufficiale. Si è, spesso, parlato di « sessuofobia ». La tendenza cristiana all’astinenza carnale non era né più rigorosa né « rivoluzionaria » rispetto a analoghe tendenze di molte scuole filosofiche pagane, il neo-platonismo a esempio. San Paolo, tessendo il suo noto elogio della castità e ritenendo lo stato matrimoniale imperfetto nei confronti dello stato della verginità o della continenza, aveva inteso stabilire una gerarchia di perfezione, non interdire o svalutare i rapporti sessuali, a patto che si esercitassero nell’ambito del matrimonio legittimo e allo scopo della procreazione. Si può, quindi, parlare, forse, di un antierotismo cristiano, ma non propriamente di una sessuofobia. Quanto poi alla celebre misoginia della Bibbia e di molti dottori della Chiesa, vi è tutta una tradizione greca e romana non meno dura e non meno ingiusta con le donne. Si può semmai fare nostra la tesi di un grande studioso inglese, Clive Staples Lewis, secondo il quale è « ovvio che il Cristianesimo, in senso molto lato, insistendo sulla pietà e sulla sanità del corpo umano, tendesse a ammorbidire e mitigare le estreme brutalità e irriverenze del mondo antico in tutti i campi della vita umana e quindi anche nelle questioni sessuali ».

Ma la tesi propugnata dai catari a proposito del sesso era molto lontana da quella cristiana ortodossa. Il Catarismo era una religione o, se si preferisce, una dottrina filosofico-religiosa d’origine manichea : come tale, insegnava la coesistenza di due principi, l’uno spirituale e l’altro materiale, nel cosmo, e la loro lotta perpetua. La creazione, opera del Principio della Materia o delle Tenebre aveva avuto il risultato di avvolgere, di imprigionare nella materia una quantità di forze spirituali ; lo stesso uomo, in quanto anima immortale, era Spirito, era Luce, e suo compito era liberarsi dalla materia per unirsi al Principio della Luce. Quest’ultimo, per quanto si facesse per farlo somigliare al Dio cristiano, era simile piuttosto all’Ahura Mazda persiano ; e, per contro, il Dio-creatore della Bibbia, lo Iahvè dei Patriarchi, veniva – in quanto creatore della Materia – a identificarsi con il Dio della Tenebra.

Discendeva da tutto ciò che non era tanto l’atto sessuale a venir condannato, quanto piuttosto la procreazione, poiché la generazione perpetuava la prigionia dello Spirito da parte della Materia. Laddove teologi e moralisti cattolici insegnavano che il peggiore peccato sessuale era la dispersione del seme, i missionari catari insegnavano esattamente il contrario ; e, per quanto i loro mistici – i cosiddetti « Perfetti » – rinunciassero, rigorosamente, insieme con l’alimentazione carnea e il consumo di uova e latticini – vale a dire di tutto quanto proveniva da un atto generativo animale –, anche alle pratiche sessuali, si finiva con l’insegnare che esse non erano peccato tanto in sé quanto nelle loro conseguenze « naturali », giacché la natura e le sue leggi materiali altro non erano se non un tranello del « dio malvagio » per eternare la prigionia dello Spirito.

Occorsero una crociata sterminatrice nel Mezzogiorno francese, nella prima metà del duecento e una pesantissima repressione inquisitoriale negli anni che l’accompagnarono e la seguirono, per far tacere nel fumo dei roghi l’eresia catara. Ma, nei decenni successivi, altre eresie sorsero, talora, forse, in, sia pur problematico, rapporto con la « Voce » che era stata obbligata a tacere.

Dell’eresia di un lontano seguace di Gioacchino da Fiore, Gherardo Segalelli, fondatore della setta degli

« Apostolici », ci parla il cronista francescano Salimbene da Parma, il quale si affretta a informarci che in essa avevano un ruolo importante certe ambigue figure femminili, certe « apostolesse », e che il credo di sconfinata libertà individuale da questi predicato si traduceva tra l’altro in sfrenata licenza sessuale. Di predicazione di « liberatorie » pratiche sessuali di gruppo fu accusato quello strano riformatore religioso-sociale della fine del Duecento, che fu il piemontese Dolcino, ricordato anche da Dante. E finalmente, gli adepti della setta detta del « Libero Spirito » proclamavano la libertà completa della carne e dello spirito, e la loro esperienza, reinterpretata e rivissuta attraverso i secoli, non è estranea né a un certo misticismo tedesco o fiammingo della fine del Medioevo né al cosiddetto movimento « libertino » dell’età moderna.

Insomma, il panorama dei rapporti tra Cristianesimo e sessualità nelle varie dottrine medievali è assai sfaccettato e composito.

Le pratiche acetiche, a esempio, introducevano nel problema nuovi argomenti. Si sbaglierebbe, intanto, attribuendo a tutto il Cristianesimo, e fino dalle origini, una coerente ispirazione puritana : il Vecchio Testamento è molto lontano da essa e lo stesso celibato dei chierici non si è affermato, e a fatica, che nel corso dell’XI secolo. Semmai, la castità veniva eroicamente abbracciata, insieme con altre e non meno pesanti privazioni, all’interno degli ambienti monastici : e relativamente a essi bisogna distinguere tra una castità intesa come esercizio di disciplina quasi militare, secondo la regola benedettina della quale è stato rilevato unanimemente il carattere romano e, per così dire, « legionario », e una intesa come lotta violenta contro la carne e la tentazione, quale ce la presentano certe tradizioni eremitiche d’impronta orientale che trovano il loro prototipo nella « Vita » di Sant’Antonio abate.

È nell’ambito della produzione agiografica dipendente da questo testo che ci imbattiamo per la prima volta in una figura destinata a divenire familiare, il « demonio succubo » che assume sembianze di bella fanciulla per indurre in tentazione. Lo schema è, in generale, molto semplice : al sant’uomo si presenta una splendida fanciulla, in assetto così misero da provocare compassione ; invitata a entrare nell’eremo, nutrita, scaldata, ecco che inizia la scena di seduzione ; infine, o l’asceta resiste e il diavolo finisce con l’abbandonare il campo o cede alle lusinghe e subisce le beffe atroci dell’avversario, il teatro e la novellistica hanno ripetuto all’infinito, e con innumerevoli varianti, questo quadro.

Viene da chiedersi se il nucleo primitivo di questi racconti risieda in esperienze reali o oniriche, in modelli leggendari orientali o ellenistici, in una produzione letteraria che, oggi, è universalmente ritenuta come fondamentale allo sviluppo dell’agiografia cristiana, vale a dire nel romanzo alessandrino, o sia piuttosto la volgarizzazione di un uso ascetico-iniziatico che non doveva essere infrequente nella mistica cristiana delle origini, e che, già verso la metà del III secolo, era stato oggetto del divieto impostogli da San Cipriano, vescovo di Cartagine : alludo all’« agapismo » (dal greco « agapè », amore non carnale), pratica consistente nell’uso di dormire con persone di opposto sesso conservando la castità. Si trattava naturalmente di un’usanza atta a mettere alla prova forza d’animo e controllo della propria volontà : ne troviamo il ricordo in certi usi prenuziali o nuziali vivi fino agli inizi del ‘900 in tutta Europa: la veglia alla fidanzata distesa in abito nuziale su un letto già pronto in Spagna, oppure le cosiddette « notti di Tobia » in cui gli sposi dovevano restare fianco a fianco, pregando e conservando la castità, come nell’agiografia medievale più matura. A proposito di Bernardo di Clairvaux, si narra, per esempio, un episodio simile: il santo non aveva provocato la pericolosa vicinanza di una fanciulla, ma seppe nondimeno sostenerla onorevolmente. Di San Francesco d’Assisi, si racconta una cosa un po’ diversa, tipica del resto del suo modo di convertire non con belle parole, ma con l’esempio : durante il suo viaggio in Egitto, una prostituta saracena gli si sarebbe avvicinata offrendogli compagnia ; il santo avrebbe accettato, invitandola a sua volta nel suo letto ; ma la ragazza si sarebbe ritratta inorridita vedendolo sdraiarsi tranquillamente su un letto di fiamme e di braci ardenti e invitandola a seguirlo. Il che ricorda la pratica simile e contraria, sempre di San Francesco, di rotolarsi tra i rovi o nella neve allorché un desiderio disonesto lo assaliva. Sempre in materia di casti sonni, quello di Tristano e Isotta simbolicamente separati dalla spada del cavaliere posta tra loro sembra richiamare a un costume affine all’agapismo.

A ogni modo, nella misura in cui la Chiesa interessava un vasto numero di persone, i problemi sessuali vi si ponevano anche come problemi sociali. Da quando, a partire dalla metà dell’XI secolo, si prese a proibire il matrimonio del clero secolare, in altre parole dei preti, iniziarono grosse questioni ; era difficile impedire che, specie nelle comunità più piccole e remote dai grandi centri urbani, i sacerdoti avessero, per esempio, relazioni di concubinato con le loro serve : e la mentalità popolare, a ciò assuefatta da una lunga consuetudine, stentava a vedervi qualcosa di male. Negli ambienti, invece, dove la coabitazione di più persone dello steso sesso e anche di età differente era comune – il monastero, la canonica, la scuola della cattedrale – era piuttosto l’omosessualità a svilupparsi. Questo valeva per gli uomini, monaci o sacerdoti che fossero ; ma valeva anche per le monache, con l’aggravante che queste – poiché la tradizione cristiana, erede dell’ebraica, interdiva il sacerdozio femminile – avevano bisogno di contatti con i preti per le loro necessità spirituali e liturgiche. E ecco, dunque, lo scandalo di cappellani e di confessori di monache, nonché di servi laici dei monasteri femminili, impegnati in estenuanti prove amorose, fonte a loro volta di inesauribili proverbi e storielle. E ecco, ancora, lo « scandalo » di certi ordini che avevano provato la via del superamento almeno parziale della segregazione per sessi inaugurando il costume dei cosiddetti « monasteri doppio », uno maschile e uno femminile, separati solo da un muro e, in genere, diretti dalla badessa.  Ci provarono, nell’XI, secolo l’ordine di Fontevrault, fondato da quel Roberto di Arbrissel che si era reso celebre come convertitore di prostitute, e, nel XIV, quello di Santa Brigida : e, in entrambi i casi, l’esperimento si esaurì nel breve giro di qualche anno.

Era, del resto, difficile mantenere un monastero femminile al riparo dal mondo circostante, anche perché sovente molte delle sue ospiti, e la badessa medesima, erano – come quella descritta da Chauser nei suoi « Racconti de Canterbury » - dame di illustre lignaggio, abituate ai cibi delicati, alla vita elegante, ai rapporti con il mondo dei ricchi e dei potenti. Attraverso tutto ciò, le tentazioni e i vizi non tardavano a varcare i cancelli delle abbazie.

Meno drammatica doveva essere, a causa della scarsa considerazione in cui le donne in genere furono tenute fino a almeno tutto l’XI secolo, la situazione nei monasteri maschili. Il Medioevo aveva ereditato dall’antichità una forte propensione per l’omosessualità maschile, nonostante le dure condanne della Chiesa, erede dell’etica ebraica. Anche i monaci, gli abati soprattutto, erano spesso di nobile prosapia, e come tali assuefatti ai costumi e ai gusti di quella società cavalleresca all’interno della quale – come di molte « società militari », da quella spartana a quella prussiana di qualche secolo fa – la pederastia era qualcosa di consueto, una parte integrante, si può dire, del tirocinio tecnico-iniziatico del guerriero. Già Tacito ci dice qualcosa di simile per certe tribù germaniche, prendendo cura di sottolineare come tutto ciò fosse ben lungi dall’accompagnarsi a fenomeni di effeminatezza; e un cronista dei primi del XII secolo, parlandoci di un cavaliere che aveva abbandonato la comitiva di suoi pari raccolti attorno a un grande feudatario, ci dice eloquentemente che era « quasi uscito dalle fiamme di Sodoma », dove, tuttavia, il riferimento sembra diretto più a una situazione di viziosità generale che non a una specifica allusione di omosessualità. Insomma, la società aristocratica e guerriera anteriore alle Crociate ci si presenta – e tale si scorge in quel poema « di soli uomini » che è la « Chanson de Roland » - come una società in cui si poteva benissimo fare a meno delle donne. L’amore spirituale, per il cristiano, era la « charitas » ; quello più squisitamente umano era semmai l’« amor socialis », l’« amicitia » alla quale già gli autori latini avevano, secondo il modello aristotelico, dedicato i loro elogi. Il ruolo della donna era pallido e sfocato : concubine e contadine servivano egregiamente agli appetiti e agli sfoghi sessuali dei grandi e dei cavalieri ; quanto al matrimonio, era piuttosto un affare politico, una questione di alleanze tra lignaggi, di doti e di eredità, qualcosa che, in genere, si combinava tra le famiglie quasi sempre sulla testa dello sposo e sempre su quella della sposa. E difficilmente si può, forse, immaginare il tedio della castellana, passata poco più che bambina dal « mundio » (tutela giuridica) di rigidi parenti a quello di un freddo e manesco consorte, in tutto a lui soggetta e talora malmenata, messa rapidamente incinta per poter assolvere con maggiore speditezza e più ampie possibilità – il tasso di mortalità infantile era elevatissimo – al suo ruolo di « fabbrica-eredi », posposta nelle attenzioni del suo signore a un’ancella e, perfino, a un paggio, abbandonata per lunghi periodi dell’anno in coincidenza delle guerre feudali o delle spedizioni in terra lontana e, infine, assai di frequente, vedova anzitempo, costretta dalle necessità politico-economiche della solidità del lignaggio a privarsi di un altro eventuale consorte.

È straordinario come, in questo deserto, possa essere nato il fiore della « Fin’ Amor », l’« Amor Cortese », che, secondo Denis de Rougemont, sta alla base del moderno concetto d’Amore, il quale sarebbe, pertanto, un’invenzione del XII secolo. Molti elementi concorsero, senza dubbio, a crearlo : intanto, l’elaborazione di un’etica cavalleresca nuova, nata dalla riforma della Chiesa e dalla Crociata, che imponeva ai rudi guerrieri di un tempo il rispetto e la difesa dei più deboli e la fedeltà alla parola data ; poi, la riscoperta di una certa Poesia latina, soprattutto del grande teorico dell’Amore antico, Ovidio ; infine, forse, il modello dell’Amore divino proposto dalla mistica di San Bernardo e, in genere, dall’ascesi platonica, dove si intendeva giungere all’Amore di Dio attraverso quello della dama, senza rinnegare quest’ultimo.

Si è in passato insistito sul fatto che quello che la letteratura tedesca definiva il « Frauendienst », « il servizio della dama », si fosse presentato nello stesso tempo di un potente rilancio del culto della Vergine Maria in termini feudali (regina, Madonna, « mea domina », « mia signora »). Si stenta, tuttavia, a accordare origini cristiane a un universo mentale come quello dell’« Amor Cortese », tanto diverso dagli orizzonti etici proposti dalla Chiesa. La « Fin’ Amor » ha piuttosto l’aria di una trasfigurazione per così dire al femminile dei rapporti vassallatici : laddove un tempo affetto, devozione, Amore quasi carnale – ne è testimonianza l’elegia anglosassone in cui il guerriero ricorda con nostalgia il tempo in cui abbracciava e baciava il suo signore – si riservavano al proprio superiore nella scala gerarchica feudale, ecco che si estendono alla propria consorte, significativamente chiamata, talvolta, « midons », « meus dominus », « mio signore ».

Molti si sono chiesti se la « Fin’ Amor » era un sentimento « platonico » - l’aggettivo è inadeguato alla situazione – o se tendeva piuttosto a concrete realizzazioni. Non è questo il punto : e niente di più pericoloso, del resto, di generalizzazioni tentate sulla base di una lettura troppo romantica o troppo realistica di testi trobadorici assai differenti tra loro. Più importante mi sembra semmai comprendere il suo valore e il suo significato sotto il profilo sociologico. L’« Amor Cortese » nasce all’interno di certe Corti del sud della Francia e da là si irradia verso il nord, poi verso l’Italia, l’Aragona, più tardi la Germania. Ne sono « inventori » - se così posso esprimermi – dei poeti che appartengono o che sono comunque legati alla cerchia dei feudatari minori, della bassa nobiltà, insomma dei cavalieri. Nella vita abbastanza austera e, a volte, un po’ tetra del castello, in una società totalmente e prevalentemente maschile, la dama dell’alto feudatario, le sue figlie, le sue ancelle sono l’unica presenza gentile, e a loro – ma segnatamente alla prima – si indirizzano gli interessi e le attenzioni dei vassalli. Siamo, senza dubbio, agli albori dell’Amore-Passione, quello che trascinerà i Poeti dell’età romantica : ma il Medioevo non conosceva, a dire il vero, la passione se non come appetito sessuale, come « libido », o come sospensione temporanea delle facoltà razionali. Nella « Fin’ Amor », la dama diveniva oggetto di un culto feudale che era il corrispettivo della fedeltà dovuta al marito e che, come tale, non si poteva rendere – come sottolinea il teorizzatore dell’« Amor Cortese ». Andrea Cappellano, che ha fissato tutto ciò in un trattato celebre – se non a qualcuno socialmente parlando di rango più elevato. Ciò detto, tutte le strade erano aperte : dal dolente « amore di terra lontana », non corrisposto o ignorato dalla signora, che avrebbe fatto sognare i romantici, fino al raggiungimento anche pieno degli scopi degli amanti e, quindi – si ricordino i casi di Tristano e Isotta, di Lancillotto e Ginevra – all’adulterio, giacché per definizione la « Fin’ Amor » si rivolgeva a donne sposate. È soprattutto questo il dato che ha fatto parlare di inconciliabilità tra l’etica dell’« Amor Cortese » e quella del Cristianesimo, tanto più che, in linea generale, non si potevano nutrire sentimenti di « Amor Cortese » nei confronti della propria moglie, sentita sempre – anche se di alto rango – come proprietà del marito e, quindi, come qualcosa di inferiore rispetto a lui : cosa questa che contrastava con una delle prime regole cortesi, che l’Amata fosse socialmente e psicologicamente più in alto dell’Amante.    

Ma né l’Amore impossibile né l’adulterio erano i soli fini dell’« Amor Cortese ». Doveva, talora, nella pratica, presentarsi nei confronti di giovani ereditiere e costituire, quindi, la base per la promozione sociale del vassallo, attraverso un buon matrimonio. Ecco, quindi, che, al di là della teoria e della letteratura, il corteggiamento fatto di poesie e di nobili gesta rivelava in ultima analisi il suo aspetto funzionale, la sua intima ragione pratica.

Se la « Fin’ Amor » era un valore pseudo-cavalleresco, l’eros medievale si indirizzava d’altro canto anche verso altri ambienti. I chierici, gli studenti, in genere gli intellettuali, presero per tempo a elaborare una loro poesia erotica, in generale in lingua latina, dove si riprendevano gli accenti sensuali e appassionati di un Ovidio e di un Properzio, e dove – in dichiarata concorrenza con i cavalieri – si celebrava un Amore più francamente sensuale e adulterino, quale troviamo a esempio nella Poesia goliardica.

Non che i toni sensuali fossero, peraltro, ignoti alla poesia cortese. Un evidente aspetto della « Fin’ Amor » era, a esempio, il suo carattere classistico : l’« Amor Cortese » si rivolgeva sempre e solo alle nobili dame, mentre lo stesso raffinato teorico, Andrea Cappellano, dichiarava con elegante brutalità che le fanciulle appartenenti a bassi ceti – a esempio le contadine o le pastorelle – si potevano non soltanto richiedere insistentemente d’Amore, nel senso più concreto del termine, ma anche « forzare con moderata coercizione », il che fuor di metafora voleva dire intimidire o affascinare con lo sfoggio dello splendore del proprio rango cavalleresco o anche giungere a violentare. Nel « Jeu de Robin et de Marion », la villanella Marion è fatta oggetto, da parte di un cavaliere di passaggio, di una corte tanto pressante da spingerla a chiedere a gran voce aiuto.

Il rapporto sovente brutale tra i bei cavalieri e le pastorelle ci pone un problema non solo etico-sociale, ma anche culturale nel senso più profondo del termine : quindi, se vogliamo, addirittura etnico. Nella poesia cortese, non a casa, all’ideale di bellezza feudale – capelli biondi, occhi azzurri, taglia sottile – fa riscontro un tipo fisico « villano » - capelli e occhi scuri, taglia robusta – che fa pensare anche a un incontro-scontro tra i discendenti dei conquistatori franchi, d’origine germanica, e – per la Francia almeno – la preesistente popolazione gallo-romana ridotta in stato di soggezione. Ma anche quando gli  elementi etnici non erano così evidenti, come in Germania, il conflitto culturale scoppiava ugualmente, giacché a un’aristocrazia cristallizzata più profondamente e aderente ai nuovi valori cortesi si contrapponeva una massa contadina della quale si sa ben poco ma che certo era stata cristianizzata più superficialmente e affrettatamente e custodiva, pertanto, una serie di credenze e di abitudini precristiane e acristiane, un patrimonio folklorico difficilmente traducibile in un’etica comportamentale coerente rispetto agli  insegnamenti della Chiesa.  

 

 

continua…

 

Copyright © 2008 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.  

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 24, 2008 14:45 | Permalink | commenti (1)
categoria:poesia, amore, letteratura, storia, eros, filosofia, donna, cristianesimo
domenica, 24 febbraio 2008

« Écrire, c'est brûler vif, mais c'est aussi renaître de ses cendres. »

Blaise Cendrars

 

 

 

Contrabbandiere, legionario, gitano, cineasta e giornalista : tale fu Blaise Cendrars, lo scrittore svizzero-francese che costruì la sua opera sulla sua vita. Dotato di fervida immaginazione previde molte scoperte del nostro secolo : anche l’energia solare applicata alla distruzione.

 

 

 

Tu m'as dit si tu m'écris...

 

 

Tu m'as dit si tu m'écris
Ne tape pas tout à la machine
Ajoute une ligne de ta main
Un mot un rien oh pas grand chose
Oui oui oui oui oui oui oui oui
Ma Remington est belle pourtant
Je l'aime beaucoup et travaille bien
Mon écriture est nette est claire
On voit très bien que c'est moi
Qui l'ai tapée
Il y a des blancs que je suis seul à savoir faire
Vois donc l'oeil qu'à ma page
Pourtant, pour te faire plaisir j'ajoute à l'encre
Deux trois mots
Et une grosse tache d'encre
Pour que tu ne puisses pas les lire.

 

 

Blaise Cendrars

 

 

 

Il 29 luglio 1914, un mese dopo l’attentato di Sarajevo e quattro giorni prima che l’ordine di mobilitazione generale dia ai francesi la tragica certezza della guerra, un appello appare su tutti i quotidiani di Parigi. Lo firmano due intellettuali che fanno parte della numerosa colonia di stranieri che anima la vita culturale e mondana della capitale francese. Il primo è un Poeta, uno svizzero-francese di origini tedesche, Frédéric-Louis Sauser, in arte Blaise Cendrars. L’altro è un letterato italiano, Ricciotti Canudo, discepolo di Gabriele d?annunzio e figura nota nei salons parigini. 

Certi ormai che il grande scontro tra civiltà e barbarie è prossimo, esortano gli stranieri amici della Francia a accorrere in suo aiuto. Facendo eco ai toni da crociata che in quei giorni risuonano in Francia come nel resto dell’Europa, il manifesto si dimostra un prezioso strumento di propaganda, di mobilitazione degli animi. Non a caso è prontamente ripreso da tutti i giornali del Paese, e nei mesi a venire ripetuto centinaia di volte. Entro l’anno, e proprio nei mesi più drammatici per la Francia, i mesi della Marna e di Verdun, sulla spinta di questo manifesto oltre 80.000 volontari affluiscono nelle caserme francesi, mentre nel Paese si divulga il nome di un Poeta celebre fino a allora solo nei circoli artistici della capitale.

Poi, Blaise Cendrars, dopo aver firmato con il suo nome di Poeta il manifesto, con un falso nome inglese firma l’arruolamento nella Legione Straniera. In questo modo il Poeta svizzero onora la sua firma e conferma quella reputazione di avventuriero che già lo circonda.

In realtà, il suo gesto non scaturisce solo da una semplice anche se intensa, necessità di essere coerente, conferma, invece la profonda vocazione di Blaise Cendrars a essere, insieme Poeta e uomo d’azione. È dettato un’aspirazione violenta alla vita, da un vitalismo filosofico che corrisponde a una tendenza diffusa all’epoca e  che ha il principale esponente in Henry Bergson, il filosofo dello « slancio vitale ».

Per coloro che hanno scelto l’autore dell’« Evolution créatrice » (1907) come maestro, la realtà dell’epoca è diversa da come viene predicata. La concezione positivistica della vita e della società, mentre esalta le sorti progressive dell’umanità in realtà costringe l’uomo nella camicia di forza delle convenzioni sociali e delle norme produttive. Dietro le quinte della Belle Epoque, la spontaneità dell’uomo e il suo slancio esistenziale sono soffocati da questo positivismo, da un’ideologia che riconduce tutti i processi del reale a quantità, a materia. Al contrario, la vita, che è frutto di no slancio, non può essere misurata, quantificata, perché è soprattutto intuizione. In conclusione, perché sia tale la vita deve essere vissuta liberamente.

Blaise Cendrars è in armonia con queste idee. Per lui la vita borghese, improntata al conformismo, a principi di casta, non può essere considerata una vera vita. Mai potrebbe condurre l’esistenza della famiglia francese, modello di famiglia borghese. Quella che, come scrive, « si consuma in cerimonie ridicole e stantie », dove il « solo prodigio è la noia » e nella quale  «la sola ambizione di un adolescente è di diventare rapidamente funzionario, come suo padre ». l’insegna e l’atmosfera di una tale famiglia sono il notariato, le pompe funebri, la tradizione.

È naturale, quindi, che anche l’arte, per essere veramente tale, debba essere libera da ricette di cappelle e da dottrine più o meno perfette. Per l’arte e la produzione artistica Cendrars rivendica la piena libertà, doppiamente necessaria perché l’arte e la vita devono essere vissute intensamente e insieme. L’artista deve essere creatore che si realizza nella sua opera, che è la sua vita.

La concezione di Cendrars del rapporto tra arte e vita è innovatrice e rivoluzionaria. Rompe con le sommesse e delicate esplorazioni interiori del simbolismo, con la letteratura da tavolino che nasce alla penombra di velati abat-jour. È la proposta di una letteratura che scaturisca dal nomadismo. Per realizzarla, Cendrars ha gettato volontariamente la sua esistenza allo sbaraglio, ha scelto di essere scrittore, di scrivere al ritmo della vita. Così facendo aprirà nuove strade alla letteratura e lascerà la sua impronta sul modernismo poetico francese e europeo.

È da suo padre, un professore di matematica, che il Poeta eredita un certo gusto del rischio e dello sperimentalismo. È suo padre che inventa la pubblicità luminosa e le porte che in casa Sauser si aprono con i piedi. È lui che realizza un telaio meccanico per tessere i tappeti di Smirne, un’invenzione che da sola avrebbe dovuto farlo ricco. Invece, George Sauser fa la fortuna degli altri, ma non la sua e della sua famiglia, costantemente proteso a inventare quasi per diletto. È un artigiano ricco di idee ma scarso di senso commerciale, che liquida brevetti e diritti di un’invenzione per finanziarsi la messa a punto di altre che gli bruciano in testa. È un affarista girovago, pervicace ma incapace, che porta i suoi progetti per mezzo mondo, precursore senza fortuna. Verso il 1890 costruisce un hotel a Heliopolis. Lo edifica in una città praticamente in rovina, in prossimità del deserto dove novant’anni prima  Kléber, maresciallo napoleonico, ha sconfitto i Mamelucchi (1800). Fa conto di guadagnare con gli europei richiamati in Egitto da piramidi e mummie. È un progetto da turismo di massa, da « quindici giorni tutto compreso » ancora di là a venire.  Georges Sauser tenta, poi, di raddrizzare le sue sorti finanziarie a Napoli, ma anche qui è in anticipo sui tempi. Vuole lottizzare il Vomero e si impegna in un altro affare fumoso. L’esistenza con questo padre inquieto, campione di tiro alla pistola, grande giocatore di scopa, presidente della società dei cento chili perché ne pesa centocinquanta, felice solo a tavola, è un continuo imprevisto. Ma, è anche così che Cendrars si inizia alla vita avventurosa, alla quale si sente però chiamato.

A diciassette anni Cendrars non ha alcuna idea della direzione da dare alla sua vita. Quello che sa di certo è che non intende abbracciare la carriera commerciale che il padre gli destina. Alle lezioni di merceologia preferisce lunghe passeggiate sulle rive del lago di Neuchâtel, dove trascorre ore e ore a fantasticare e, soprattutto, a osservare.  Si attrezza così una memoria formidabile, che gli faciliterà l’apprendimento delle lingue – ne parlerà sei, oltre a masticarne un’altra decina –. Sarà in grado di citare interi paragrafi del  « Castello interiore » di Santa Teresa d’Avila, del « Codex borbonicus » o del « Libellus historialis Mariae beatissimae Magdalenae ». Oppure, con la tessa disinvoltura, praticare l’ablazione di un tumore al seno di un’amica per avere letto, in guerra, tra un assalto e l’altro, un libro di chirurgia trovato al fronte tra le rovine di una casa.

La passione per le letture gli nasce presto, a dieci anni, e non lo abbandona più. I libri, con l’esperienza, saranno la sua vera scuola e la sua Università.

Un po’ commerciante un po’ avventuriero va in Russia, in Cina, in Armenia, in Persia, in India. Guadagna il suo primo milione e lo dilapida molto presto, senza darsi pensiero del domani. Vuole provare tutte le situazioni della vita, vivere i fatti e non le ipotesi. Eppure, anche se deciso a trovare sempre nuove strade per approfondire la conoscenza delle cose e del mondo, in Cina rifiuta di provare l’oppio. È un’esperienza che non lo attira, che non lo seduce neppure per un attimo. Per lui i paradisi artificiali non sono la fuga ideale dal conformismo, dall’appiattimento della società. Sono la morte dell’intelligenza e, per questo, sarà sempre nemico della droga.

Cendrars è un nomade sapiente che rimane ancorato alla realtà, al presente. Nell’immenso Oriente si trascina la mercanzia, ma anche casse di libri. Si intossica di letture rare e insolite che, fatte da altri, rimarrebbero un episodio di pura erudizione. Cendrars, invece, le filtrerà nelle sue opere. È un lungo elenco quello dei libri del suo apprendistato, in cui figurano titoli come « La Vita dei Santi », « La Tariffa delle Puttane a Venezia » o un « Trattato di Navigazione », del 1582. A Pechino, dove, nel 1904, si arena per un certo tempo, legge intere annate del  « Mercure de France » provenienti dai consolati saccheggiati dai Boxer, prima di passare la rivista nella caldaia dell’albergo in cui lavora come fuochista.

Ma ciò che lo segna indelebilmente è la prima rivoluzione russa, quella del 1905. Cendrars vi passa attraverso fabbricando bombe con la sua amica Lenocka, una liceale diciassettenne. È quel clima di passione rivoluzionaria che gli ispira « La Prose du Transsibérien et de la Petite Jeanne de France ».

 

 

En ce temps-là, j'étais en mon adolescence
J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
J'étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance
J'étais à Moscou dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares
Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
Car mon adolescence était si ardente et si folle
Que mon coeur tour à tour brûlait comme le temple d'Ephèse ou comme la Place Rouge de Moscou quand le soleil se couche.
Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.
Et j'étais déjà si mauvais poète
Que je ne savais pas aller jusqu'au bout.

 

Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare croustillé d'or,
Avec les grandes amandes des cathédrales, toutes blanches
Et l'or mielleux des cloches...
Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode
J'avais soif
Et je déchiffrais des caractères cunéiformes
Puis, tout à coup, les pigeons du Saint-Esprit s'envolaient sur la place
Et mes mains s'envolaient aussi avec des bruissements d'albatros
Et ceci, c'était les dernières réminiscences
Du dernier jour
Du tout dernier voyage
Et de la mer.

 

Pourtant, j'étais fort mauvais poète.
Je ne savais pas aller jusqu'au bout.
J'avais faim
Et tous les jours et toutes les femmes dans les cafés et tous les verres
J'aurais voulu les boire et les casser
Et toutes les vitrines et toutes les rues
Et toutes les maisons et toutes les vies
Et toutes les roues des fiacres qui tournaient en tourbillon sur les mauvais pavés
J'aurais voulu les plonger dans une fournaise de glaive
Et j'aurais voulu broyer tous les os
Et arracher toutes les langues
Et liquéfier tous ces grands corps étranges et nus sous les vêtements qui m'affolent...
Je pressentais la venue du grand Christ rouge de la révolution russe...
Et le soleil était une mauvaise plaie
Qui s'ouvrait comme un brasier

 

En ce temps-là j'étais en mon adolescence
J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de ma naissance
J'étais à Moscou où je voulais me nourrir de flammes
Et je n'avais pas assez des tours et des gares que constellaient mes yeux

En Sibérie tonnait le canon, c'était la guerre
La faim le froid la peste et le choléra
Et les eaux limoneuses de l'Amour charriaient des millions de charognes
Dans toutes les gares je voyais partir tous les dernier trains

Personne ne pouvait plus partir car on ne délivrait plus de billets
Et les soldats qui s'en allaient auraient bien voulu rester ...
Un vieux moine me chantait la légende de Novgorod

 

Moi, le mauvais poète, qui ne voulais aller nulle part, je pouvais aller partout
Et aussi les marchands avaient encore assez d'argent pour tenter aller faire fortune.
Leur train partait tous les vendredis matins.
On disait qu'il y avait beaucoup de morts.

L'un emportait cent caisses de réveils et de coucous de la forêt noire
Un autre, des boites à chapeaux, des cylindres et un assortiment de tire-bouchons de Sheffield
Un des autres, des cercueils de Malmoë remplis de boites de conserve et de sardines à l'huile
Puis il y avait beaucoup de femmes
Des femmes, des entrejambes à louer qui pouvaient aussi servir
Des cercueils

Elles étaient toutes patentées
On disait qu'il y a avait beaucoup de morts là-bas
Elles voyageaient à prix réduit
Et avaient toutes un compte courant à la banque.

 

Or, un vendredi matin, ce fut enfin mon tour
On était en décembre
Et je partis moi aussi pour accompagner le voyageur en bijouterie qui se rendait à Kharbine
Nous avions deux coupés dans l'express et 34 coffres de joailleries de Pforzheim
De la camelote allemande « Made in Germany »
Il m'avait habillé de neuf et en montant dans le train j'avais perdu un bouton
- Je m'en souviens, je m'en souviens, j'y ai souvent pensé depuis -
Je couchais sur les coffres et j'étais tout heureux de pouvoir jouer avec le browning nickelé qu'il m'avait aussi donné

 

J'étais très heureux, insouciant
Je croyais jouer au brigand
Nous avions volé le trésor de Golconde
Et nous allions, grâce au Transsibérien, le cacher de l'autre côté du monde
Je devais le défendre contre les voleurs de l'Oural qui avaient attaqué les saltimbanques de Jules Verne
Contre les khoungouzes, les boxers de la Chine
Et
les enragés petits mongols du Grand-Lama
Alibaba et les quarante voleurs

Et les fidèles du terrible Vieux de la montagne
Et surtout contre les plus modernes
Les rats d'hôtels
Et les spécialistes des express internationaux.

 

Et pourtant, et pourtant
J'étais triste comme un enfant
Les rythmes du train
La « moëlle chemin-de-fer » des psychiatres américains
Le bruit des portes des voix des essieux grinçant sur les rails congelés
Le ferlin d'or de mon avenir
Mon browning le piano et les jurons des joueurs de cartes dans le compartiment d'à côté
L'épatante présence de Jeanne
L'homme aux lunettes bleues qui se promenait nerveusement dans le couloir et me regardait en passant
Froissis de femmes
Et le sifflement de la vapeur
Et le bruit éternel des roues en folie dans les ornières du ciel
Les vitres sont givrées
Pas de nature !
Et derrière, les plaines sibériennes le ciel bas et les grands ombres des taciturnes qui montent et qui descendent
Je suis couché dans un plaid
Bariolé
Comme ma vie
Et ma vie ne me tient pas plus chaud que ce châle écossais
Et l'Europe toute entière aperçue au coupe-vent d'un express à toute vapeur
N'est pas plus riche que ma vie
Ma pauvre vie

Ce châle
Effiloché sur des coffres remplis d'or
Avec lesquels je roule
Que je rêve
Que je fume
Et la seule flamme de l'univers
Est une pauvre pensée...

 

Du fond de mon coeur des larmes me viennent
Si je pense, Amour, à ma maîtresse;
Elle n'est qu'une enfant que je trouvai ainsi
Pâle, immaculée au fond d'un bordel.

 

Ce n'est qu'une enfant, blonde rieuse et triste.
Elle ne sourit pas et ne pleure jamais;
Mais au fond de ses yeux, quand elle vous y laisse boire
Tremble un doux Lys d'argent, la fleur du poète.

 

Elle est douce et muette, sans aucun reproche,
avec un long tressaillement à votre approche;
Mais quand moi je lui viens, de ci, de là, de fête,

Elle fait un pas, puis ferme les yeux- et fait un pas.
Car elle est mon amour et les autres femmes
N'ont que des robes d'or sur de grands corps de flammes,
Ma pauvre amie est si esseulée,
Elle est toute nue, n'a pas de corps - elle est trop pauvre.

 

Elle n'est qu'une fleur candide, fluette,
La fleur du poète, un pauvre lys d'argent,
Tout froid, tout seul, et déjà si fané‚
Que les larmes me viennent si je pense à son coeur.

 

Et cette nuit est pareille à cent mille autres quand un train file dans la nuit
- Les comètes tombent -
Et que l'homme et la femme, même jeunes, s'amusent à faire l'amour.

 

Le ciel est comme la tente déchirée d'un cirque pauvre dans un petit village de pêcheurs
En Flandres
Le soleil est un fumeux quinquet
Et tout au haut d'un trapèze une femme fait la lune.
La clarinette le piston une flûte aigre et un mauvais tambour
Et voici mon berceau
Mon berceau
Il était toujours près du piano quand ma mère comme madame Bovary jouait les sonates de Beethoven
J'ai passé mon enfance dans les jardins suspendus de Babylone
Et l'école buissonnière dans les gares, devant les trains en partance
Maintenant, j'ai fait courir tous les trains derrière moi
Bâle-Tombouctou
J'ai aussi joué aux courses à Auteuil et à Longchamp
Paris New-York

Maintenant j'ai fait courir tous les trains tout le long de ma vie
Madrid-Stokholm
Et j'ai perdu tous mes paris
Il n'y a plus que la Patagonie, la Patagonie qui convienne à mon immense tristesse, la Patagonie, et un voyage dans les mers du Sud
Je suis en route
J'ai toujours été en route
Le train fait un saut périlleux et retombe sur toutes ses roues
Le train retombe sur ses roues
Le train retombe toujours sur toutes ses roues

 

« Blaise, dis, sommes-nous bien loin de Montmartre ? »

 

Nous sommes loin, Jeanne, tu roules depuis sept jours
Tu es loin de Montmartre, de la Butte qui t'a nourrie, du Sacré-Coeur contre lequel tu t'es blottie
Paris a disparu et son énorme flambée
Il n'y a plus que les cendres continues
La pluie qui tombe
La tourbe qui se gonfle
La Sibérie qui tourne
Les lourdes nappes de neige qui remontent
Et le grelot de la folie qui grelotte comme un dernier désir dans l'air bleui
Le train palpite au coeur des horizons plombés
Et ton chagrin ricane ...

 

« Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? »

 

Les inquiétudes
Oublie les inquiétudes
Toutes les gares lézardés obliques sur la route
Les files télégraphiques auxquelles elles pendent
Les poteaux grimaçant qui gesticulent et les étranglent
Le monde s'étire s'allonge et se retire comme un accordéon qu'une main sadique tourmente
Dans les déchirures du ciel les locomotives en folie s'enfuient
et dans les trous
les roues vertigineuses les bouches les voies
Et les chiens du malheur qui aboient à nos trousses
Les démons sont déchaînés
Ferrailles
Tout est un faux accord
Le broun-roun-roun des roues
Chocs
Rebondissements
Nous sommes un orage sous le crâne d'un sourd

 

« Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? »

Mais oui, tu m'énerves, tu le sais bien, nous sommes bien loin
La folie surchauffée beugle dans la locomotive
Le peste le choléra se lèvent comme des braises ardentes sur notre route
Nous disparaissons dans la guerre en plein dans un tunnel
La faim, la putain, se cramponnent aux nuages en débandade et fiente des batailles en tas puants de morts
Fais comme elle, fais ton métier ...

 

« Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? »

 

Oui, nous le sommes, nous le sommes
Tous les boucs émissaires ont crevé dans ce désert
Entends les sonnailles de ce troupeau galeux Tomsk Tcheliabinsk Kainsk Obi Taïchet Verkné Oudinsk Kourgane Samara Pensa-Touloune

La mort en Mandchourie
Est notre débarcadère est notre dernier repaire
Ce voyage est terrible
Hier matin
Ivan Oulitch avait les cheveux blancs
Et Kolia Nicolaï Ivanovich se ronge les doigts depuis quinze jours...
Fais comme elles la Mort la Famine fais ton métier
Ca coûte cent sous, en transsibérien ça coûte cent roubles
En fièvre les banquettes et rougeoie sous la table
Le diable est au piano
Ses doigts noueux excitent toutes les femmes
La Nature
Les
Gouges
Fais ton métier
Jusqu'à Kharbine ...

 

« Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? »

 

Non mais ... fiche-moi la paix ... laisse-moi tranquille
Tu as les hanches angulaires
Ton ventre est aigre et tu as la chaude-pisse
C'est tout ce que Paris a mis dans ton giron
C'est aussi un peu d'âme... car tu es malheureuse
J'ai pitié j'ai pitié viens vers moi sur mon coeur
Les roues sont les moulins à vent d'un pays de Cocagne
Et les moulins à vent sont les béquilles qu'un mendiant fait tournoyer
Nous sommes les culs-de-jatte de l'espace
Nous roulons sur nos quatre plaies
On nous a rogné les ailes
Les ailes de nos sept péchés
Et tous les trains sont les bilboquets du diable
Basse-cour
Le monde moderne
La vitesse n'y peut mais
Le monde moderne
Les lointains sont par trop loin
Et au bout du voyage c'est terrible d'être un homme avec une femme ...

 

« Blaise, dis, sommes nous bien loin de Montmartre ? »

J'ai pitié, j'ai pitié, viens vers moi je vais te conter une histoire
Viens dans mon lit
Viens sur mon coeur
Je vais te conter une histoire ...

 

Oh viens ! viens !


Au Fidji règne l'éternel printemps
La paresse
L'amour pâme les couples dans l'herbe haute et la chaude syphilis rôde sous les bananiers
Viens dans les îles perdues du Pacifique!
Elles ont nom du Phénix, des Marquises
Bornéo et Java
Et Célèbes à la forme d'un chat

 

Nous ne pouvons pas aller au Japon
Viens au Mexique
Sur les hauts plateaux les tulipiers fleurissent
Les lianes tentaculaires sont la chevelure du soleil
On dirait la palette et le pinceau d'un peintre
Des couleurs étourdissantes comme des gongs,
Rousseau y a été
Il y a ébloui sa vie
C'est la pays des oiseaux
L'oiseau du paradis, l'oiseau-lyre
Le toucan, l'oiseau moqueur
Et le colibri niche au coeur des lys noirs
Viens !

Nous nous aimerons dans les ruines majestueuses d'un temple aztèque
Tu seras mon idole
Une idole bariolée enfantine un peu laide et bizarrement étrange
Oh viens !

 

Si tu veux, nous irons en aéroplane et nous survolerons le pays des mille lacs,
Les nuits y sont démesurément longues
L'ancêtre préhistorique aura peur de mon moteur
J'atterrirai

Et je construirai un hangar pour mon avion avec les os fossiles de mammouth
Le feu primitif réchauffera notre pauvre amour
Samowar
Et nous nous aimerons bien bourgeoisement prés du pôle
Oh viens !

 

Jeanne Jeannette Ninette nini nichon nichon

Mimi mamour ma poupoule mon Pérou

Dodo dondon

Carotte ma crotte

Chouchou p'tit coeur

Cocotte

Chérie p'tite chèvre

Mon p'tit-péché mignon

Concon

Coucou

Elle dort.

 

Elle dort

Et de toutes les heures du monde elle n'en a pas gobé une seule

Tous les visages entrevus dans les gares

Toutes les horloges

L'heure de Paris l'heure de Berlin l'heure de Saint-Pétersbourg et l'heure de toutes les gares

Et à Oufa, le visage ensanglanté du canonnier

Et le cadran bêtement lumineux de Grodno

Et l'avance perpétuelle du train

Tous les matins on met les montres à l'heure

Le train avance et le soleil retarde

Rien n'y fait, j'entends les cloches sonores

Le gros bourdon de Notre-Dame

La cloche aigrelette du Louvre qui sonna Barthélémy

Les carillons rouillés de Bruges-la-Morte

Les sonneries électriques de la bibliothèque de New-York

Les campagnes de Venise

Et les cloches de Moscou, l'horloge de la Porte-Rouge qui me comptait les heures quand j'étais dans un bureau

Et mes souvenirs

Le train tonne sur les plaques tournantes

Le train roule

Un gramophone grasseye une marche tzigane

Et le monde, comme l'horloge du quartier juif de Prague, tourne éperdument à rebours.

 

Effeuille la rose des vents
Voici que bruissent les orages déchaînés
Les trains roulent en tourbillon sur les réseaux enchevêtrés
Bilboquets diaboliques
Il y a des trains qui ne se rencontrent jamais
D'autres se perdent en route
Les chefs-de gare jouent aux échecs
Tric-Trac

Billard

Caramboles

Paraboles
La voie ferrée est une nouvelle géométrie
Syracuse

Archimède
Et les soldats qui l'égorgèrent
Et les galères

Et les vaisseaux
Et les engins prodigieux qu'il inventa
Et toutes les tueries
L'histoire antique

L'histoire moderne
Les tourbillons

Les naufrages
Même celui du Titanic que j'ai lu dans un journal
Autant d'images-associations que je ne peux pas développer dans mes vers
Car je suis encore fort mauvais poète
Car l'univers me déborde
Car j'ai négligé de m'assurer contre les accidents de chemins de fer
Car je ne sais pas aller jusqu'au bout
Et j'ai peur

 

J'ai peur
Je ne sais pas aller jusqu'au bout
Comme mon ami Chagall je pourrais faire une série de tableaux déments
Mais je n'ai pas pris de notes en voyage
Pardonnez-moi mon ignorance
Pardonnez-moi de ne plus connaître l'ancien jeu des vers comme dit Guillaume Apollinaire
Tout ce qui concerne la guerre on peut le lire dans les mémoires de Kouropatkine
Ou dans les journaux japonais qui sont aussi cruellement illustrés
A quoi bon me documenter
Je m'abandonne aux sursauts de ma mémoire ...

 

A partir d'Irkoutsk le voyage devint beaucoup trop lent
beaucoup trop long
Nous étions dans le premier train qui contournait le lac Baïkal
On avait orné la locomotive de drapeaux et de lampions
Et nous avions quitté la gare aux accents tristes de l'hymne au Tzar
Si j'étais peintre, je déverserais beaucoup de rouge, beaucoup de jaune sur la fin de ce voyage
Car je crois bien que nous étions tous un peu fou
Et qu'un délire immense ensanglantait les faces énervées de mes compagnons de voyage
Comme nous approchions de la Mongolie
Qui
ronflait comme un incendie
Le train avait ralenti son allure
Et je percevais dans le grincement perpétuel des roues
Les accents fous et les sanglots
D'une éternelle liturgie

 

J'ai vu
J'ai vu les train silencieux les trains noirs qui revenaient de l'Extrême-Orient et qui passaient en fantôme
Et mon oeil, comme le fanal d'arrière, court encore derrière ses trains
A Talga 100 000 blessés agonisaient faute de soins
J'ai visité les hôpitaux de Krasnoïarsk
Et à Khilok nous avons croisé un long convoi de soldats fous
J'ai vu dans les lazarets les plaies béantes les blessures qui saignaient à pleines orgues
Et les membres amputés dansaient autour ou s'envolaient dans l'air rauque
L'incendie était sur toutes les faces dans tous les coeurs
Des doigts idiots tambourinaient sur toutes les vitres
Et sous la pression de la peur les regards crevaient comme des abcès
Dans toutes les gares on brûlait tous les wagons
Et j'ai vu
J'ai vu des trains de soixante locomotives qui s'enfuyaient à toute vapeur pourchassés par les horizons en rut et des bandes de corbeaux qui s'envolaient désespérément après
Disparaître
Dans la direction de Port-Arthur.

 

A Tchita nous eûmes quelques jours de répit
Arrêt de cinq jours vu l'encombrement de la voie
Nous les passâmes chez monsieur Iankelevitch qui voulait me donner sa fille unique en mariage
Puis le train reparti
Maintenant c'était moi qui avait pris place au piano et j'avais mal aux dents
Je revois quand je veux cet intérieur si calme le magasin du père et les yeux de la fille qui venait le soir dans mon lit
Moussorgsky
Et les lieder de Hugo Wolf
Et les sables du Gobi

Et à Khaïlar une caravane de chameaux blancs
Je crois bien que j'étais ivre durant plus de cinq-cent kilomètres
Mais j'étais au piano et c'est tout ce que je vis
Quand on voyage on devrait fermer les yeux
Dormir j'aurais tant voulu dormir
Je reconnais tous les pays les yeux fermés à leur odeur
Et je reconnais tous les trains au bruit qu'ils font
Les trains d'Europe sont à quatre temps tandis que ceux d'Asie sont à cinq ou sept temps
D'autres vont en sourdine sont des berceuses
Et il y en a qui dans le bruit monotone des roues me rappellent la prose lourde de Maeterlink
J'ai déchiffré tous les textes confus des roues et j'ai rassemblé les éléments épars d'une violente beauté
Que je possède
Et qui me force

 

Tsitsika et Kharbine
Je ne vais pas plus loin
C'est la dernière station
Je débarquai à Kharbine comme on venait de mettre le feu aux bureaux de la Croix-Rouge.

 

O Paris
Grand foyer chaleureux avec les tisons entrecroisés de tes rues et les vieilles maisons qui se penchent au-dessus et se réchauffent comme des aïeules
Et voici, des affiches, du rouge du vert multicolores comme mon passé bref du jaune
Jaune la fière couleur des romans de France à l'étranger.
J'aime me frotter dans les grandes villes aux autobus en marche
Ceux de la ligne Saint-Germain-Montmartre m'emportent à l'assaut de la Butte.
Le
s moteurs beuglent comme les taureaux d'or
Les vaches du crépuscules broutent le Sacré-Coeur
O Paris
Gare centrale débarcadère des volontés, carrefour des inquiétudes
Seuls les marchands de journaux ont encore un peu de lumière sur leur porte
La Compagnie Internationale des Wagons-Lits et des Grands Express Européens m'a envoyé son prospectus
C'est la plus belle église du monde

J'ai des amis qui m'entourent comme des garde-fous
Ils ont peur quand je m'en vais que je ne revienne plus
Toutes les femmes que j'ai rencontrées se dressent aux horizons
Avec les gestes piteux et les regards tristes des sémaphores sous la pluie
Bella, Agnès, Catherine et la mère de mon fils en Italie
Et celle, la mère de mon amour en Amérique
Il y a des cris de Sirène qui me déchirent l'âme
Là-bas en Mandchourie un ventre tressaille encore comme dans un accouchement
Je voudrais

Je voudrais n'avoir jamais fait mes voyages

Ce soir un grand amour me tourmente

Et malgré moi je pense à la petite Jehanne de France.

C'est par un soir de tristesse que j'ai écrit ce poème en son honneur

Jeanne.

La petite prostituée

Je suis triste je suis triste

J'irai au Lapin agile me ressouvenir de ma jeunesse perdue

Et boire des petits verres

Puis je rentrerai seul

 

Paris

 

Ville de la Tour unique du grand Gibet et de la Roue.

 

 

E la sua prima opera, un poema che splende dei bagliori della guerra civile, la cui misura è scandita dal rumore delle ruote che accompagnano Cendrars nel lungo viaggio da Pietroburgo e Niznj-Novgorod : dalle stragi delle città alla immane carneficina della guerra russo-giapponese. Vedrà la luce nel 1913 e avrà la forma di un « dépliant » perché la lettura sia affrancata dalla schiavitù della pagina da voltare, perché sia immediata e totale. Significativamente, Cendrars ne parla come del «Primo Libro Simultaneo ». Sarà tirato in una sola edizione di 150 copie, tante quanto è l’altezza in metri della Tour Eiffel. Poeta del suo tempo, Cendrars fa del movimento, della simultaneità, dell’azione come rappresentazione del mondo gli elementi dell’arte e della cultura dell’epoca molto prima di futuristi, cubisti, surrealisti.

Tuttavia questo vagabondo che frequenta anarchici e terroristi, che in tutta la sua opera manifesta sentimenti di pietà per gli umili, i poveri, i diseredati, non crede che vi siano rivoluzioni che possano cambiare radicalmente un ordine sociale. È questo il pessimismo di un visionario malato di assoluto che esprime una coscienza modellata sul misticismo disperato e sul senso del mistero che, una volta per tutte, respira in Russia.

Quando, nel 1907, giunge a Parigi, il dibattito per liquidare la tradizione simbolista e aprire nuove vie alla Poesia è avviato. Fedele a se stesso, Cendrars cova la sua vocazione di Poeta lontano da tutti i cenacoli. Cerca la compagnia di gente come lui, di divoratori di biblioteche e di spazi.

Ma presto si stanca dei paesaggi troppo quieti della senna e della Loira. Per chi, come lui, crede che la vita è azine, non vi sono orizzonti troppo vasti o paesaggi già conosciuti che non abbiano un angolo inesplorato. È la febbre da viaggio. Eccolo a Londra, saltimbanco di music-hall. Cammina sulle mani e divide la camera con un giovane che, come lui, legge Schopenhauer ; è uno studente di medicina che fa il suo apprendistato come clown prendendo calci nel sedere e che si chiama Charlie Chaplin. In Canada a falciare grano fino alla nausea. A Anversa, dove, nel 1910, una colossale sbronza gli costa dieci casse di libri rari, che il suo compare di orgia gli ruba. In America, a condurre, nel 1911, emigranti ebrei, russi, polacchi, asiatici nell’inferno industriale statunitense, guida e interprete di un’umanità sofferente e diseredata che va a popolare un altro suo grande poema : « Les Pâques à New York ». lo scrive di getto il giorno di Pasqua del 1912, ispirato dalle note di un Oratorio di Haydn intese per strada.

 

 

Seigneur, c'est aujourd'hui le jour de votre Nom,

J'ai lu dans un vieux livre la geste de votre Passion

 

Et votre angoisse et vos efforts et vos bonnes paroles

Qui pleurent dans un livre, doucement monotones.

 

Un moine d'un vieux temps me parle de votre mort.

Il traçait votre histoire avec des lettres d'or

 

Dans un missel, posé sur ses genoux,

Il travaillait pieusement en s'inspirant de Vous.

 

A l'abri de l'autel, assis dans sa robe blanche,

Il travaillait lentement du lundi au dimanche.

 

Les heures s'arrêtaient au seuil de son retrait.

Lui, s'oubliait, penché sur votre portrait.

 

A vêpres, quand les cloches psalmodiaient dans la tour,

Le bon frère ne savait si c'était son amour

 

Ou si c'était le Vôtre, Seigneur, ou votre Père

Qui battait à grands coups les portes du monastère.

 

Je suis comme ce bon moine, ce soir, je suis inquiet.

Dans la chambre à côté, un être triste et muet

 

Attend derrière la porte, attend que je l'appelle !

C'est Vous, c'est Dieu, c'est moi, - c'est l'Eternel.

 

Je ne Vous ai pas connu alors, - ni maintenant.

Je n'ai jamais prié quand j'étais un petit enfant.

 

Ce soir pourtant je pense à Vous avec effroi.

Mon âme est une veuve en deuil au pied de votre Croix ;

 

Mon âme est une veuve en noir, - c'est votre Mère

Sans larme et sans espoir, comme l'a peinte Carrière.

 

Je connais tous les Christs qui pensent dans les musées ;

Mais Vous marchez, Seigneur, ce soir à mes côtés.

 

Je descends à grands pas vers le bas de la ville,

Le dos voûté, le coeur ridé, l'esprit fébrile.

 

Votre flanc grand-ouvert est comme un grand soleil

Et vos mains tout autour palpitent d'étincelles.

 

Les vitres des maisons sont toutes pleines de sang

Et les femmes, derrière, sont comme des fleurs de sang,

 

D'étranges mauvaises fleurs flétries, des orchidées,

Calices renversés ouvert sous vos trois plaies.

 

Votre sang recueilli, elles ne l'ont jamais bu.

Elles ont du rouge aux lèvres et des dentelles au cul.

 

Les fleurs de la passion sont blanches comme des cierges,

Ce sont les plus douces fleurs au Jardin de la Bonne Vierge.

 

C'est à cette heure-ci, c'est vers la neuvième heure

Que votre tête, Seigneur, tomba sur votre Coeur.

 

Je suis assis au bord de l'océan

Et je me remémore un cantique allemand,

 

Où il est dit, avec des mots très doux, très simples, très purs,

La beauté de votre Face dans la torture.

 

Dans une église, à Sienne, dans un caveau,

J'ai vu la  même Face, au mur, sous un rideau.

 

Et dans un ermitage, à Bourrié-Wladislasz,

Elle est bossuée d'or dans une châsse.

 

De troubles cabochons sont à la place des yeux

Et des paysans baisent à genoux Vos yeux.

 

Sur le mouchoir de Véronique Elle est empreinte

Et c'est pourquoi Sainte Véronique est votre sainte.

 

C'est la meilleure relique promenée par les champs,

Elle guérit tous les malades, tous les méchants.

 

Elle fait encore mille et mille autres miracles,

Mais je n'ai jamais assisté à ce spectacle.

 

Peut-être que la foi me manque, Seigneur, et la bonté

Pour voir ce rayonnement de votre Beauté.

 

Pourtant, Seigneur, j'ai fait un périlleux voyage

Pour contempler dans un béryl l'intaille de votre image.

 

Faites, Seigneur, que mon visage appuyé dans les mains

Y laisse tomber le masque d'angoisse qui m'étreint.

 

Faites, Seigneur, que mes deux mains appuyées sur ma bouche

N'y lèchent pas l'écume d'un désespoir farouche.

 

Je suis triste et malade. Peut-être à cause de Vous,

Peut-être à cause d'un autre. Peut-être à cause de Vous.

 

Seigneur, la foule des pauvres pour qui vous fîtes le Sacrifice

Est ici, parquée tassée, comme du bétail, dans les hospices.

 

D'immenses bateaux noirs viennent des horizons

Et les débarquent, pêle-mêle, sur les pontons.

 

Il y a des Italiens, des Grecs, des Espagnols,

Des Russes, des Bulgares, de Persans, des Mongols.

 

Ce sont des bêtes de cirque qui sautent les méridiens.

On leur jette un morceau de viande noire, comme à des chiens.

 

C'est leur bonheur à eux que cette sale pitance.

Seigneur, ayez pitié des peuples en souffrance.

 

Seigneur, dans le ghettos, grouille la tourbe des Juifs

Ils viennent de Pologne et sont tous fugitifs.

 

Je le sais bien, ils ont fait ton Procès ;

Mais je t'assure, ils ne sont pas tout à fait mauvais.

 

Ils sont dans des boutiques sous des lampes de cuivre,

Vendent des vieux habits, des armes et des livres.

 

Rembrandt aimait beaucoup les peindre dans leurs défroques.

Moi, j'ai ce soir marchandé un microscope.

 

Hélas!  Seigneur, Vous ne serez plus là, après Pâques !

Seigneur, ayez pitié des Juifs dans les baraques.

 

Seigneur, les humbles femmes qui vous accompagnèrent à Golgotha

Se cachent. Au fond des bouges, sur d'immondes sophas,

 

Elles sont polluées de la misère des hommes.

Des chiens leur ont rongé les os, et dans le rhum

 

Elles cachent leur vice endurci qui s'écaille.

Seigneur, quand une de ces femmes parle, je défaille.

 

Je voudrais être Vous pour aimer les prostituées.

Seigneur, ayez pitié des prostituées.

 

Seigneur, je suis dans le quartier des bons voleurs,

Des vagabonds, des va-nu-pieds, des recéleurs.

 

Je pense aux deux larrons qui étaient avec vous à la Potence,

Je sais que vous daignez sourire à leur malchance.

 

Seigneur, l'un voudrait une corde avec un noeud au bout,

Mais ça n'est pas gratis, la corde, ça coûte vingt sous.

 

Il raisonnait comme un philosophe, ce vieux bandit.

Je lui ai donné de  l'opium pour qu'il aille plus vite en paradis.

 

Je pense aussi aux musiciens des rues,

Au violoniste aveugle, au manchot qui tourne l'orgue de Barbarie,

 

A la chanteuse au chapeau de paille avec des roses de papier ;

Je sais que ce sont eux qui chantent durant l'éternité.

 

Seigneur, faites-leur l'aumône, autre que de la lueur des becs de gaz,

Seigneur, faites-leur l'aumône de gros sus ici-bas.

 

Seigneur, quand vous mourûtes, le rideau se fendit,

Ce qu'on vit derrière, personne ne l'a dit.

 

La rue est dans la nuit comme une déchirure

Pleine d'or et de sang, de feu et d'épluchures.

 

Ceux que vous avez chassé du temple avec votre fouet,

Flagellent les passants d'une poignée de méfaits.

 

L'Etoile qui disparut alors du tabernacle,

Brûle sur les murs dans la lumière crue des spectacles.

 

Seigneur, la Banque illuminée est comme un coffre-fort,

Où s'est coagulé le Sang de votre mort.

 

Les rues se font désertes et deviennent plus noires.

Je chancelle comme un homme ivre sur les trottoirs.

 

J'ai peur des grands pans d'ombre que les maisons projettent.

j'ai peur. Quelqu'un me suit. Je n'ose tourner la tête.

 

Un pas clopin-clopant saute de plus en plus près.

J'ai peur. J'ai le vertige. Et je m'arrête exprès.

 

Un effroyable drôle m'a jeté un regard

Aigu, puis a passé, mauvais comme un poignard.

 

Seigneur, rien n'a changé depuis que vous n'êtes plus Roi.

Le mal s'est fait une béquille de votre Croix.

 

Je descends les mauvaises marches d'un café

Et me voici, assis, devant un verre de thé.

 

Je suis chez des Chinois, qui comme avec le dos

Sourient, se penchent et sont polis comme des magots.

 

La boutique est petite, badigeonnée de rouge

Et de curieux chromos sont encadrés dans du bambou.

 

Ho-Koussaï a peint les cent aspects d'une montagne.

Que serait votre Face peinte par un Chinois.

 

Cette dernière idée, Seigneur, m'a d'abord fait sourire.

Je vous voyais en raccourci dans votre martyre.

 

Mais le peintre pourtant, aurait peint votre tourment

Avec plus de cruauté que nos peintres d'Occident.

 

Des lames contournées auraient scié vos chairs,

Des pinces et des peignes auraient strié vos nerfs,

 

On vous aurait passé le col dans un carcan,

On vous aurait arraché les ongles et les dents,

 

D'immenses dragons noirs se seraient jetés sur Vous,

Et vous auraient soufflé des flammes dans le cou,

 

On vous aurait arraché la langue et les yeux,

On vous aurait empalé sur un pieu.

 

Ainsi, Seigneur, vous auriez souffert toute l'infamie,

Car il n'y a pas plus cruelle posture.

 

Ensuite, on vous aurait forjeté aux pourceaux

Qui vous auraient rongé le ventre et les boyaux.

 

Je suis seul à présent, les autres sont sortis,

Je suis étendu sur un banc contre le mur.

 

J'aurais voulu entrer, Seigneur, dans une église ;

Mais il n'y a pas de cloches, Seigneur, dans cette ville.

 

Je pense aux cloches tues : - où sont les cloches anciennes ?

Où sont les litanies et les douces antiennes ?

 

Où sont les longs offices et où les beaux cantiques ?

Où sont les liturgies et les musiques ?

 

Où sont les fiers prélats, Seigneur, où tes nonnains ?

Où l'aube blanche, l'amict des Saintes et des Saints ?

 

La joie du Paradis se noie dans la poussière,

Les feux mystiques ne rutilent plus dans les verrières.

 

L'aube tarde à venir, et dans le bouge étroit

Des ombres crucifiées agonisent aux parois.

 

C'est comme un Golgotha de nuit dans un miroir

Que l'on voit trembloter en rouge sur du noir.

 

a fumée, sous la lampe, est comme un linge déteint

Qui tourne, entortillé, tout autour de vos reins.

 

Par au-dessus, la lampe pâle est suspendue,

Comme votre Tête, triste et morte et exsangue.  

 

Des reflets insolites palpitent sur les vitres ...

J'ai peur, - et je suis triste, Seigneur, d'être si triste.

 

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ? »

- La lumière frissonner, humble dans le matin.

 

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ? »

- Des blancheurs éperdues palpiter comme des mains.

 

« Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ? »

- L'augure du printemps tressaillir dans mon sein.

 

Seigneur, l'aube a glissé froide comme un suaire

Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.

 

Déjà un bruit immense retenti sur la ville.

Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.

 

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.

Les ponts sont secoués par les chemins de fer.

 

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,

Des sirènes à vapeur rauques comme des huées.

 

Un foule enfiévrée par les sueurs de l'or

Se bouscule et s'engouffre dans de longs corridors.

 

Trouble, dans le fouillis empanaché de toits,

Le soleil, c'est votre Face souillée par les crachats.

 

Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne ...

Ma chambre est nue comme un tombeau ...

 

Seigneur, je suis tout seul et j'ai la fièvre ...

Mon lit est froid comme un cercueil ...

 

Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents ...

Je suis trop seul. J'ai froid. Je vous appelle ...

 

Cent mille toupies tournoient devant me yeux ...

Non, cent mille femmes ... Non, cent mille violoncelles ...

 

Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses ...

Je pense, Seigneur, à mes heures en allées ...

 

Je ne pense plus à Vous. Je ne pense plus à Vous.

 

 

La composizione, che è percorsa da una profonda tensione mistica e ha il respiro di un vecchio inno liturgico, rappresenta l’uscita dal simbolismo e l’ingresso nella Poesia moderna.

Se ne rende conto Apollinaire, quando di ritorno da New York Cendrars gli dà in lettura il manoscritto. Un giovane vagabondo, in perfetta solitudine, ha aperto prima di lui la strada ala nuova Poesia. 

Cendrars pubblica « Les Pâques à New York » a sue spese alle edizioni Les Hommes Nouveaux.

Nel dibattito delle idee che agita Parigi ora Cendrars gioca un ruolo importante, ma sempre da solitario.

È la bohème che racconta nei suoi libri, protagonisti tutti i padri dell’arte del Novecento: il trasognato Chagall, Ricasso, Max Jacob, il pittore Délanay, Léger, compagno di scorribande, Modiglioni, che divide con lui la passione per il bere, Vlaminck, pittore di paesaggi e corridore ciclista, il diafano e decadente Rilke, l’austriaco cui Cendrars somministra una « lezione » famosa quando questi tenta di violentare una ragazza, ma i cui versi recita al fronte per scongiurare la paura. Vi è anche Strawinsky, cui dona un libretto sulla musica russa scritto per i Balletti  di Diaghilev, che inaugurano la stagione al Grand-Théâtre degli Champs-Elysées.

Cendrars in guerra va volontario più in odio ai tedeschi che per patriottismo. Ha già troppo visto in Oriente nei massacri della Transiberiana per sentire il fascino delle bandiere al vento. Si arma soprattutto perché è un Poeta che si nutre di attualità, che va fino in fondo alle cose. Anche se è un legionario che si batte con decisione, in realtà, non ama la guerra, ne subisce il  « meccanismo anonimo, cieco » perché, come scrive, « il posto di un poeta è tra gli uomini, i suoi fratelli, quando tutto va male, e tutto crolla, l’umanità, la civiltà e tutto il resto ». il suo vitalismo gli rende ancora più acuta la sofferenza e l’orrore per la disintegrazione fisica che imperversa intorno a lui. Ma  è la stessa decisa, feroce volontà di vita che, nella primavera del 1915, lo porta a tagliarsi « con il suo coltello da trincea la mano morta, ormai inutile » che pende dall’avambraccio maciullato da una scheggia. Quello che resta del braccio destro verrà amputato nelle retrovie. Dopo aver corso il rischio di essere fucilato per amputazione volontaria, Cendrars vede riconosciuto il suo valore, che è tutto fuorché « guerriero ». Gli viene concessa la Legion d’Onore. Ma, se è vero che l’uomo è nello stile, allora vi è tutto Cendrars il giorno che la rifiuta perché non vuole pagare i diritti di cancelleria, e quei soldi, i pochi che ha, preferisce berseli con i gendarmi venuti a portargli la decorazione.

La continua tensione al diverso lo porta a sempre nuove esperienze. Con l’aiuto di un banchiere fonda una casa editrice. Programma un catalogo di 221 titoli, e una grafica che stravolge i canoni della classicità tipografica. Se ne disinteressa presto. Dietro l’angolo vi è una novità affascinante, meravigliosa : il cinema.

Il nuovo mezzo di espressione coincide con la sua visione della vita. Il cinema, che è movimento, è anche prodigiosamente il suo contrario perché fissa l’istante dilatando la percezione dell’uomo. Da vero Poeta ne immagina un uso rivoluzionario, difficilmente realizzabile. Parla di puntare l’obiettivo sul cervello, di filmare le immagini dal vivo della vita delle cellule per tracciare così sullo schermo il vero e complesso profilo di un carattere umano. Si propone di ottenere da uno strumento rigidamente tecnico risultati insieme scientifici e surreali. Naturalmente, la realtà della « camera » è un po’ diversa.  Diversa, soprattutto, è la realtà dei produttori. Il cinema come arte in sé, quale lui l’immagina, è destinato a avere spazi molto ristretti. È principalmente divertimento, fabbrica di sogni. Il suo tentativo di muoversi nel baraccone della settima arte è breve e sfortunato. A Roma gira con Abel Gance « La Roué », quindi, si mette in proprio per realizzare la « Vénus Noire », ma viene travolto dal fallimento della produzione e ci rimette 1.250.000 franchi dell’epoca.

Dopo il crack romano, Cendrars si volge al documentario, che meglio risponde alle sue esigenze. Pensa ch il ruolo del cinema deve essere anche quello di testimoniare l’uomo così com’è nel reale, senza gli abbellimenti e gli artifici dei teatri di posa, di documentare la sua storia, quella dei suoi antenati e del mondo che lo circonda, fuori da ogni convenzione. Va nel Sudan a girare un documentario sulla vita degli elefanti, per ventisei giorni sta ai tremila metri del Monte Bianco per fissare il segreto della formazione delle nubi. È una miniera di progetti mirabolanti che per mancanza di tempo o di crediti non porterà mai a compimento. Dal Governo brasiliano ottiene 150 milioni per girare un film sulla vita degli uomini che aprono nuove frontiere nella foresta, ma una rivoluzione manda a monte il progetto.

Il Brasile l’affascina, l’America del sud rappresenta per il Poeta la terra dell’avvenire. Dal 1924 effettua una lunga serie di viaggi alla scoperta del Continente, che fa anche da sfondo a due suoi romanzi, « Le Plan de l’Aiguille » e « Dan Yak ». due libri per un’unica storia dedicata all’avventura sostanzialmente metafisica del protagonista, ancora una volta, Blaise Cendrars. Due romanzi, altrettanti capitoli di un’opera letteraria al cui interno costruisce la propria leggenda, rendendo spesso impossibile scindere la realtà vissuta da quella immaginata.

In Brasile si lancia in un grande affare di carburante, propaganda sul mercato mondiale il caffé durante la crisi degli Anni Trenta. In un anno passa l’Atlantico undici volte. Nel 1935 lo attraversa con il « Normandia » nel suo viaggio inaugurale per trasmettere, ora per ora, a « Paris Soir », la cronaca della conquista del Nastro Blu e il racconto della fatica dei fuochisti che dal ventre del gigante ne alimentano la marcia. Tra un viaggi e l’altro attende alla composizione de « L‘Or », l’unico libro in cui non è presente. Ne è protagonista un suo connazionale realmente esistito, August Sutter, ricco colono in California rovinato dalla scoperta dell’oro sulle sue proprietà. È il romanzo dell’impegno e dell’assurdo, del « Fato » che determina il destino dell’uomo e della società al di là di ogni volontà e di ogni morale. Si dice che fosse il libro preferito di Stalin.

Termina, inoltre, un altro grande romanzo, « Moravagine », la storia di un uomo strano, paranoico ma estremamente lucido che si rivolta contro tutto ciò che opprime l’uomo moderno. Ultimo discendente autentico dell’ultimo Re d’Ungheria, Moravagine è un eroe negativo. È un assassino dall’adolescenza, uno gnomo sabbatico proiettato nella realtà romanzata dall’immaginazione dell’autore. La sua vicenda ha per sfondo l’avventura russa degli anni giovanili di Cendrars, il quale non rinuncia, nonostante il disordine, l’ingiustizia della civiltà contemporanea che minaccia il destino stesso dell’umanità, a esprimere speranza per la sorte dell’uomo. Un ritmo incessante e tumultuoso regge la narrazione in questo romanzo come in tutta la sua opera narrativa, che imitatori numerosi, tra i quali john Dos Passos.

Fedele alla filosofia dell’azione a alla Francia, alla vigilia del secondo conflitto mondiale Cendrars si offre volontari. Diventa corrispondente di guerra. Al volontà della sua Alfa Romeo Gran Sport, la cui carrozzeria è firmata da Braque, e che cnduce con la sola mano sinistra, percorre migliaia di chilometri in Francia e in Belgio. I suoi reportages prendono proporzioni non meno stupefacenti dei suoi scritti del temp di pace. Ne fa un libro, « Chez l’armée anglaise », che è distrutto dai tedeschi fresco di stampa. La disfatta della sua patria culturale lo sprofonda nella più cupa disperazione. Si isola a Aix-en-Provence, confinato in una stanzetta. Vive del commercio di erbe che coltiva, saccheggia la biblioteca comunale, ma non scrive. Come Saint-Exupéry, pensa che i vinti debbano tacere. Solo nell’agosto del 1943 si rimette al lavoro, a comporre le sue opere di narrativa più importanti: « L’Homme foudroyé », « La Main Coupée », « Bourlinger ». Dedicherà, alla vigilia della vittoria, « Le Lotissement du Ciel » al figlio. Aviatore dell’Armée de l’Air, caduto in Marocco con il suo aereo.

Quando, nel 1949, ritorna a Parigi è un uomo ormai staccato dalla vita, che non finisce di stupire il pubblico nuovo, quello giovane e esistenzialista, che lo viene scoprendo come Poeta e come scrittore. Nel 1959, riceve da André Malraux la Legion d’Onore Il 17 gennaio 1961, mentre è già in fin di vita, il premio letterario « Città di Parigi ». Muore quattro giorni dopo, non avendo potuto realizzare un altro dei suoi mille progetti : essere il primo passeggero per un viaggio sulla luna. Scompare un Poeta dell’epoca moderna, che aveva previsto, con la sola forza dell’immaginazione nutrita di letture rare, molte di quelle invenzioni che hanno stupito  e spaventato la nostra epoca. Uno scrittore che aveva immaginato l’energia solare applicata alla distruzione e un vagabondo che tutta la vita aveva cercato le proprie radici umane e morali.

Inutilmente a sessant’anni era andato a Sigriswil a celebrare nel paese dei suoi genitori le nozze con Raymone Duchâteau, l’attrice che fin dalla Prima Guerra Mondiale ne divideva il destino. Dopo aver pazientemente ascoltato la lunga esposizione dei monotoni destini dei suoi ascendenti montanari aveva esclamato :

 

« È bello l’ordine. Ma, ditemi, tra tutta questa gente alla quale appartengo, non ne conoscete neppure uno, uno solo, che abbia tralignato, sia andato in prigione, sia finito sulla forca ? Almeno saprei da chi ho preso ! »

 

Copyright © 2008 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.  

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 24, 2008 14:39 | Permalink | commenti
categoria:poesia, vita, storia, francia
giovedì, 21 febbraio 2008

La realtà è una creazione delle parole : al di sotto delle parole si agitano il magma del senso delle cose, la loro labirintica connotazione e il ritmo pulviscolare del movimento.

Per lungo tempo l’Oriente è stato soltanto una riserva di esotismo cui hanno attinto autori di successo. Per l’esotista la realtà straniera – uomini e paesaggi insieme – è sia materia prima di una descrizione pittoresca – che, tacitamente, si conviene inferiore alla realtà occidentale, modello di ogni civiltà – sia vago scenario ove cullare il proprio mal di vivere. In ogni caso, la diversità non va oltre la soglia dell’aneddoto, e l’altro esiste soltanto come indigeno, autoctono o uomo della natura, cui una strana maledizione proibisce il diritto di salvaguardare la propria natura. Tutto sembra, dunque, indicare che l’esotismo funziona come un mezzo del quale l’Altro fa le spese : ora pretesto per sfuggire a se stessi, ora occasione di arricchimento interiore, ora semplice motivo di estraniamento, il suo procedere è tale da non permettere di spezzare i confini dell’egoismo e dell’etnocentrismo.

La cultura di un Paese è il riflesso della situazione di dipendenza o di indipendenza politica di questo Paese. In particolare, le lingue di un Paese si evolvono, stagnano o tendono, persino, a scomparire qualora questo Paese goda o no di un’indipendenza politica. Durante il dominio coloniale varie culture e le loro lingue di espressione hanno subito la sorte riservata alle culture e all’uomo primitivi : pur non essendo ignorate erano negate.

Ogni popolo colonizzato, vale a dire ogni popolo all’interno del quale nasce un complesso di inferiorità a causa del seppellimento dell’originalità culturale locale, prende posizione di fronte al linguaggio della nazione « civilizzatrice », vale a dire di fronte alla cultura metropolitana. La conseguenza logica di questa presa di coscienza è un ritorno alle fonti della cultura nazionale e ai suoi mezzi di espressione, i cui artigiani sono, paradossalmente, gli intellettuali più impregnati di cultura occidentale, quegli stessi intellettuali che avrebbero offerto le migliori garanzie di assimilazione.

La cultura di un popolo è, in effetti, per definizione il luogo di sedimentazione dei modi di fare e di pensare di questo popolo, e studiando la sua lingua, la sua grammatica si può coglierne in gran parte le articolazioni e la logica interna. Ci si rende conto, allora, che, non contenta di comunicare il pensiero, la lingua presiede strettamente alla sua elaborazione. Così l’utilizzo di una lingua straniera per esprimere la propria cultura induce non soltanto una trasformazione del messaggio, ma un vero e proprio tradimento.

Il poeta, che non è un essere attento alla visita imprevedibile dell’ispirazione, ma è investito di una missione specifica, tenta, allora, di superare la sua angoscia di uomo dilaniato tra due culture per ritrovare il suo Io profondo e autentico. E la sua poesia, nata dall’impossibilità fondamentale di vivere un presente che lo esilia da se stesso e lo rende straniero alla propria cultura, diviene grido e arma per combattere.

Il tempo dell’azione si identica con quello della scrittura : si evince dal costrutto algebrico dell’esperienza, dalle possibilità, più o meno reali, più o meno virtuali, di agire. L’eternità si offusca nelle cose, si smaglia nei ritmi differenziati del metabolismo cosmico. La scrittura ne scandisce i fasti e le cadute per richiamarli alla memoria come legionari di un esercito di ventura che nel deserto sventano il significato della sabbia.

La Poesia è,  come raccomandavano Rimbaud e i surrealisti, insurrezione e inadattabilità innata al reale.

Nel testo poco conosciuto « Maintenir la Poésie », pubblicato dalla rivista « Tropiques », nel 1943, (Fort de France, n. 8-9), Césaire definiva la Poesia come « una forza che al tutto-fatto, al tutto-trovato dell’esistenza e dell’individuo oppone il tutto da fare della vita e della persona ».

Considerato in questa accezione radicale, l’impegno poetico comporta una parte di insensatezza profetica che si oppone alle lentezze prudenti della storia.

L’uomo politico non avanza che con circospezione nell’intrico degli uomini e dei fatti a lui contemporanei, l’artista, ladro del fuoco e creatore dell’Universo, annuncia l’Avvenire. Il suo ruolo, dice André Breton, è quello « di portarsi in avanti, di esplorare in tutti i sensi il campo della possibilità, di manifestarsi – qualunque cosa accada – come potenza emancipatrice » (Entretiens, Parigi, Gallimard, 1952).

Il vero impegno del Poeta, vale a dire il suo confronto reale con la sua gente, avviene attraverso l’esperienza totale della miseria e della solitudine; solo allora la sua parola può non sostituire la presa di coscienza popolare, ma rivelarla a se stessa, catalizzarla e, forse, anche accelerarla.

La maniera più universale di essere al mondo non è, forse, come osserva Edouard Glissant « di nascere innanzitutto al proprio mondo » ?

 

 

 

عصيان

 

 

به لب هايم مزن قفل خموشی

كه در دل قصه ئی ناگفته دارم

ز پايم باز كن بند گران را

كزين سودا دلی آشفته دارم

 

بيا ای مرد، ای موجود خودخواه

بيا بگشای درهای قفس را

اگر عمری به زندانم كشيدی

رها كن ديگرم اين يك نفس را

 

منم آن مرغ، آن مرغی كه ديريست

به سر انديشه پرواز دارم

سرودم ناله شد در سينه تنگ

به حسرت ها سر آمد روزگارم

 

بلب هايم مزن قفل خموشی

كه من بايد بگويم راز خود را

به گوش مردم عالم رسانم

طنين آتشين آواز خود را

 

بيا بگشای در تا پر گشايم

بسوی آسمان روشن شعر

اگر بگذاريم پرواز كردن

گلی خواهم شدن در گلشن شعر

لبم با بوسه شيرينش از تو

تنم با بوي عطر آگينش از تو

نگاهم با شررهای نهانش

دلم با ناله خونينش از تو

 

ولی ای مرد، ای موجود خودخواه

مگو ننگ است اين شعر تو ننگ است

بر آن شوريده حالان هيچ دانی

فضای اين قفس تنگ است، تنگ است

 

مگو شعر تو سر تا پا گنه بود

از اين ننگ و گنه پيمانه ای ده

بهشت و حور و آب كوثر از تو

مرا در قعر دوزخ خانه ای ده

 

كتابی، خلوتی، شعری، سكوتی

مرا مستی و سكر زندگانيست

چه غم گر در بهشتی ره ندارم

كه در قلبم بهشتی جاودانی است

 

شبانگاهان كه مه می رقصد آرام

ميان آسمان گنگ و خاموش

تو در خوابی و من مست هوس ها

تن مهتاب را گيرم در آغوش

 

نسيم از من هزاران بوسه بگرفت

هزاران بوسه بخشيدم به خورشيد

در آن زندان كه زندانبان تو بودی

شبی بنيادم از يك بوسه لرزيد

 

بدور افكن حديث نام، ای مرد

كه ننگم لذتی مستانه داده

مرا می بخشد آن پروردگاری

كه شاعر را، دلی ديوانه داده

 

بيا بگشای در، تا پرگشايم

بسوی آسمان روشن شعر

اگر بگذاريم پرواز كردن

گلی خواهم شدن در گلشن شعر

 

 

 

Ribellione

 

 

Non ridurre le mie labbra al silenzio

Che una storia mai raccontata nel mio cuore serbo.

Libera le mie caviglie dalle gravose catene

Che il loro peso sul mio cuore preme.

 

O uomo, egoista creatura, vieni,

Vieni ad aprire la porta della gabbia.

Se in prigione a vita mi terrai

La grazia di questo unico anelito di libertà non mi negare.

 

Io sono quell’uccello che, da tempo immane,

Ha in animo di spiccare il volo.

Lamento si è fatto il mio canto nell’affannato petto,

In rimpianti il mio tempo è trascorso.

 

Non ridurre le mie labbra al silenzio

Che devo sgravarmi di un segreto,

Far giungere al mondo intero

l’eco infuocata della mia voce.

 

Vieni ad aprire la porta che io spieghi le ali

Verso il luminoso cielo della Poesia.

Se mi concederai di volare

Una rosa diverrò nel giardino della Poesia.

 

Solo per te le mie labbra ed i loro dolci baci,

Solo per te il mio corpo e la fragranza del suo profumo,

Solo per te il mio sguardo e le sue imprigionate scintille,

Solo per te il mio cuore ed i suoi strazianti lamenti.

 

O uomo, egoista creatura,

Non dire che questi versi sono un’infamia.

Tu non immagini neppure quanto angusto sia

Lo spazio di questa gabbia per uno spirito ribelle.

 

Non dire che da ogni verso stilla peccato,

Di questa infamia e di questo peccato mesci per me una coppa.

Per te il Paradiso, le Urì e l’Acqua di Kawthar,

Per me degli abissi dell’inferno fai dimora.

 

I libri, la solitudine, la poesia, il silenzio

Sono per me l’ebbrezza e l’ubriacatura della vita.

Alcun rimpianto se in Paradiso non andrò,

Un Paradiso eterno nel mio cuore arde.

 

Di notte, quando, al centro del cielo fatato e silente,

La luna fluttua dolcemente

E tu dormi, io, ebbra di passione,

Tutto il chiaro di luna abbraccio.

 

La brezza mi rubò migliaia di baci.

Migliaia di baci concessi al Sole.

In quella prigione dove il carceriere eri tu,

Una notte, tutto il mio essere vacillò per un bacio.

 

O uomo, spezza la tradizione del tuo nome

Che la mia infamia dà un piacere inebriante

Mi perdonerà quel Dio Sostentatore

Che ha donato un folle cuore al poeta.

 

Vieni ad aprire la porta che io spieghi le ali

Verso il luminoso cielo della Poesia.

Se mi concederai di volare

Una rosa diverrò nel giardino della Poesia.

 

 

Forugh Farrokhzad

Traduzione dal persiano di ADZ

 

Copyright © 25 luglio 2007 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 21, 2008 17:27 | Permalink | commenti (3)
categoria:poesia, politica, amore, iran, donna, libertà
giovedì, 21 febbraio 2008

بوسه

 

 

در دو چشمش گناه می خنديد

بر رخش نور ماه می خنديد

در گذرگاه آن لبان خموش

شعله ئی بی پناه می خنديد

 

شرمناك و پر از نيازی گنگ

با نگاهی كه رنگ مستی داشت

در دو چشمش نگاه كردم و گفت:

بايد از عشق حاصلی برداشت

 

سايه ئی روی سايه ئی خم شد

در نهانگاه رازپرور شب

نفسی روی گونه ئی لغزيد

بوسه ئی شعله زد ميان دو لب

 

 


Il bacio

 

 

Nei suoi occhi il peccato albergava,

Sul suo volto il chiarore della luna albergava,

Tra le sue labbra mute

Un fuoco indomito albergava.

 

Timorosa, con uno sguardo carico di muta implorazione,

Del colore dell’ebbrezza,

Guardai nei suoi occhi. Sussurrò:

Si deve trarre dall’amore profitto.

 

Un’ombra su un’ombra si chinò

Nella clandestinità della notte.

Un respiro sfiorò una gota.

Un bacio prese fuoco tra due labbra.

 

 

Forugh Farrokhzad

Traduzione dal persiano di ADZ

 

Copyright © 25 luglio 2007 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 21, 2008 14:31 | Permalink | commenti (1)
categoria:poesia, amore, iran, donna
lunedì, 18 febbraio 2008

Liberté


Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable, sur la neige,
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre, sang, papier ou cendre,
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois,
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids, sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance,
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées,
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante,
J'écris ton nom

Sur les champs, sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres,
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer, sur les bateaux
Sur la montagne démente,
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade,
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique,
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent,
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qu s'éteint
Sur mes maisons réunies,
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre,
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite,
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni,
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend,
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence,
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui,
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort,
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître,
Pour te nommer

Liberté.

 

Paul Eluard

 

 

 

« Je défendrai mes opinions jusqu'à ma mort, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez défendre les vôtres. »

Francois-Marie Arouet, nom de plume Voltaire

 

Dans l’Antiquité, un philosophe n’est pas nécessairement, comme on a trop tendance à le penser, un théoricien de la philosophie. Un philosophe, dans l’Antiquité, c’est quelqu’un qui vive en philosophie, qui mène une vie philosophique. Caton le jeune, homme d’Etat du I siècle av. J. C., est un philosophe stoïcien et pourtant il n’a rédigé aucun écrit philosophique. Rogatius, homme d’Etat du III siècle ap. J. C., est un philosophe platonicien, disciple de Plotin, et pourtant il n’a rédigé aucun écrit philosophique. Mais tous deux se considéraient eux-mêmes comme des philosophes, parce qu’ils avaient adopté le mode de vie philosophique.

Et que l’on ne dise pas que c’étaient des philosophes amateurs. Aux yeux des Maîtres de la philosophie antique, le philosophe authentique n’est pas celui qui disserte sur les théories et commente les auteurs.

Comme le dit Epitècte :

 

« Mange comme un homme, bois comme un homme, habille-toi, marie-toi, aie des enfants, mène une vie de citoyen… Montre-nous cela, pour que nous sachions si tu as appris véritablement quelque chose des philosophes. » 

 

Le philosophe antique n’a donc pas besoin d’écrire. Et, s’il écrit, il n’est pas nécessaire non plus qu’il invente une théorie nouvelle, ou qu’il développe telle ou telle partie d’un système. Le philosophe antique n’a rien à voir avec nos philosophes contemporains, qui s’imaginent que la philosophie consiste, pour chaque philosophe, à inventer un « nouveau discours », un nouveau langage, d’autant plus original qu’il sera plus incompréhensible et peu artificiel. Le philosophe antique, d’une manière générale, se situe dans une tradition et se rattache à une école. Epictète est stoïcien. Cela veut dire que son enseignement va consister à expliquer les textes des fondateurs de l’école, Zénon et Chrysippe, et surtout à pratiquer lui-même et à faire pratiquer par ses disciples le mode de vie propre à l’école stoïcienne. Cela ne veut pas dire pourtant qu’il n’y aura pas des caractéristiques propres à l’enseignement d’Epictète. Mais elles ne modifieront pas les dogmes fondamentaux du stoïcisme ou le choix de vie essentiel ; elles se situeront plutôt dans la forme de l’enseignement, dans le mode de présentation  de la doctrine, dans la définition de certains points particuliers ou encore dans la tonalité, la coloration particulière qui imprégnera le mode de vie stoïcienne proposé par le philosophe.

Le stoïcisme est une philosophie de la cohérence avec soi-même. Cette philosophie se fonde sur une remarquable intuition de l’essence de la vie. D’emblée, dès le premier instant de son existence, le vivant est instinctivement accordé a lui-même : il tend à se conserver lui-même et à aimer sa propre existence et tout ce qui peut la conserver. Cet accord instinctif devient accord moral avec soi, lorsque l’homme découvre par sa raison que c’est le choix réfléchi de l’accord avec soi, que c’est l’activité même du choix qui est la valeur suprême et non les objets sur lesquels porte l’instinct de conservation. C’est que l’accord volontaire avec soi coïncide avec la tendance de la Raison universelle, qui non seulement fait de tout être vivant un être accordé à lui-même, mais du monde entier lui-même un vivant accordé à lui-même.

Comme le dira Marc Aurèle :

 

«  Tout ce qui est accordé avec toi est accordé avec moi, ô Monde. »

 

Et la société humaine, la société de ceux qui participent à un même logos, à une même Raison, forme en principe, elle aussi une Cité idéale, dont la Raison, la Loi, assure l’accord avec elle-même. Il est bien évident enfin que la Raison de chaque individu, dans l’enchaînement des pensées ou des paroles, exige la cohérence logique et dialectique avec elle-même. Cette cohérence avec soi est donc le principe fondamental du stoïcisme.

Pour Sénèque, toute la sagesse se résume dans la formule :

 

« Toujours vouloir la même chose, toujours refuser la même chose. »

 

Il n’est pas besoin d’ajouter, continue Sénèque, la toute petite restriction :

 

« A condition que ce que l’on veut soit bon moralement. »

 

car, dit-il,

 

« La  même chose ne peut universellement et constamment plaire que si elle est moralement droite. »

 

Le sage stoïcien est lui aussi l’égal de Dieu, Dieu qui n’est autre que la Raison universelle, produisant en cohérence avec elle-même tous les événements cosmiques. La raison humaine et une émanation, une partie de cette Raison universelle. Mais elle peut s’obscurcir, se déformer par suite de la vie dans le corps, par l’attrait du plaisir. Seul le sage est capable de faire coïncider sa raison avec la Raison universelle. Mais cette coïncidence parfaite ne peut être qu’un idéal. Le sage est nécessairement un être d’exception ; il y en a très peu, peut-être un, ou même pas du tout.

La philosophie n’est pas la sagesse, elle est seulement l’exercice de la sagesse et le philosophe n’est pas un sage, il est donc un non-usage.

La philosophie stoïcienne a donc pour but, comme projet, comme objet, de permettre au philosophe de s’orienter dans l’incertitude e la vie quotidienne en proposant des choix vraisemblables, que notre raison peut approuver, sans qu’elle ait toujours la certitude de bien faire. Ce qui compte, ce n’est pas le résultat ou l’efficacité, c’est l’intention de bien faire. Ce qui compte, c’est de n’agir qu’avec un seul motif : celui du bien moral, sans autre considération d’intérêt ou de plaisir.

C’est là la seule valeur, l’unique nécessaire.

 

 « Ma petite D, « la philosophie te fournira le fond, la rhétorique, la forme de ton discours » (Fronton). »

 

me répétait mon Père.

Mon père n’a jamais été pour moi la personnification du pouvoir, de la force et de l’autorité. C’est pour cela que je l’aimais. Le calcul différentiel et intégral n’a jamais semblé convenir à sa personnalité. Mais peut-être étais-je victime du vieux préjugé selon lequel les mathématiques sont une science aride et le mathématicien un homme d’une autre espèce. Je n’arrivais absolument pas à comprendre comment cet homme ardent et timide pouvait avoir le moindre point commun avec les théorèmes de Pythagore ou avec le binôme de Newton. Tout cela ne m’intéressait pas à cette époque. Il aimait trouver en moi les qualités féminines et n’essayait jamais de les rabaisser ni de les ignorer.

Il était pour moi la grande personne autour de laquelle tournait la mécanique de la vie.

J’aimais sa perplexité devant mon indépendance précoce.

Puisque son fils était irrémédiablement d’un autre monde, avec une autre philosophie de la vie, une autre morale, alors pourquoi cette petite fille si avide d’apprendre et de comprendre ne serait-elle pas son héritière véritable, l’héritière de ses ruptures et de sa liberté, de son esprit indépendant, de sa culture, de son cosmopolitisme et de son non-conformisme ?

Elle avait eu la chance d’échapper à l’Amour des mères, qui tendait à ramener les filles du côté de la tradition et de la passivité.

En serait-elle moins femme ?

La question ne préoccupait pas mon Père. Il n’aurait su dire ce que devait être une femme.

Une fille sage ou une rebelle à l’humeur imprévisible ?

Antigone. Phèdre, Marguerite de Navarre ou la Princesse de Clèves ?

Mon père, si plein de préjugés à l’égard des femmes, ne pensait pas en ces termes quand il songeait à l’avenir de sa fille. Aux yeux de cet homme qui répétait sans cesse que rien d’humain ne devrait nous être étranger, l’âge et le sexe n’étaient que des contingences secondaires.

Si elle le souhaitait, il l’aiderait à devenir, elle, un individu libre.

Elle serait son prolongement.

Elle le suivrait et continuerait, accomplissant ce qu’il n’avait pu mener à bien.

Elle ne se soucierait pas d’entretenir et de faire prospérer le patrimoine, de perpétuer le nom.

Elle serait quelqu’un, c'est-à-dire quelqu’un d’autre, radicalement.  

Il n’aurait osé rêver que je suivisse sa pente à lui, au moins pour ce qui était du nomadisme – on n’est bien qu’ailleurs – et de la liberté solitaire. Et pourtant je l’ai fait, y ajoutant, certes, une forme de conjugalité et une obstination au travail qu’il eût prise, peut-être, pour un acharnement excessif.

Sa mort a été une disparition, non un abandon.

Je n’ai pas eu à me libérer des suites d’une éducation bourgeoise comme Louis Aragon ou Jean-Paul Sartre. J’ai grandi en France à une époque où l’on savait que le vieux monde allait, de toute façon, à sa perte. Personne ne défendait sérieusement les anciens principes, du moins pas dans mon milieu. La contestation était l’air que nous respirions, elle a nourri mes premières vraies émotions. Beaucoup plus tard seulement, à l’age de vingt ans, j’ai su que j’appartenais de par ma naissance à la bourgeoisie. Je ne me sens absolument pas liée à elle. En tant que classe social, elle a toujours éveillé en moi cependant plus de curiosité et d’intérêt que les débris de l’aristocratie et au moins autant que la classe ouvrière. Mais c’est de l’Intelligentsia, déclassée ou non, que je me sens la plus proche. Me sont étrangers, par contre, ceux qui détiennent le pouvoir, les dictateurs, les triumvirs, les hommes à qui on rend un culte, ceux qui y aspirent, les rois de tout poil. A ces dinosaures, je préfère encore les requins, au sens propre et figuré.  

Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la dimension horizontale de notre existence, les préoccupations de la vie quotidienne auxquelles nous sommes tous confrontés, mais sa dimension verticale, intellectuelle. Peu de gens y accédaient autrefois et de ce fait en avaient mauvaise conscience. A présent, ce n’est plus le cas : il suffit de vouloir lire, réfléchir et savoir. Comme l’a dit Karl Jaspers, point n’est besoin d’apprendre à éternuer ou à tousser, mais la raison, elle, se cultive, car ce n’est pas une simple fonction organique.   

Etre philosophe, ce n’est pas avoir reçu une formation philosophique théorique, ou être professeur de philosophie, c’est, après une conversion qui opère un changement radical de vie, professer un mode de vie différent de celui des autres hommes. On considère souvent les conversions comme des événements qui se produisent instantanément dans des circonstances inattendues. Et l’histoire abonde en anecdotes de ce genre : Polémon entrant par hasard, après une nuit de débauche, au cours du philosophie platonicien Xénocrate, Augustin entendant la voix d’un enfant disant « Prends et lis », Saül terrassé à Damas.

Entre parenthèses, il ne serait pas du tout intéressant de connaître, dans tous ses détails, la manière dont s’est déroulée ma conversion à la philosophie.

Bien de points restent encore inconnus pour moi-même.

Pourtant, douée d'une extraordinaire faculté d'imagination qui me faisait embrasser et comprendre ce que mes yeux ne pouvaient me montrer, dès mon enfance j’ai entrevu ce que pouvait être l’idéal d’une vie philosophique.

L'imagination, cette « Magie Sympathique » aide à comprendre les arguments d'un interlocuteur, à ressentir la souffrance de l'Autre, quelque soit cet Autre.

Cette faculté « à se transporter en pensée à l'intérieur de quelqu'un » amène bien sûr à s'ouvrir à d'Autres idées, à vivre d'Autres expériences. Je ne renonce jamais à un être que j’ai connu, et assurément pas à mes personnages.

Je les vois, je les entends, avec une netteté que je dirais hallucinatoire si l'hallucination n'était autre chose, une prise de possession involontaire.

C'est ce que les sages hindous appellent l'attention.

Nul doute que cette attention, cette propension à se mettre à la place de l'Autre en faisant abstraction de soi, a joué un rôle de première importance dans ma grande ouverture d'esprit face aux Athéismes comme aux Religions, aux Politiques comme aux Philosophies.

Les personnes qui ont accompagné ou croisé ma vie n’ont été vraiment aimées par moi que quand j’en ai fait des personnages, des figures à mi-chemin entre le réel et la fiction  - avant même de leur assigner une place dans mon univers littéraire –, puis quand j’ai commencé à les décrire, à les écrire.

Profondément, de ma vie ne m’intéresse que ce qui peut être prétexte à reconstruction littéraire.

 

« La vie d’un homme est son image… On peut dire alors ceci que j’entrevois comme une sincérité renversée (de l’artiste) : il doit, non pas raconter sa vie telle qu’il a vécue, mais la vivre telle qu’il la racontera. Autrement dit : que le portrait de lui que sera sa vie, s’identifie au portrait idéal qu’il souhaite ; et, plus simplement, qu’il soit qu’il se veut. »

André Gide, Journal, 3 janvier 1892

 

Restituer, réinterpréter mes lignes maternelles et paternelles, mon enfance et mon adolescence m’a passionnée.  

Très peu d'adultes se laissent habiter par des Etres en leur donnant autant d'importance qu'ils s'en donnent à eux-mêmes. Cette magnifique façon d'appréhender le monde de l'intérieur, à l'instinct, est le propre des enfants.

Si les adultes s'en souvenaient, ils éviteraient de proférer certaines stupidités : éviteraient bien de stupidités !

 

Copyright © 2008 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 18, 2008 23:08 | Permalink | commenti
categoria:filosofia, libertà
domenica, 17 febbraio 2008

« Vi è un significato più profondo nelle fiabe che nella verità quale è insegnata dalla vita. »

Friedrich Schiller

 

 

In civiltà intimamente in contatto con le forze elementari della Natura, la Fiaba non poteva che avere un grande ruolo: serviva contemporaneamente a evocare, a esorcizzare e a fornire una chiave di lettura per quei fenomeni naturali e soprannaturali che tanta parte avevano nella Vita di ognuno.

L’Arte di raccontare le Fiabe, dicono alcuni, è morta e appartiene al passato.

E le tradizioni orali sono destinate a perdersi per sempre, quando la vena si esaurisce e i tempi mutano, se qualcuno non inizia con Amore e con pazienza a raccogliere le ultime testimonianze disponibili. 

Che cosa ispirò Perrault, Grimm, Andersen e Carroll a scrivere le loro Fiabe ?

Diciamo pure una sorta di sovversivismo. Anticonformisti, cercarono di modificare il Mondo educando gli unici esseri capaci un giorno di rivoluzionarlo : i Bambini.  

 

A sessantasette anni, per cause non chiare, Charles Perrault preferisce ritirarsi tra le mura della sua casa. E scrivere… per far rivivere con la Fantasia quel Mondo che, purtroppo, ha dovuto lasciare, purificandolo, però, di tutte le meschinerie e gli odii che ben ha conosciuto. Nelle sue Fiabe la Francia di Corte e i ricordi del Mondo contadino si fondono in un’unica armonia, in un unico Mondo perfetto e cristallino, appena venato di sorniona ironia.

 

« Un mugnaio aveva tre figli, », 

 

inizia una delle sue celebri Favole,

 

« un asino e un gatto. Alla sua morte fu molto facile dividere l’eredità. Al primo figlio toccò il mulino, al secondo l’asino e l’ultimo non ebbe che il gatto… ».

 

Ma il Marchese di Carabas, grazie al magico gatto con gli stivali, sposerà la figlia del Re e diverrà ricchissimo. La Fiaba dice qualcosa di più: il gatto fatato non bada a sottigliezze e, come nella Vita di Corte, vince facendo ricorso alla furbizia e all’inganno. E il povero orco, credulone e ingenuo, ridotto a topo, viene mangiato in un sol boccone, rimettendoci di colpo Vita e averi. Una morale disinvolta, dunque : la fortuna aiuta gli audaci e i menzogneri a tutto danno dei buoni, una morale che la brillante Società del ‘600 accetta senza battere ciglio. Gli eleganti nobili di Corte si passano l’un l’altro il bel libro di Fiabe e sorridono di « certi lupi ben più dannosi, capaci di inseguire le ragazzine fin nelle stradine buie », sorridono della Favola di « Pelle d’Asino » che, per sfuggire all’insano Amore del padre, lascia ogni ricchezza per nascondersi sotto una sudicia veste da sguattera. Sorridono e accettano perché le parole non sono che lo specchio fedele della loro Vita, della quotidiana lotta, fatta di sorrisi e di colpi a tradimento, per acquistarsi il potere e il favore del Re.

A sue spese Perrault ha appreso quanto possono essere pericolose certe altolocate amicizie, a sue spese ha appreso che sul Regno del Re Sole non sempre splende la Giustizia.

 

« C’era una volta un gentiluomo che possedeva belle case in città e in campagna, stoviglie d’oro e d’argento, mobili intarsiati e carrozze tutte d’oro. Ma per disgrazia quest’uomo aveva la barba blu… » 

 

e uccideva le mogli una dopo l’altra con grande disinvoltura, chiudendole, poi, tutte in uno stanzino. La realtà, sembra dire Perrault, ha un volto nascosto che non corrisponde agli ori della facciata, un volto brutalmente violento e cattivo. Ma, con la raffinatezza e il distacco di un vecchio uomo di mondo, condanna senza livore, limitandosi a scuotere il capo con amaro disinganno. È un umanista deluso, uno « scottato », ma non impreca. Si limita a costruire con la sua fluida prosa un Mondo in cui la bellezza e la bontà di Cenerentola sono finalmente premiate. Ma è giusto che anche le sorellastre, alla fine, sposino due gentiluomini di Corte, che sapranno rabbonirle e placare il loro fiele. Meglio, certo, sarebbe se tutta la Francia, se tutta Versailles si immobilizzasse in un’ideale perfezione come il castello della « Bella Addormentata », fino a che un Principe non sappia sciogliere il crudele incantesimo delle invidie e delle meschinerie.

Ma non è possibile e è sciocco illudersi.

« Racconti di Mamma Papera » chiamò i suoi scritti Perrault e li firmò con il nome del figlio adolescente, per non dare loro troppa importanza, per non « scoprirsi » e rivelare quanta parte del suo Mondo contenessero, quale appassionata partecipazione nascondessero.

Brevi morali in versi chiudono ogni Favola e è questa l’unica voce diretta che l’Autore si concede : un piccolo sfogo, una sorridente vendetta verso un Mondo che lo ha profondamente deluso.

 

 

Ben diversa radice ha, invece, l’opera dei fratelli Grimm.

Fiabe impegnate sono le loro, oserei dire « militanti », frutto, insomma, di una precisa ideologia. Sostanzialmente contrari a Napoleone e alle idee che l’Impero voleva ovunque imporre, loro scopo fu sempre quello di valorizzare la Germania e le sue tradizioni.

Nati sul finire del ’700 a Hanau, a solo un anno di distanza l’uno dall’altro, Wilhelm e Jacob Grimm vissero praticamente in simbiosi.

Erano gli anni del Romanticismo tedesco, con la sua esaltazione della passione e del mistero, con il trionfo della Natura e delle sue forze incorrotte proprio per reagire all’arida logica dell’Illuminismo e della Rivoluzione, sua diretta figlia. Dalle loro pagine si sprigiona, infatti, tutto il sapore dell’anima tedesca: l’Amore per la Natura, il fascino e il mistero di certe impenetrabili foreste piene di elfi e di giganti. È tutto un Mondo contadino che si confessa attraverso la loro opera, che rivela le sue aspirazioni, il suo modo di vivere e la sua morale. Sono Fiabe piene di « tonti del villaggio » e di furbi che con abilità riescono sempre a farla agli sciocchi, di animali parlanti e saggi, di cattivi giustamente puniti, di fratelli e sorelle che, pieni di Amore, si sacrificano gli uni per gli altri fino alla morte. Sono Fiabe per i Bambini buoni o che si spera di tenere quieti rimpinzandoli di « buoni esempi ». Così per i Grimm le sorellastre di Cenerentola saranno esemplarmente punite da due colombe che le accecheranno senza pietà. 

 

 

Libera, invece, da queste terrene preoccupazioni e tutta tesa verso un Mondo scintillante di pura Fantasia è l’opera di Hans Christian Andersen.

Quanto le Fiabe dei Grimm sono documentate, obiettive, specchio fedele della mentalità di un popolo, in una parola teutoniche, così le pagine di Andersen sono personalissime, liriche, piene di un sentimento che, pur nascendo dalla cruda conoscenza della realtà, la sa trasformare e elevare.

Di famiglia poverissima, il piccolo Hans non conobbe mai veri studi né un’esistenza regolare. È la Favola del brutto anatroccolo che, nato in un pollaio, è costretto a subire le beccate e le angherie di tutti.

 

« Ma a un tratto si accorge di avere le ali e allora si stacca da quel piccolo mondo di miserie per raggiungere gli ampi cieli. » 

 

« Vide sotto di sé la propria immagine e non era più quella di un brutto uccello tozzo e grigiastro, ma quella di uno splendido cigno. » 

 

Il desiderio di affermazione è finalmente soddisfatto e l’ex-brutto anatroccolo nuota beato « ma niente affatto superbo, perché il cuore buono non è mai superbo ».

Anche il Poeta, raggiunta la fama, dimentica il proprio pesante passato e trasforma in un Mondo meraviglioso e buono gli oscuri anni della sua triste Infanzia.

 

« La storia della mia vita proverà agli uomini che esiste un Dio pieno di amore che guida tutte le cose per il meglio. » 

 

e con ingenuo slancio si getta a raccontarla per l’edificazione di tutti. Tutta la sua Vita diviene un’unica splendida Favola.

 

« Mamma, ma se non ha nulla indosso ! », 

 

grida il bambino innocente al passaggio dell’Imperatore che si pavoneggia nei suoi « presunti » abiti. Nella Vita Andersen è quel bimbo e la sua debolezza è di credere che il grido dell’innocenza valga a correggere il Mondo. Vuole smascherare la finzione, punire i superbi e non perde mai la fiducia nel bello e nella propria Arte anche quando la gente intorno gli ripete le parole della gallina al brutto anatroccolo :

 

« Te lo dico per il tuo bene, dovresti imparare a fare le uova come me. »,

 

convinto che, alla fine, la Giustizia trionfi. Un uomo ingenuo e testardo, pieno di Poesia e di cocciutaggine; un uomo, forse, non sempre gradito, ma che nessuno mai poté permettersi di ignorare.

 

 

Quasi del tutto in silenzio scivolò la Vita di Charles Lutwidge Dogson, professore di matematica a Oxford e pastore anglicano.

Introverso e solitario, l’anziano gentiluomo riversò in « Alice nel Paese delle Meraviglie » la rigida atmosfera dell’Inghilterra ottocentesca, con le sue sacre convenzioni, le interminabili partite di cricket e il tè delle cinque. Ma tutto visto con gli occhi irriverenti di chi non partecipa alla compunte « cerimonie » del suo tempo.

Nasce così Lewis Carroll, un uomo nuovo, ironico e pungente quanto il vecchio professor Dogson era mite e noioso.

A una lettura attenta « Alice nel Paese delle Meraviglie » rivela tutta la profondità del suo « messaggio  ». Non bisogna piangere, né stupirsi di nulla, non bisogna far domande, né attendersi che qualcuno risponda perché nessuno è in grado di farlo. È questa la sconsolata filosofia di un piccolo diacono di campagna, insofferente degli schemi e immobilizzato nel rigido formalismo dei tempi e dotato di un’intelligenza dissacrante e caustica.

Il gioco dei non-sensi, del non-impegno, del non-dolore : una vaccinazione preventiva per il futuro di una bambina che ama profondamente.

Alice entra nel Paese delle Meraviglie come una bimba puntigliosa, desiderosa di fare tutto presto e bene, e ne esce adulta, più matura e meno « conformista ». le carte del gioco della « Regina pazza » si mescolano e si dissolvono in un gran girotondo.

 

« Così è il mondo »,

 

sentenzia Carroll,

 

« non vale la pena di soffrirne più di tanto ! »

 

Ma delle sue parole quanto comprenderanno i piccoli allievi, i padri occupatissimi nei commerci del nascente Impero britannico ?

E, invece, « Alice nel Paese delle Meraviglie » fu un successo strepitoso, una liberazione per i piccoli inglesi, abituati al racconto « preoccupato », al moralismo vittoriano, a tutte quelle trappole, destinate a fare di loro dei cittadini esemplari.

 

 

Perrault, Grimm, Andersen e Carroll non furono che anticonformisti incalliti, i quali, non contenti del loro Mondo, cercarono di modificarlo, educando le uniche masse capaci di rivoluzionare il futuro : i Bambini. E i Bambini di tutte le età non hanno fatto che seguire, occhi spalancati e naso all’insù, il loro messaggio, sedotti dalla melodia di questi « Pifferai Magici ».

 

Copyright © 2008 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 17, 2008 18:49 | Permalink | commenti
categoria:politica, vita, storia, fiaba
sabato, 16 febbraio 2008

 اسير

 

 

ترا می خواهم و دانم كه هرگز

به كام دل در آغوشت نگيرم

توئی آن آسمان صاف و روشن

من اين كنج قفس، مرغی اسيرم

 

ز پشت ميله های سرد و تيره

نگاه حسرتم حيران برويت

در اين فكرم كه دستی پيش آيد

و من ناگه گشايم پر بسويت

 

در اين فكرم كه در يك لحظه غفلت

از اين زندان خامش پر بگيرم

به چشم مرد زندانبان بخندم

كنارت زندگی از سر بگيرم

 

در اين فكرم من و دانم كه هرگز

مرا يارای رفتن زين قفس نيست

اگر هم مرد زندانبان بخواهد

دگر از بهر پروازم نفس نيست

 

ز پشت ميله ها، هر صبح روشن

نگاه كودكی خندد برويم

چو من سر می كنم آواز شادی

لبش با بوسه می آيد بسويم

 

اگر ای آسمان خواهم كه يكروز

از اين زندان خامش پر بگيرم

به چشم كودك گريان چه گويم

ز من بگذر، كه من مرغی اسيرم

 

من آن شمعم كه با سوز دل خويش

فروزان می كنم ويرانه ای را

اگر خواهم كه خاموشی گزينم

پريشان می كنم كاشانه ای را

 

 

 

Prigioniera

 

 

Ti desidero, ma so che mai

Ti terrò tra le mie braccia, come anela il mio cuore.

Tu sei quel cielo limpido e luminoso,

Io, in questo angolo della gabbia, sono un uccello in cattività.

 

Da dietro le sbarre fredde e buie,

Lo sguardo triste, stupito, volto a te,

Penso che una mano verrà

E, improvvisamente, aprirò le mie ali verso di te.

 

Penso che, in un momento di disattenzione,

Da questa muta prigione spiccherò il volo,

Aggirerò lo sguardo del mio carceriere

E ricomincerò la vita accanto a te.

 

Penso, ma so che mai

Avrò la forza di lasciare questa gabbia;

Seppure il mio carceriere non si opponesse,

Non vi sarebbe più animo di partire.

 

Da dietro le sbarre, ogni radioso mattino,

Gli occhi di un bambino mi sorridono;

Quando intono una canzone gaia,

Le sue labbra per un bacio cercano me.

 

O cielo, se, un giorno, volessi

Da questa muta gabbia spiccare il volo,

Che direi agli occhi in lacrime del bambino:

Perdonami, io sono un uccello in cattività.

 

Io sono quella candela che, con il dolore del proprio cuore,

Illumina una rovina;

Se decidessi di spegnerla,

Distruggerei un nido.

 

 

Forugh Farrokhzad

Traduzione dal persiano di ADZ

 

Copyright © 17 giugno 2007 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 16, 2008 11:30 | Permalink | commenti (1)
categoria:poesia, amore, iran, donna, daniela zini
sabato, 16 febbraio 2008

Come mi sono innamorata dell’Iran ?

Ebbene, credo che all’origine di questo Amore vi sia una zia fantastica e molto fantasiosa, che, inconsapevolmente, ne gettò il germe nel mio cuore di bambina, quando, per l’ottavo compleanno, mi fece dono di un’edizione integrale delle Mille e Una Notte.

Quel giorno, nella mia camera, accarezzai, a lungo, stretti al mio cuore, quei quattro volumi, che mi attraevano più di ogni altro libro sullo scaffale di legno lungo il muro alla mia sinistra: La Maschera di ferro, I Tre Moschettieri, La Collana della Regina, Venti anni dopo, Il Tulipano Nero, I Miserabili…

Tutti i giorni, per due mesi, assetata di conoscenza di quel magico Regno, trascorsi interminabili ore a abbeverarmi di Shahrazad e del Suo Sultano.

Coup de foudre !

Chi non conosce Shahrazad che da secoli non ha cessato di nutrire l’immaginario collettivo ?

E come dissociare la figura di Shahrazad da quella di Shahriar ?

D’origine indo-persiana, le « Hezar Afsanè » o « Alf Layla Wa Layla », assimilate dalla cultura araba e rivelate all’Occidente, nel 1705, grazie alla traduzione di Antoine Galland, suscitando un gusto per l’orientalismo in tutta Europa, sono annoverate tra i testi più universalmente diffusi.

Il Re Shahriar scopre l’infedeltà di sua moglie e fa uccidere la sposa.

Ma di più…

Ogni notte giace con una vergine e l’indomani la fa uccidere, tanto è l’odio che nutre per le donne.

Il Regno vive nel terrore, ognuno teme che la sorella, la figlia, la moglie si veda obbligata a dividere il talamo del Re e morire.

Nessuno osa opporsi a questo Re assassino.

Nessuno, tranne una giovane temeraria: Shahrazad. Questa giovane era conosciuta non per la bellezza né per la sua sensualità, come si induce a credere, ma per la sua intelligenza, il suo sapere letterario, filosofico e scientifico. Shahrazad, lungi dall’essere una cortigiana, è, innanzi tutto, un’intellettuale.

Shahrazad, che auspica che la carneficina cessi, idea un piano che, spera, salvi le donne del Regno.

Si offre in sacrificio convincendo suo padre a lasciarle sposare il Re.

Suo padre non ha altra scelta che lasciar fare.

Shahrazad confida nella sua conoscenza di un enorme tesoro di narrativa popolare. Ottenuto, quindi, il permesso di allietare le veglie con i suoi racconti, iniziandone sempre di nuovi e opportunamente interrompendoli, tiene desta la curiosità del Re che così rinvia la sua condanna finché nell’animo di lui all’odio subentra l’Amore.

Due sono le qualità della giovane: il coraggio con cui, mossa da pietà, affronta il pericolo di essere anche lei sacrificata e l’intelligenza che le ha consentito di apprendere un numero straordinario di storie e le permette di riferirle con garbo e abilità.

Shahrazad è la donna nella quale gli innamorati vedono aspetti diversi secondo il proprio modo di sentire l’Amore e concepire la Vita

È la donna, al cui contatto, i caratteri si precisano, le passioni si sviluppano sino a raggiungere l’esaltazione.

È la donna intelligente che afferra il senso delle elucubrazioni del marito, è la donna sensibile che si compiace dell’Amore suscitato dalla sua personalità e lo incoraggia, ma, al tempo stesso, è una sensuale che non rinuncia all’Amore puramente fisico.

 

Possiedo radici vaghe e culture multiple perché da quando sono nata mi hanno spostata o mi sono spostata da un luogo all’altro.

Da piccola ne ho sofferto.

Oggi ne sono felice, perché le radici forti alimentano una gabbia di soffocanti predestinazioni.

L’educazione cattolica delle scuole private mi aveva reso una bambina cupa, profondamente infelice, che non mi somigliava. Tutte le cose che mi rendevano viva erano peccato, veniale o mortale: leggere libri messi all’indice, fare scorribande con i miei amici sino a tarda sera.

Mi liberai dalla religione cattolica.

La scoperta di altre culture, altri racconti di storia, altre divinità trasformò il mio sguardo sul mondo da assoluto a relativo. Non eravamo la Verità, noi europei, noi cristiani, noi cultura greco-romana. Eravamo una minoranza nel mondo. Se il potere era solo nostro, era un potere d’élite, privo di democrazia. Se il Regno dei Cieli era solo cattolico, era un Regno disumano, nel senso che escludeva la maggioranza degli uomini, delle donne e dei bambini del pianeta. La scoperta della relatività della verità, della relatività della storia, della relatività dello stesso concetto di religione o cultura o nazione è stata per me la via maestra verso la libertà. Scoprivo che libertà era innamorarsi senza rimorso delle piccole verità che ogni cultura contiene e che qualsiasi relazione può contenere.

 

Vi sono particolari momenti, misteriosamente privilegiati, in cui taluni Paesi ci rivelano, con un’intuizione subitanea la loro anima, in qualche modo la loro essenza precipua, in cui ne cogliamo una visione esatta, unica, che mesi e mesi di studio paziente non potrebbero rendere più completa né diversa. Tuttavia in questi momenti furtivi ci sfuggono per forza di dettagli, vediamo solo l’insieme delle cose…

Particolare stato d’animo o aspetto speciale dei luoghi, colto al volo e sempre in modo inconscio ?

Non lo so…

Designata dal Fato – il mio padrino mi aveva, profeticamente, dato il diminutivo di Firouzeh – nondimeno, ero cresciuta ignara del mio destino, sino al giorno in cui la mia vocazione mi fu rivelata. 

La piccola scintilla, accesa, si era nutrita, in segreto, di sogni e fantasticherie per divenire patto sacro e, trasformarsi, poi, in fiamma tanto viva da illuminare il mio percorso nei meandri di quel Mondo Incantato, e farmi approdare sulle sue coste, il 2 maggio 2003.

Tuffata nelle dorate e cavalcanti dinastie dei Medi, Achemenidi, Parti, Sassanidi, Safavidi, Abbasidi, Qajar, su su fino ai Pahlavi, riemergevo senza fiato al richiamo dell’armonioso Hafez e deviavo subito verso le quartine del passionale Omar Khayyam. Un mondo sconosciuto calava il suo ponte mobile nel mio cuore, eroico come quello romano dentro la pagina agiografica degli storici, eppure carnale dentro il ritmo di una lingua enfatica che cantava con Saadi i sapori rubati a una terra eternamente assetata di acqua e di sacro.

Il mio viaggio aveva uno scopo, ne ero come posseduta, ma l’ignoravo completamente.

La mia solitudine non mi faceva paura.

Una luce, come un raggio di sole veniva a illuminare la rotta davanti a me.

Dopo la morte di R, i miei amici si erano mostrati molto interessati alla mia Vita con lui, mi ascoltavano per ore e mi ponevano mille domande sull’Iran e sulla Rivoluzione Islamica.

Mi rivelarono a me stessa.

Provavo un piacere immenso a parlare davanti a un uditorio così attento e, ben presto, cominciai a vedere la mia Vita sotto una nuova luce.

I suoi accadimenti mi apparivano come gli anelli di una catena.

Sarebbe stato un peccato non lasciare un resoconto degli avvenimenti e delle avventure di cui ero stata testimone.

La mia immaginazione si impadronì avidamente di questa idea.

 

Incoraggiata dagli stessi amici, mi misi a scrivere.

Mi sentii forzata, nulla poteva impedirmelo.

Immagini a lungo dimenticate si levarono da un passato imprecisato, immagini dettagliate, colorate di sfumature vive.

Suoni, odori, sapori ritornarono.

La punta delle mie dita toccava oggetti familiari.

Rivivevo antiche emozioni e me ne sentivo addolorata.

A volte sorridevo con me stessa, a volte le lacrime rigavano le mie gote.

Lavoravo alacremente, con passione.

Questa forma di contentezza mi era stata sino allora  sconosciuta, le ore volavano.

Scrivevo e quando un passaggio era terminato lo leggevo ai miei amici.

Non ho mai pensato a un pubblico né all’eventualità di una sua pubblicazione.

Quello che facevo, lo facevo per me.

Il mio libro avanzava a poco a poco, secondo l’ispirazione del momento.

 

Viaggiando, per anni, in lungo e in largo per l’Iran e assimilandone, senza mai lasciare la mia terra d’origine, la lingua, i miti, i riti e i cibi, mi sono chiesta se esistano davvero una cultura occidentale e una cultura orientale o piuttosto, provenendo entrambe dallo stesso magma iniziale, che ha dato Vita alle varie etnie e alle varie classi sociali all’interno delle singole etnie, chiamiamo cultura l’insieme di elementi specifici che il potere di turno ha fatto emergere dal magma, ha valorizzato secondo canoni precostituiti, ha rafforzato attraverso le leggi e ha tramandato nell’educazione attraverso una deliberata manipolazione dei documenti storici, letterari, filosofici e religiosi.

Non è necessario uscire dai confini del proprio Paese per scoprire un’altra visione del mondo.

Si può rivelare uno straniero il proprio padre, il proprio fratello, il proprio marito, il proprio figlio.

Alla fine di questo viaggio una certezza ha trovato dimora dentro di me.

La scelta primaria di ogni essere umano, che va al di là del proprio sesso, della propria etnia, della propria lingua, della propria cultura, della propria religione e della propria classe sociale, è :

 

« Da quale parte stare ? » 

 

Dalla parte dei potenti o degli oppressi ?

Dalla parte dei colonialisti o dei colonizzati ?

Dalla parte di chi scrive la storia, il vincitore di turno, o dalla parte di chi non ha voce pur avendo fatto ugualmente la storia ?

A quali popolazioni e a quali classi sociali si riferiscono i nostri Governi occidentali quando parlano dei Popoli orientali e dei loro bisogni ?

Le vere rivoluzioni, quelle che non si limitano a cambiare la forma politica e  gli uomini di Governo, ma che trasformano le istituzioni e danno luogo ai grandi trasferimenti della proprietà, lavorano a lungo sotterranee prima di scoppiare alla luce del giorno sotto l’impulso di qualche circostanza fortuita. La Rivoluzione Islamica, che colse alla sprovvista con il suo impeto irresistibile le sue vittime, non meno degli stessi autori e beneficiari, ebbe una lenta preparazione per più di un secolo. Nacque dalla concordanza, che tendeva a farsi di giorno in giorno più profonda, tra la realtà delle cose e le leggi, tra le istituzioni e i costumi, tre la lettera e lo spirito.

 

Vi sono Paesi che muoiono giovani e si arrestano giovani : tutto ciò che segue al loro periodo di vigore riguarda la sopravvivenza e la resurrezione.

L’Iran non si è mai ripreso dalle estenuanti fatiche delle sue avventure imperiali.

E, solo ora, iniziamo a capire ciò che in questo Paese commuove e, a volte, sconvolge: in contatto diretto con la realtà, il peso bruto dell’oggetto, l’emozione o la sensazione forte e semplice, antica e sempre nuova, dura o dolce come la scorza o come la polpa di un frutto.

Questa Terra così celebrata è meravigliosamente immune da artifici letterari ; lo stesso preziosismo di certi suoi Poeti non la tocca. Questa Terra da cui sono scaturiti tanti capolavori non viene sentita come l’Italia, subito Patria privilegiata delle Arti, ma vi pulsa la Vita come il sangue in un’arteria. Poche regioni sono state più devastate dal favore delle guerre di religione, di razze e di classi; sopportiamo il ricordo di tanti furori in espiabili solo perché qui ci appaiono più nudi, più spontanei e meno ipocriti che altrove, quasi innocenti nel confessare il piacere che prova l’Uomo a fare del male all’Uomo.

Non vi è Paese più dominato da una religione possente che favorisce il più delle volte la bigotteria e l’intolleranza, ma non vi è neppure paese ove si senta di più, sotto il broccato delle devozioni o sotto la pietra dei dogmi, sorgere il fervore umano.

Non vi è Paese più legato, ma anche nessuno più libero, da questa rudimentale e suprema libertà fatta di privazione, di povertà, di indifferenza, del gusto di vivere e del disprezzo di morire.

 

Non credevo certo che avrei potuto dire come Chateaubriand :

 

« Mes livres ne sont pas des livres, mais des feuilles détachées et tombées presque au hasard sur la route de ma vie. »

 

Copyright © 2008 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.  

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 16, 2008 10:23 | Permalink | commenti (1)
categoria:poesia, politica, amore, vita, letteratura, religione, storia, iran, morte, daniela zini
venerdì, 15 febbraio 2008
Moi

Moi

 

 

J’ai du naître plus loin, dans un passé plus vieux,

Sur les eaux écumeuses et blanches,

Quand l’Univers était un volcan en fusion,

A l’aube incertaine d’un jour

Tout ruisselant de flamme, cendre et lapilli.

 

Telle une rivière printanière en crue,

Ma vie a répandu des fleurs et des parfums.

De moi je laisse, dans les remous des vers,

La chaleur des larmes qui les a vu fleurir,

La marque d’une lame insinuante et dure.

 

Mes vers,

Soyez des fleuves !

Allez-en vous élargissant !

Qu’on sache combien j’ai aimé !

Je ne souhaite pas d’éternité plus douce.

 

 

ADZ

 

Copyright © 2007 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 15, 2008 22:28 | Permalink | commenti
categoria:poesia, amore, daniela zini
venerdì, 15 febbraio 2008

Mes Rêves

 

 

Qu’est devenu mon cœur désemparé?

Un vaisseau déserté

Sur des mers inconnues.

Que reste-t-il de lui dans la tempête ?

Un trésor sombré

Dans les abîmes du rêve.

 

Moi, qui ne veux pas

Voir mes rêves épiés,

Je garde en moi-même des secrets

Splendides ou terribles,

Tels des eaux sans fond

Que les filets n’atteignent pas.

 

Je ferme les yeux.

Un pressentiment de mort

N’éveille aucun regret dans mon cœur.

Une autre vie s’érige déjà derrière moi,

Telle une muraille qui empêche de regarder au delà.

Que tout cela est loin !

 

Serai-je meilleure ou pire au moment où

Je me connaîtrai jusqu’au fond ?

Moi, je serai libre,

Dans mon secret,

D’écrire comme je pense

Et comme je vis.

 

 

ADZ

Finalista al Premio Internazionale di Poesia Marguerite Yourcenar 2007

 

Copyright © 2007 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi. 

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 15, 2008 17:15 | Permalink | commenti
categoria:poesia, amore, daniela zini
venerdì, 15 febbraio 2008

Dopo di Te

 

 

Per sempre, ormai, credevo

Il mio cuore in pace.

Sognavo nel miraggio di un amore

Casto, solitario e vero.

Tutto era vuoto, offuscato, muto,

Crollato, distrutto, abbandonato.

Tutto era degli altri e di nessuno,

Finché il Tuo sole irruppe

Nel cielo grigio di gennaio,

Inondò la mia anima

E riempì l’inverno di regali.

E fui di nuovo io.

 

 

ADZ

Finalista al Premio Internazionale di Poesia Città di Monza 2007

 

Copyright © 2007 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 15, 2008 16:40 | Permalink | commenti
categoria:poesia, amore, daniela zini
venerdì, 15 febbraio 2008

Chi è una spia ?

Non è facile formulare una risposta, tanto la definizione di spia è complessa e basta da sola a evocare un mondo di intrighi e cospirazioni.

Troviamo spie nella Bibbia, nell’Antichità classica, nella Letteratura fino ai nostri giorni, quando James Bond sembra rappresentare la quintessenza dell’agente segreto, con il suo inseparabile bagaglio di dispositivi elettronici e di congegni incredibili, pronti a prevenire e a neutralizzare ogni mossa dell’avversario.

Bond ha vetture a prova di bomba che sparano razzi, che versano olio sulle strade per far capottare le macchine degli inseguitori, valigette che si aprono diffondendo gas tossici o che nascondono pugnali, e è provvisto addirittura di Racket Belt, vale a dire del dispositivo individuale per sollevamento e propulsione a razzo, grazie al quale può innalzarsi vertiginosamente da terra sfuggendo all’agguato. Tuttavia gli agenti segreti, quelli che ogni giorno lavorano nei servizi d’informazione, non sono come Bond.

Lo aveva riconosciuto anche Allen Dulles, l’ex-Direttore della CIA, la Central Intelligence Agency, l’organizzazione spionistica degli Stati Uniti:

 

« Gli eroi dello spionaggio che si incontrano nei romanzi esistono raramente nella vita reale, sia al di qua, sia al di là della Cortina di Ferro. Non capita mai, almeno in tempo di pace, che il funzionario del servizio segreto venga spedito, camuffato o in incognito, in territorio ostile con missioni pericolose o avventurose. »

 

E Dulles, il quale era un appassionato lettore delle avventure di 007, aveva aggiunto:

 

« Non vi sono molti punti in comune tra le imprese dell’eroe di Ian Fleming, James Bond, e il comportamento cauto e sfuggente della spia sovietica colonnello Rudolf Abel, in missione segreta negli Stati Uniti. Il funzionario del servizio segreto, a differenza dell’agente, di solito non porta addosso armi o macchine fotografiche, né messaggi cifrati custoditi nella fodera dei pantaloni, né qualsiasi altra cosa che lo tradirebbe se cadesse in agguato. »

 

La realtà è, dunque, meno spettacolare della fantasia, è ovvio, ma non per questo è meno pericolosa, meno ricca di emozioni.

È il caso di rilevare che si parla di una spia, soltanto, quando è stata smascherata.

Disse il Presidente John F. Kennedy, il 28 novembre 1961, inaugurando la nuova sede della CIA, che « i suoi successi rimangono nell’ombra, mentre i suoi insuccessi sono di pubblico dominio  ».

Sono alcune migliaia di uomini che si controllano a vicenda, che spendono somme enormi che non figurano nel bilancio dello Stato e che vengono occultate sotto le voci più disparate, uomini, che, nei panni di tecnici o elettricisti, lavorano due o tre giorni di seguito per impiantare un microfono o, in ogni caso, un centro di ascolto. È rimasta memorabile, in proposito la seduta del Consiglio di Sicurezza delle Nazioni Unite del maggio 1960, quando l’Ambasciatore americano all’ONU, Henry Cabot Lodge, mostrò un microfono rinvenuto all’interno del gran sigillo degli Stati Uniti, appartenente all’Ambasciata americana di Mosca.

 

 

 

 

L’affare Alfred Dreyfus

Al nome di Alfred Dreyfus è legato il caso che appassionò l’opinione pubblica, e non solo quella francese, tra la fine del secolo scorso e i primi del Novecento. Non mi dilungherò molto sulla vicenda poiché, a mio avviso, lo spionaggio entrò nell’intricata storia di Dreyfus solo come un elemento di sfondo, come avvio a un caso sensazionale, umano, sociale e politico, non come parte determinante. L’accusa di spionaggio mise in moto una valanga che ebbe, poi, ripercussioni enormi. Fu un autentico scandalo che cadde sulla classe dirigente politica della Francia di allora come una macchia.

Il capitano Dreyfus fu accusato di aver passato ai tedeschi documenti militari segreti e, nel 1894, i giudici francesi lo condannarono per tale gravissimo reato alla degradazione e alla deportazione nell’inferno della Guyana. L’imputato era ebreo e tutta la campagna condotta contro di lui assunse a un dato momento il tono di una crociata antiebraica. In favore di Dreyfus si schierarono giornali, politici, scrittori, studiosi. Il principale accusatore del capitano, il maggiore Ferdinand Walsin-Esterházy, per quanto convincente, non aveva potuto dimostrare pienamente la colpevolezza dell’imputato.

Dreyfus era già caduto nell’infamia, bollato come spia, indicato come essere indegno, quando in circostanze romanzesche venne smascherato il vero colpevole: Walsin-Esterházy. Dreyfus fu riconosciuto innocente solo nel 1906.

Ho citato l’affare Dreyfus non come caso di spionaggio, poiché, come ho già detto, solo l’accusa mossa contro di lui aveva un addentellato con il mondo delle spie, ma perché quella fu la prima volta in cui si parlò apertamente, a gran voce, di segreti militari. Lo spionaggio cessò di essere una vicenda clandestina, imbastita di stratagemmi e di frasi appena bisbigliate, per trasformarsi  in un fatto politico di cui tutti parlavano al caffé e per le strade, senza timore. Il velo che proteggeva da sempre il mondo delle spie e dei servizi segreti, si era squarciato nel nome di Dreyfus.

Fu un mutamento non indifferente, una svolta nella storia.

 

 

 

 

Quando si spense, tra conversazioni fatue e gorgoglii di champagne, quella che molti definirono la Bele Epoque, ma, forse, già prima, mentre Parigi conquistava il titolo di « Ville Lumière », molti intuirono che, di là a poco, la vecchia Europa sarebbe precipitata in un conflitto. Fu in previsione di ciò, tra bacimano, cappelli a cilindro, merletti e esposizioni internazionali, che i vari Governi provvidero a organizzare meglio i rispettivi « servizi di informazione », un giro di parole per non dire brutalmente e semplicemente « spionaggio ».

La Germania, divenuta una potenza industriale, pensava a invadere nuovi mercati. L’Inghilterra era ovviamente interessata a mantenere la propria supremazia sui mari. La Francia teneva d’occhio l’Alsazia- Lorena come immediato obiettivo. L’Italia parlava di « liberare » Trento e Trieste e la Romania non nascondeva il proprio desiderio di annettere a sé la Transilvania oppressa dagli Ungheresi. Nella carta geografica di allora vi erano, insomma, tutti i requisiti per una guerra che, già, si avvertiva nell’aria.

 

 

 

 

Le origini del servizio segreto di Sua Maestà Britannica risalgono al Cardinale Wolsey, a personaggi come Walsingham e a Thurloe. Nel corso degli anni, gli inglesi utilizzarono anche alcuni personaggi di rilievo, alle volte presi in prestito dalla Letteratura. Tra le spie troviamo, infatti, Rudyard Kipling, Baden-Powell, il fondatore dei boy-scouts, lo scrittore Somerset Maugham e Compton Mackenzie. A capo di questo servizio fu, per lungo tempo, il vice-ammirosaglio Sir Hugh Sinclair, comunemente indicato con la semplice « C », così come più tardi Ian Fleming doveva usare la lettera « M » per il superiore diretto di James Bond.

 

 

 

Mademoiselle Docteur

Avete mai visto un film dell'epoca in cui il cinema era ancora muto ?

Il colore è per lo più sul grigio seppia, con fotogrammi che scattano uno dopo l'altro sotto l'occhio dello spettatore. I personaggi, per la tecnica cinematografica di allora, si muovono saltellando come se avessero tutti una fretta del diavolo. All'inizio del Novecento, mentre a Parigi si vive la cosiddetta Belle Epoque, i protagonisti della grande lotta spionistica ci appaiono così. Il colonnello che trafuga i segreti dello Stato Maggiore e poi si toglie la vita, la danzatrice che vende notizie al nemico, l'avventuriera che per tradire passa nottetempo il confine. Ma tutti hanno qualcosa di caricaturale nei gesti e soprattutto nella personalità.

Appartiene a questo mondo  Elsbeth Schragmuller, ovvero Anne Marie Lessing, oppure Lesser o, ancora Mademoiselle Docteur, conosciuta anche come Fräulein Doktor, la più abile tra le spie che la Germania abbia avuto al suo servizio prima e durante la guerra. Era nata a Westfalia, a quanto pare, anche se molti la definivano norvegese. Persino  sul suo aspetto i pareri sono discordi. Alcuni ce la descrivono bellissima, bionda, altri ce la dipingono miope, piuttosto bruttina. Vissuta in Olanda con i genitori sino ai diciotto anni, si laurea, nel 1913, all'Università di Friburgo in Scienze Politiche e Economiche e piomba nello spionaggio dopo amare esperienze di una vita turbinosa: un amore sfortunato, gravosi debiti da pagare, l'esasperata sete di avventura. Era il 1914, e il mondo scivolava verso la Prima Guerra Mondiale. Nel marzo, a Venezia, si erano incontrati Vittorio Emanuele III e il Kaiser. Quando, il 28 giugno, arrivò la notizia dell'attentato a Sarajevo, era domenica. Faceva un caldo insopportabile: 30 gradi a Firenze e 34 a Milano.

Alcuni romanzi e, più tardi, anche il cinema, contribuirono a creare intorno a Fräulein Doktor un alone leggendario, attribuendole imprese incredibili, alcune delle quali assolutamente inventate.

 

 

 

 

Mata Hari

Quanti ritengono che le donne siano, in genere, pessime spie, citano, a conforto della loro tesi, l'esempio di Mata Hari. Personaggio da romanzo come e più di Fräulein Doktor, è la dimostrazione di come tutta una tecnica spionistica possa crollare in pezzi per una confidenza inopportuna, per una fiducia mal riposta. Mata Hari entra nella storia dello spionaggio più che per la sua attività, non determinante agli effetti risolutivi della guerra, più che per la sua tragica fine, soprattutto per questo imperdonabile errore. Tutte le spie cadono a causa di un errore, proprio come gli assassini più famosi, il loro castello si ingigantisce a dismisura, poi scricchiola, si incrina e, infine, crolla per un granellino di sabbia infiltratosi alla base. Avvenne così anche al colonnello Abel, definito la super-spia al servizio dei sovietici, e ciò valga, almeno, come attenuante nel formulare un giudizio su Mata Hari.

Mata Hari, nasce, il 7 agosto 1876 , a Leeuwarden. La Frisia ha sempre avuto due anime: quella olandese e quella tedesca. Mata Hari aveva sangue frisone, metà tedesco, metà olandese.  Si chiamava Margaretha Geertrude Zelle.

Cosa non può fare il portiere di un grande albergo?

A volte è un personaggio che ha conoscenze quanto un Ministro.

Il Grand Hôtel di Parigi era una passerella di uomini d’affari, politici, finanzieri e una sera accadde quell’imprevisto che spesso cambia radicalmente la vita di una persona.

Monsieur Molier aveva organizzato una festa in rue de Benouville. Una festa tra amici e, tra gli amici, non avrebbe potuto certo mancare Margaretha Geertrude Zelle. L’eco della sua esibizione in casa di Monsieur Molier rimbalzò negli ambienti che contavano di mezza Parigi e la casella al Grand Hôtel intestata a Margaretha Geertrude Zelle si riempì di lettere di ammiratori e soprattutto di inviti.

Nei salotti raccontava sfacciatamente di essere nata a Giava e di essere stata a lungo « sposata con un colonnello olandese, Sir George Mac Leod, morto laggiù durante uno scontro con i guerriglieri indigeni. »

Spacciarsi nativa di Giava rendeva più plausibile e affascinante il suo repertorio. Non seppellire del tutto il cognome Mac Leod – importava poco se poi il marito si fosse chiamato Rudolph e non George, fosse stato maggiore e non colonnello, fosse ancora vivo e non morto – voleva dire prepararsi all’eventualità che qualche ficcanaso andasse a curiosare nel suo passato. Anzi, per confondere i ficcanaso, nulla di meglio che darsi il maggior numero possibile di nomi d’arte. Invitata in casa di Monsieur Lalique e di Madame Kiréevsky, si esibisce come Lady Gresha Mac Leod. Alla festa organizzata da Madame Kiréevsky sono presenti mecenati dell’arte e della cultura parigina e tra questi, Emile Guimet. Nativo di Lione, di professione chimico e industriale si era arricchito producendo una polvere « blu oltremare artificiale », che vendeva perfino in Giappone, in Cina e in India. Musicista, scrittore e collezionista di cose orientali, nel 1879, aveva fondato, a Lione, addirittura un Museo che, nel 1885, aveva trasferito a Parigi. Emile Guimet, quella sera, era insieme al direttore del Museo, Monsieur de Milloué. Entrambi si fanno promotori di far debuttare la ballerina in piazza Jena, proprio al Musée Guimet. Non più esibizioni nei salotti per pochi invitati, ma una prestazione davanti alla Parigi ufficiale. Il 13 marzo 1905, esordisce con il nome di Mata Hari. Le critiche dei giornali non hanno aggettivi sufficienti per parlare di lei in tono laudativo, i teatri parigini se la contendono. 

Il 1905 era iniziato per l’Europa tra grandi avvenimenti, scandali, ricorrenze storiche, conferme e esordi di personaggi alla ribalta di manifestazioni di vario genere. Il fisico tedesco Albert Einstein stava per pubblicare, sugli « Annalen der Physik », una memoria dal titolo « Zur Elektrodynamik bewegter Korper » che avrebbe sconvolto le concezioni della fisica classica. I politici si appassionavano all’« Affare Dreyfus ». Il caso era nato nel 1894, quando nel cestino della carta straccia dell’Addetto Militare tedesco a Parigi, certo Schwartzoppen, era stata trovata la minuta di una lettera non firmata, che annunciava l’invio di informazioni segrete relative all’artiglieria francese. Era stato accusato un ufficiale ebreo dello Stato Maggiore, il capitano Dreyfus il quale, degradato e condannato all’ergastolo, era stato trasferito all’isola del Diavolo. Il fratello, Mathieu Dreyfus, aveva continuato a Parigi una massiccia campagna in suo favore, trovando appoggio nello stesso capo del servizio di controspionaggio, il maggiore Piquart, il quale riteneva colpevole un ufficiale di origine ungherese, il maggiore Esterhazy. Piquart era stato rimosso dal suo incarico e spedito in Tunisia, mentre il maggiore Esterhazy, denunciato da Mathieu Dreyfus, era stato assolto dal Consiglio di Guerra.

Emile Zola, che aveva scritto una lettera aperta al Presidente della Repubblica francese, Félix Favre, nella quale accusava lo Stato Maggiore, era stato condannato a un anno di carcere.

 Graziato dal nuovo Presidente della Repubblica, Loubet, Dreyfus fu riammesso nell’esercito, promosso e decorato con la Legion d’Onore, nel 1906, mentre Piquart fu reintegrato con il grado di generale.

Il dossier sul caso Dreyfus fu distrutto dal controspionaggio francese, nel 1914, proprio nel periodo in cui Mata Hari iniziava a essere in odore di spia, ma, nel 1930, lo stesso Schwartzoppen, l’ex-Addetto Militare tedesco a Parigi, dette alle stampe i suoi « Carnets ».

Determinante l’incontro con il Marchese di Montessac, un individuo sul conto del quale la polizia ha messo insieme un imponente fascicolo. Elegante, sfaccendato, ora a Parigi, ora a Montecarlo, sempre circondato dal bel mondo, il Marchese, stanco di derubare i propri ospiti e di svaligiare gli alberghi, accetta la proposta, pare a Losanna, di fornire notizie allo spionaggio tedesco. Dopo un breve periodo di istruzione viene nominato ufficiale osservatore. Scrivendo le sue memorie, Netley Lucas, un personaggio della malavita francese di allora, riferisce che Montessac « si limitava a cercare le notizie che potevano essere utili alla Germania ». I contatti tra il Marchese e Mata Hari si svolgono con discrezione. I due evitano nel modo più assoluto di farsi vedere insieme, tuttavia si parlano, si scambiano notizie, impressioni. 

Un primo addestramento si svolge a Berlino e, successivamente, in Svizzera, rifugio di spie internazionali. Porta un passaporto regolare, intestato a Margaretha Geertrude Zelle, nata a Leeuwarden, residente a Berlino, di religione protestante, alta 1,77, occhi marroni e capelli biondi. Ma il vero addestramento avviene a Anversa, la città belga situata in fondo all'estuario della Schelda, sede della più importante scuola di spionaggio allestita dai tedeschi fuori dei confini della Germania. La scuola era diretta dall'ex-amante di Kar von Wynansky, l'ex-ufficiale prussiano, agente segreto del famigerato « Nachrichten Bureau », morto nella primavera del 1913, al rientro di una missione in Francia. La donna, la cui sigla era I-4GW, era la notissima « Mademoiselle Docteur ». Fredda e spietata, era ritenuta intelligentissima. 

L'incontro tra Mata Hari e Fräulein Doktor non è dei più piacevoli: la beniamina del capo dei servizi segreti, per principio non amava le donne troppo belle che aspiravano a diventare spie. Alla scuola di Fräulein Doktor i regolamenti sono severissimi: allievi e allieve perdono la loro identità e assumono un numero di codice. Mata Hari diviene H21. Vengono segregati per tre settimane in stanze singole, dotate di bagno, dove sono serviti i pasti e, durante le lezioni, indossano una maschera in modo da non riconscersi tra loro. 

È l'Intelligence Service a nutrire i primi sospetti su Mata Hari.

Arrestata, il 14 febbraio 1917, a Parigi, viene processata a porte chiuse, il 24 e il 25 luglio, davanti al Tribunale di Guerra. Il 15 ottobre, respinta la domanda di grazia, viene portata davanti al plotone di esecuzione.

È l’anno in cui Lenin promette alle masse proletarie un avvenire nuovo, rivoluzionario, e è anche l’anno in cui Wilson, si illude, con i suoi « quattordici punti », di raggiungere una pace destinata a durare per sempre. Mentre la Russia esplode con violenza imprevedibile, mentre Wilson varca l’oceano per l’Europa, primo tra i Presidenti degli Stati Uniti, ecco che la storia cessa improvvisamente di essere europea e diviene mondiale.

Mata Hari cade colpita a fucilate sui confine del vecchio mondo. Dopo di lei, anche lo spionaggio assume una dimensione più vasta, da Continente a Continente, non più, semplicemente, da Paese a Paese.

Hanna Witting, che aveva fornito un contributo determinante a smascherare la spia, sposa il Conte di Chilly e diviene, dopo la guerra, un’acclamata star del cinema con il nome di Claude France. Non riesce, tuttavia, a liberarsi dall’incubo di aver spinto Mata Hari davanti a un plotone di esecuzione. Hanna si toglie la vita, nel 1928, nella sua bella casa di rue de Faisanderie. Con la tragica scomparsa di questa donna, tutta la vicenda legata al nome di Mata Hari ha veramente fine. 

 

 

 

 

Se alla vigilia della Prima Guerra Mondiale, Pietroburgo, Vienna, Berlino, Londra e Parigi erano le capitali dello spionaggio, le cose mutarono dopo il conflitto e si ebbe un periodo abbastanza confuso durante il quale coloro che avevano perso la guerra e coloro che l’avevano vinta cercarono di riorganizzare i propri servizi d’informazione su basi più moderne e razionali. A grandi linee, le città che abbiamo menzionate restavano ancora sedi valide alla vigilia della Seconda Guerra Mondiale, ma già nei giorni di Monaco e subito dopo, mentre Hitler si preparava a invadere la Polonia, gli agenti segreti avevano scoperto quali erano i nuovi centri di ascolto da cui captare le « voci » dei Paesi prossimi a scendere in guerra.

La Svizzera pullulava di spie, la Spagna non era da meno, mentre il meglio degli agenti segreti si andava concentrando sul Bosforo, a ridosso della neutrale Turchia o nelle immediate vicinanze. Sarà da qui, da questo scenario senza dubbio suggestivo, che Cicero opererà creando confusione negli altri comandi di Berlino.

 

 

 

 

Riuniti a Parigi nei saloni del Palazzo Reale di Versailles, i Grandi del 1918 non seppero costruire le basi per una pace duratura. La Prima Guerra Mondiale aveva lasciato l’Europa esausta. La Gran Bretagna e la Francia, prostrate, attraversavano un momento critico; il Belgio e l’Olanda, già percorsi dalla furia degli eserciti, anelavano a un lungo periodo di pace. L’Impero austro-ungarico era crollato sotto il peso umiliante della sconfitta. Il sole tramontava sugli Asburgo e la potenza del Kaiser non era che un ricordo.

La Germania, agitata da gravi contrasti sociali, con una crescente disoccupazione, soffriva di un’inflazione catastrofica. In quel baratro, dove tutto esprimeva miseria e desolazione, trovò il terreno fertile per la propria azione rivoluzionaria un giovane decoratore dall’aria smunta, Adolf Hitler, fondatore del nazionalsocialismo.

Il problema del disarmo, la questione delle riparazioni che gli sconfitti erano tenuti a pagare ai vincitori, causarono estenuanti discussioni. Il Primo Ministro inglese Lloyd George insistette per il plebiscito nella Slesia, che fu favorevole ai tedeschi, e si oppose all’idea di cedere Danzica, città tedesca, alla Polonia. Danzica divenne, pertanto, una « città libera », politicamente indipendente ma, come porto, disponibile per la Polonia. Lloyd George non immaginava che proprio Danzica sarebbe servita di pretesto a Hitler per scatenare la Seconda Guerra Mondiale.

 

« Se dovesse esservi una nuova guerra, con i mezzi di cui disponiamo oggi sarebbe la catastrofe per tutti. »

 

dicono i soliti esperti del 1938. Poi la guerra, purtroppo, verrà e la frase sarà ripetuta nel 1946 e negli anni successivi con una monotonia fastidiosa.

Hitler prepara il grande Reich tedesco alla riscossa contro le potenze « demoplutocratiche », come egli definisce le democrazie nei suoi forsennati discorsi, e il mondo libero tardivamente si accorge dell’abisso in cui sta per cadere. Sarà l’Inghilterra, da sola, guidata da Winston Churchill, a resistere per lunghi mesi all’urto frontale di Hitler dopo l’invasione dei Paesi scandinavi e il crollo del Belgio, dell’Olanda e della Francia. Poi, interverrà nel conflitto anche l’America, e Hitler, stretto sempre di più entro i suoi confini, schiacciato sul fronte orientale dall’esercito russo, soccomberà.

Il mondo dello spionaggio sonnecchia, almeno in apparenza, tra il 1920 e il 1935. In realtà le « armate invisibili » si preparano per la nuova bufera e quando Mussolini decide di aggredire l’Etiopia per fondare l’Impero fascista in Africa, Francia e Inghilterra sono già informati dei suoi piani. Lo spionaggio nazista svolge un lavoro capillare per sondare la capacità di resistenza delle democrazie; sul finire del conflitto, Hitler ha sistemato le proprie spie a Washington e a New York e controlla da vicino le mosse di Roosevelt alla Casa Bianca.

Mata Hari farebbe ridere in un’epoca in cui è stato escogitato il « bombardamento a tappeto » che distrugge in un baleno fette intere di una città. Le comunicazioni radio sono fulminee e gli agenti segreti se ne servono sempre più frequentemente, mentre migliorano pure le tecniche per intercettare le emittenti clandestine. Molte spie operano con obiettivi e microfilm. È l’ora di Cicero, la famosissima spia che a Ankara si muove con l’agilità di un serpente nella sede stessa dell’Ambasciata britannica, l’ora degli agenti segreti di Mosca che già si preparano alla lotta con l’America quando, conseguita la vittoria, gli Alleati si separeranno con la creazione della Cortina di Ferro. La sorda lotta delle spie, mentre gli eserciti si scontrano su tutti i fronti, dalla Marmarica infuocata alla steppa russa, dal Mare del Nord al Pacifico, ha qualcosa di disumano. Basta una segnalazione radio per far bombardare una metropoli, una sigla per causare l’affondamento di una nave. Senza esclusione di colpi, tutti mirano alla vittoria, con ogni mezzo.

Hitler dispone già delle V1 e delle V2, le prime telearmi, ma dai suoi scienziati pretende di più. Vuole la super-arma capace di annientare gli eserciti avversari che marciano su Berlino e di dargli ancora la vittoria. Anche nei laboratori dell’Occidente si procede senza tregua. Ogni ora è preziosa. L’atomo verrà scisso quando ormai dei tre Paesi alleati, Germania, Italia e Giappone, non resterà che quest’ultimo da abbattere. In questa corsa febbrile, le spie naziste tentano di scoprire se gli Alleati hanno già trovato il segreto dell’atomo per ricavare da esso un’energia distruttiva.

Forse, sono sul punto di comunicare a Berlino che la bomba atomica esiste, che gli americani hanno quanto occorre per costruirla, ma è tardi. Hitler è morto nel rifugio sotterraneo della sua Cancelleria.

Chi sopravviverà si rivolgerà agli anglo-americani o ai Sovietici.

Vi è sempre qualcuno disposto a arruolare agenti segreti. 

 

 

 

 

William Martin, l’uomo mai esistito

Nel novembre del 1942, l’invasione alleata del Nord-Africa poteva dirsi conclusa. Il comando supremo anglo-americano era alla ricerca di un nuovo obiettivo: la Sicilia, ma occorreva indurre i tedeschi a credere che gli Alleati sarebbero sbarcati in Sardegna e, forse, in Corsica e ciò allo scopo di disorientarli e spingerli a spostare le truppe. Prese, così, avvio l’incredibile vicenda dell’  « uomo mai esistito », una delle trovate più sensazionali organizzate da un servizio di controspionaggio nel corso dell’ultimo conflitto. L’idea di prendere un cadavere paracadutarlo in prossimità del nemico, con le tasche ben fornite di documenti, in modo da convincere i tedeschi di uno sbarco in Sardegna anziché in Sicilia, il piano più macchinoso messo in atto durante la Seconda Guerra Mondiale, era venuta a un ufficiale quando era stato notificato ai militari, soprattutto a quelli di grado superiore, il divieto di portare con sé documenti « segreti » o, in ogni caso, compromettenti.

Una mattina, il servizio segreto britannico apprese che a (…), la località non venne mai rivelata, era morto di polmonite un uomo di trent’anni. Si cercò un cognome abbastanza comune, si indagò tra vecchi incartamenti e, infine, il morto fu pronto: William Martin, fuciliere di marina di Sua Maestà Britannica, nato il 29 marzo 1907, figlio di Glyndwyr Martin. E il comandante Martin, l’  «uomo mai esistito », aveva anche una fidanzata, Pamela, una giovane impiegata del Ministero della Guerra, di cui Martin serbava nel portafoglio un’immagine ridente. Mancava ancora un tocco definitivo all’operazione: così il morto fu mandato a teatro. Alla vigilia della sua importante missione, Martin andò a Londra al « Prince of Wales » a vedere lo spettacolo « Strike a new note », e i biglietti del teatro londinese vennero messi in tasca al morto, che fu rivestito con una divisa regolamentare. Poi fu la volta dei documenti messi insieme dall’alto comando inglese: vi era una lettera scritta da Lord Mountbatten all’ammiraglio Cunningham, in cui si segnalava Martin come un uomo che « sa perfettamente il fatto suo ». Martin recava lettere da cui traspariva evidente il progetto degli Alleati di far credere ai tedeschi uno sbarco imminente in Sicilia. Martin venne chiuso in un cilindro d’acciaio e caricato a bordo del sommergibile Seraph che per dieci giorni navigò senza vedere il sole; poi, quando scoccò l’ora X, venne calato in mare e spedito, con una leggera spintarella e un saluto sussurrato, verso le coste spagnole. Per meglio simulare il naufragio, fu anche gettato in mare, a un chilometro di distanza, un canotto di salvataggio. Il tenente Jewell provvide a sbarazzarsi del cilindro d’acciaio sul quale era scritto : « Fragile, strumenti ottici, franco di porto ». Poi, il comandante del Seraph telegrafò a Londra un messaggio cifrato che diceva :

 

« Operazione « carne da paté » portata a termine. »

 

La salma dell’« uomo mai esistito » venne trovata a largo di Huelva, proprio nel punto desiderato. Se, infatti, fosse giunta troppo vicina a Gibilterra, vi era da supporre che gli spagnoli l’avrebbero restituita agli inglesi mandando all’aria tutto il piano. Martin fu sepolto con tutti gli onori militari mentre a Londra, per dare maggiore credito alla faccenda, il Times del 4 giugno 1943 uscì con l’annuncio della sua morte.

Gli spagnoli avvertirono gli inglesi del ritrovamento della salma ma non fecero parola dei documenti che il comandante Martin aveva con sé. Londra insistette, tramite il servizio diplomatico, affinché si indagasse sulla busta con gli incartamenti. Trascorsero pochi giorni e infine gli spagnoli fecero sapere che le carte di Martin erano state finalmente trovate. Non occorse molto agli inglesi per scoprire, con grande soddisfazione, che i documenti erano già passati nelle mani dell’agente nazista di Huelva, il quale, senza dubbio alcuno, li aveva visti, fotografati e inviati a Berlino.

Churchill apprese come si erano svolti gli eventi e ne inviò un resoconto a Eisenhower. Quindi venne deciso di simulare un piccolo attacco alla Sicilia per far credere che fossero in atto operazioni combinate di sbarco in Sardegna e in Grecia. I tedeschi risposero subito, spostando verso questi due obiettivi il grosso delle loro forze.

Che Martin avesse fatto centro lo si apprese solo alla fine del conflitto.

 

 

 

 

Richard Sorge

« I giapponesi attaccheranno a sud… »,

 

così diceva l’ultimo messaggio trasmesso da Richard Sorge la sera del 15 ottobre 1941. L’ultimo messaggio. La polizia di Stato giapponese, la Tokkoka, riuscì, infatti, il 16 ottobre, a concludere bruscamente la più drammatica vicenda spionistica della Seconda Guerra Mondiale.

Il giornalista tedesco Richard Sorge e il radiooperatore Max Klausen, anch’egli tedesco, furono smascherati e tratti in arresto sotto l’accusa di spionaggio a favore dell’Unione Sovietica.

Un agente segreto « tra i maggiori che il mondo abbia mai avuto », così un alto ufficiale americano, dopo la resa del Giappone, definiva Sorge in un minuzioso rapporto che riassumeva tutta l’attività della spia a partire dal 1935.

Chi era Richard Sorge ?

Era nato a Bakù, nel 1895, da madre russa e da padre tedesco.

Dai verbali della lunga relazione che gli americani stesero sul caso Sorge, che tra i molti messaggi inviati dalla spia, due in particolare ebbero, forse, il potere di mutare il corso della guerra. Quello delle 3.15 del 20 maggio 1941 diceva :

 

« La Wehrmacht sta ammassando sul vostro fronte occidentale dalle 170 alle 190 divisioni, molte delle quali sono corazzate. Scopo di guerra offensiva tedesca è di conquistare Mosca. L’attacco dovrebbe scattare il 20 giugno. »

 

L’altro messaggio fu quello inviato la sera del 15 ottobre 1941. Fu, forse, il più breve di quelli mandati da Sorge:

 

« I giapponesi attaccheranno a sud. »

 

Sorge aveva appreso dall’Ambasciatore tedesco la notizia delle truppe pronte per attaccare la capitale sovietica. I russi non tennero in gran conto l’informazione e, secondo quanto si apprese in seguito, Stalin la credette addirittura falsa. Con il secondo messaggio, Sorge concludeva di fatto la sua missione.  Il 7 dicembre 1941, i giapponesi attaccarono a sud, distruggendo a Pearl Harbour la flotta americana.

Quel messaggio, come già detto, fu l’ultimo inviato da Sorge ai russi. La spia poco dopo venne tradita da uno dei suoi collaboratori, Miyaghi, il quale cadde ingenuamente nelle mani della polizia e, interrogato, finì per fare il nome dei complici. Così i giapponesi arrestarono trentaquattro persone, tra cui quattro europei e cinque donne; di tutti, soltanto diciassette furono inviati davanti alla corte marziale e giudicati per spionaggio e alto tradimento. Sorge e Ozaki, condannati a morte, vennero impiccati nel carcere di Akita il 7 novembre 1944; un terzo, Funagoshi Hisao, alto funzionario militare giapponese, morì in carcere in seguito alle torture. Migliore fortuna ebbe Klausen, condannato al carcere a vita. Nel 1945, gli americani lo liberarono scambiandolo per un prigioniero politico.

Il suo cadavere fu sepolto in luogo ignoto e nessuno celebrò la sua fine. Nel ventesimo anniversario della sua impiccagione, le poste sovietiche emisero un francobollo commemorativo da 4 copechi. Con quel minuscolo rettangolo di carta colorata la Russia ammetteva che Sorge aveva lavorato per il Comunismo e lo accoglieva tra i suoi eroi.

È stata la prima volta che una nazione ha dedicato un francobollo a un proprio agente segreto.

 

 

 

 

Cicero

 

 

 

 

Boris Morros

 

 

 

 

I Rosenberg

 

 

 

 

Rudolf Abel

 

 

 

 

Harold Adrian Russel Philby

 

 

 

 

Oleg Penkovsky

 

 

 

 

 

Otto John

 

 

 

I Governi alleati, soprattutto quelli della Gran Bretagna e degli Stati Uniti, hanno sempre intensamente collaborato nel settore spionistico, ma soprattutto durante e dopo la guerra. Il caso Penkovski e, prima ancora, la vicenda di Fuchs confermano quanto questa collaborazione anglo-americana sia stata stretta e intima.

Alla fine degli anni ’60, un giornalista inglese, Ken Wlaschim scrisse un saggio sul modo come diventare una spia e farsi arruolare, a Londra, a Parigi, a Washington o in qualsiasi altra capitale del mondo. Wlaschim scriveva che per uno che si trovava a Londra era abbastanza facile: bastava telefonare al numero Bay 6412 e chiedere un appuntamento. Se i funzionari dell’Ambasciata sovietica, che rispondevano a questo numero, erano d’accordo, potevano combinare un abboccamento negli uffici di Kensington Palace Gardens. Se i russi non accettavano, l’aspirante spia poteva rivolgersi agli inglesi, ossia all’MI-5. Nelle altre capitali, stando alle affermazioni di Wlaschim, sarebbe stato altrettanto facile trovare un impiego come agente segreto.

Secondo il giornalista, vi era una spia ogni 4000 abitanti del mondo, cifra non trascurabile. Wlashim racconta anche come, nel 1960, gli agenti segreti russi fossero riusciti a procurarsi il modello - allora segretissimo – del sottomarino atomico Polaris. Per averlo, spesero 3 dollari, circa 1800 lire italiane, vale a dire il prezzo di un giocattolo, copia fedele, in miniatura, del sottomarino originale. Il giocattolo era allora in libera vendita e molti ragazzi americani ne possedevano uno.  Wlashim afferma che un ammiraglio americano vide in un grande magazzino il sottomarino Polaris da 3 dollari e poco mancò che fosse stroncato da un infarto. Con quel balocco si stava divulgando un vero segreto di Stato.

Secondo Wlashim, le spie non sarebbero in genere molto intelligenti. Una persona intelligente non potrebbe sentirsi attratta da un mestiere che non promette avvenire, che evidentemente non assicura un nome e che non garantisce onori di sorta.

Il giornalista rivelava anche il nome dell’uomo che dirigeva l’imponente ingranaggio dello spionaggio sovietico, Yuri Vladimirovich Andropov, fornendone la descrizione e l’indirizzo (via Zerscinski, 2 – Mosca), nel caso a qualcuno fosse venuto in mente di scrivergli.

Le spie, oggi, si parlano da un capo all’altro del mondo, attraverso una rete immensa, come una tela di ragno estesa sul globo, che pulsa, che vibra di continuo inviando e ricevendo notizie « proibite ».

 

Copyright © 2008 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.  

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 15, 2008 15:57 | Permalink | commenti (1)
categoria:politica, storia, spionaggio, daniela zini
giovedì, 14 febbraio 2008

J'ai décidé d'écrire pour me donner du courage et pour dire des choses que j'ai gardées longtemps en moi.

J'ai longtemps attendu parce que je n'étais pas encore prête à parler.

Il me manquait toujours « quelque chose » et ce « quelque chose » je l'ai enfin trouvé.

C'est l'Amour de la parole.

J'ai beaucoup souffert dans ma Vie.

Cette souffrance m'a apporté l'évolution et la Beauté intérieure.

Un jour, j'ai aimé, j'ai aimé un Homme à la folie et ce jour là, tout me paraissait très beau.

Et ce jour-là, je m'en souviendrais toute ma Vie.

Il me disait :

 

" D, tu dois aimer, ce sera ta passion continuelle, jusqu'à la fin de tes jours. "

 

Ce message, je le garde au fond de mon cœur comme un talisman et ce sera certainement ma seule religion.

 

« Combien de temps ? »

 

Avais-je demandé aux médecins lorsqu’ils m’avaient fait entrer dans la petite pièce à coté du bloc opératoire.

 

« Un à trois mois, au maximum. »

 

« Il souffrira ? »

 

« Non, ce sera sans doute une mort par épuisement. »

 

Je suis redescendue. C’était le même ascenseur, apparemment la même personne l’occupait, mais au-dedans de moi je vivais la fin du monde.

J’ai dit à quelqu’un :

 

«  C’est fini. »

 

Je forçai mon regard au calme, je rejetais devant lui, inconscient, la comédie que j’allais lui jouer et qui était tout ce qui me restait de notre Vie commune.

Les jours, les mois, les années passent les saisons reviennent.

Voici un nouveau printemps.

Dans l’air immobile, il m’atteint par rafales.

Il me donne et me retire force et espoir.

Subtil ou pesant, il s’insinue jusque dans la moelle des os.

Il suffit d’une parcelle de printemps mêlée à l’air soudain plus tiède, d’un chant d’oiseau, d’un bourgeron éclaté sur l’arbre de ma cour, du bruit de la pluie, d’un éclat de rire entendu par la fenêtre, pour que tout soit remis en question. Le calme que je croyais acquis, la sagesse dont j’étais fière, les résolutions prises, la réalité accepte, la révolte apaisée, la peine ouatée, mes beaux châteaux forts ne sont plus que sable. L’ouragan est là, il sommeillait, prêt à m’assaillir au premier ciel tendre, aux premières pousses vertes qui dessinent un halo fragile autour des arbres.

Oui, l’animal est bien vivant, il flaire, il sait, il sent juste.

Ma raison note les relations de cause à effet, mais elle ne peut m’empêcher de frémir.

Le corps ne ment jamais, il sait, rappeler à l’ordre.

Je me sens molle, envahie par la fatigue.

Je sors de ma torpeur pour aller de la rage à la peine.

Il est scandaleux qu’il ne soit plus là.

Le printemps fait mal.

Je voudrais lui demander grâce.

Chaque année j’espère que je serai prête à le vivre ou que j’aurai oublie son goût.

La douceur de l’air me fait rêver à ce qui fut et à ce qui serait s’il était là.

Je sais que cette rêverie n’est qu’une inaptitude à vivre le présent.

Je me laisse entraîner par ce courant sans regarder trop loin ou trop profondément.

J’attends le moment où je retrouverai la force.

Il viendra.

Je sais que la Vie me passionne encore.

Je veux me sauver, non me délivrer de lui.  

Dans ma Vie intime, j'ai longtemps pensé, réfléchi.

J'ai cherché longtemps, très longtemps la Vérité.

Je me suis longtemps accroché à la lumière pour mettre à jour les secrets les plus profonds de l'Univers.

J'ai cherché à comprendre le pourquoi des choses.

C'est si fragile la Vie qu'on ne doit pas lui porter atteinte.

Il ne faut rien regretter, c'est le Destin qui joue et on ne peut rien y faire.

 

Copyright © 2008 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.  

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 14, 2008 17:59 | Permalink | commenti
categoria:amore, vita, donna, morte, daniela zini
martedì, 12 febbraio 2008

 Sonnet CXVI

William SHAKESPEARE

 

 

Let me not to the marriage of true minds

Admit impediments. Love is not love

Which alters when it alteration finds,

Or bends with the remover to remove :

 

O no ! it is an ever-fixed mark
That looks on tempests and is never shaken ;
It is the star to every wandering bark,
Whose worth’s unknown, although his height be taken.

 

Love’s not Time’s fool, though rosy lips and cheeks
Within his bending sickle’s compass come :
Love alters not with his brief hours and weeks,
But bears it out even to the edge of doom.

 

If this be error and upon me proved,
I never writ, nor no man ever loved.

 

-

 

All’unione di anime costanti io mai
porrò impedimenti : l’Amore non è Amore
Se muta quando vede mutamenti.
O da chi si ritira inclina a ritirarsi.

 

Oh, no, l’Amore è un faro sempre fisso,
Che sfida le tempeste e mai ne è scosso;
E’ la stella polare di ogni barca vagabonda,
In sé ignota pur se ne è nota la distanza.

 

L’Amore non è lo zimbello del Tempo, anche se rosee
Labbra e guance sotto la sua falce dovran cadere;
L’Amore non muta con i suoi brevi giorni,
Ma resiste immutato fino all’ora del Giudizio.

 

Se questo è falso e tale sia provato,
Io non ho mai scritto, né mai nessuno ha amato.

  

-

 

Ne laissons mettre empêchement aux épousailles
Des esprits accordés ; l’Amour n’est pas l’Amour,
Qui varie en trouvant que son objet varie,
Ou recule aussitôt que l’autre a reculé.

 

Mais non ! C’est un phare érigé pour toujours,
Qui voit les ouragans sans jamais en trembler ;
Il est l’astre guidant toute barque en dérive,
Dont on prend la hauteur, mais en ignorant sa vertu.

 

L’Amour n’est pas jouet du Temps, même si sous sa faux
Sont prêtes à tomber les lèvres roses et les joues ;
Il ne varie avec ses courtes heures ou semaines,
Mais les emporte au seuil du Jugement dernier.

 

Si je faute en ceci et que ma vie le prouve,
Nul n’a jamais aimé et je n’ai point écrit.

 

 

« Il n’y a rien, dans un écrivain, que son langage : son langage est tout ce qu’il nous donne… »

 

dit avec force Thierry Maulnier.

Et il ajoute :

 

« L’acte de l’écrivain n’est pas autre chose que l’acte qui fait choisir tel mot et rejeter tel autre… »

 

Ecrire, pour un artiste, ce n’est pas coucher des idées sur le papier, ni les ranger dans un certain ordre, c’est très exactement vivre dans et par les mots. A chaque tournant de mon existence, je m’arrête pour, dans un nouveau livre, regarder en arrière, m’orienter, puis reprendre la route.

Marguerite Yourcenar ne s’y est pas trompée :

 

« On peut suivre toute la vie au tracé de la voix. »

 

Tout écrivain se peint en creux dans ses livres ; moi, je ne suis pas échappée à la règle. J’ai embrassé en une seule étreinte ma thématique la plus intime et mes secrets les plus enfouis, témoigné avec et à travers moi-même du thème majeur de la littérature, l'Amour, et de sa quête éternelle et impossible.

 

« Plus je cherche et moins je trouve »,

 

écrit Saint Augustin,

 

« Je désire. De là, je n'ai jamais fini de chercher. »

 

Je sais, « Parler d’Amour » ce n'est plus à la mode. On fait l'Amour, mais on n'en parle pas. Ou alors, c'est avec des ricanements.

Le mot Amour est un terme si galvaudé que pour le comprendre il vaudrait mieux se débarrasser de ce qu’il n’est pas.

C’est un mot qui a été usé et défiguré par son usage.

Les grecs disposaient pour parler de cette chose-là de quatre mots : Philia, Eros, Mania et Agape.

Et il n'est pas inutile de se confronter à une langue morte pour parler de la passion, du désir, et de ce qui, dans l'expérience amoureuse, nous fait mourir et renaître...

Se détacher du passé et s'ouvrir à l'inconnu...

Etre et devenir...

Se quitter, espérer et aimer, encore et toujours.

L’Amour.

Une source, une raison de source, le monde devient fertile, c’est l’émerveillement, le sentiment du miracle et, en même temps, du déjà connu, un retour au Paradis Perdu, la réconciliation du corps et de l’idée, la découverte de notre force et de notre fragilité, l’attachement à la Vie et pourtant l’indifférence à la Mort, une certitude à jamais révélée et cependant mobile, fluide et qu’il faut reconquérir chaque jour.

Pour moi, rien au monde n’est plus beau qu’un couple et quand j’entends dire qu’aimer c’est perdre sa liberté et son intégrité je me demande si nous parlons du même sentiment.

Je ne renonce jamais à un être que j'ai connu.

Nous savons que chacun d’entre nous est Unique, et qu’il y a un lien entre cette unicité et sa valeur, ou le fait d’être précieux, dans la fragilité des vivants d’un jour que nous sommes.

La valeur de la belle personne n’est pas la possession de vertus spéciales, mais l’être même de cette unicité, être secret et à peine entrevu, parfaitement ineffable et capable de susciter tant de mots. De susciter, surtout – et c’est là la seule raison de l’« impossibilité » dont parlait Simone Veil – un besoin qui n’est pas de possession mais d’expression, de parole, de remerciement, de prière et de louange, et même davantage : un besoin de forger, de créer, de faire l’équivalent, mais tout autre, de ce Beau qui nous a coupé le souffle.

A Rome, on regarde rarement le ciel.

Suivre la marche de la lune et des étoiles a toujours signifié pour moi une visite grave et heureuse à l’Univers dont nous faisons partie.

Quand je me séparais de lui, il me donnait rendez-vous dans une étoile et il me semblait voir le fil de notre Amour, ligne lumineuse, flèche de velours, trace de feu, partant de chacun de nous pour se rejoindre dans Orion.

C’est souvent en contemplant le ciel la nuit, que j’ai mesuré le plus intensément et aussi le plus raisonnablement ma joie ou ma peine, pris le mieux conscience du monde, de la place que nous y tenons, de la solitude, de la perfection de l’Amour « …fidèle comme le soleil au jour, comme la tourterelle à son mâle, comme le fer à l’aimant, comme la terre à son centre », disait Troïlus à Cressida.

 

Copyright © 2008 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED 

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 12, 2008 10:42 | Permalink | commenti
categoria:poesia, amore, vita, filosofia, donna, morte, daniela zini
martedì, 12 febbraio 2008

Il mio nome è D come Donna, Diritti, Doveri.

E come scrive Fatima Naseef in ogni tempo e in ogni luogo « i miei doveri hanno sempre avuto la meglio sui miei diritti ». In un momento culturale, politico e sociale così carico di tensioni ho voluto porre un accento di riflessione su quello che universalmente, troppo spesso, viene sottovalutato: la conquista attraverso i secoli dei diritti delle donne. Per contro, il raggiungimento di tali privilegi in una società che tende al multietnico e al globale, si scontra con realtà in cui essere donna equivale a non avere alcun peso sociale, alcun diritto e alcuna possibilità di affermazione personale.

Un uomo o una donna che scrive non appartiene più al suo sesso.

Sfugge perfino all’umano.

Cesso di essere una scrittrice per diventare uno scrittore, uno scrittore cui accade di essere una donna.

So che il corso del mondo è il tessuto stesso della mia vita e ne seguo con attenzione il movimento. Per nascita, educazione e caso, ho potuto, in certa misura, sfuggire alle pressioni della società.

Sono una privilegiata.

Io non ho fatto l’esperienza del freddo e della fame.

Io non ho subito la tortura.

Io non ho conosciuto la schiavitù.

En bonne fille de mon père, je me dissocie clairement des femmes et surtout des féministes. 

Io ho una concezione diversa della Libertà. Per me, la Libertà passa meno per la rivendicazione che per una tranquilla affermazione di sé.

Educata, come un ragazzo, nell’ammirazione delle virtù virili, il mio sogno era di essere pari a un uomo non per amare un uomo, ma per essere amata da un uomo. La più grande ambizione di una donna deve essere l’Amore. Essere amata da chi si ama, con la stessa vivacità, la stessa forza e la stessa costanza, solo questo può recare a una donna la pienezza della felicità. Ne sono convinta. Ma sono anche convinta che un miracolo del genere si realizzi raramente.

All’inizio della mia vita avevo il tremendo, assurdo ideale del matrimonio, poi la mia visione, dall’alto di molti matrimoni, mi ha disgustato e ho pensato che non dovessi chiedere ciò che non era possibile avere.

Ora chiedo soltanto che qualcuno mi faccia sentire un’intensa passione e, poi… lo sposerò !

Dio, se vedo il rischio di sposare un uomo qualsiasi. Sono possessiva, indipendente, passionale, razionale e, probabilmente peggio ancora. Ho continuato a ripetermi che non mi sarei mai sposata proprio per questo, soprattutto per questo, perché, credo, mi rendessi conto che non sarei mai riuscita a dominare questi istinti con un uomo a me inferiore, e che sarei stata sempre più esasperata dalla sua inferiorità e dalla sua sottomissione. I vantaggi evidenti del matrimonio li ho ben presenti ma poi mi dico:

 

« Merde ! Non penserò mai al matrimonio come a una professione. »   

 

Soltanto chi ne ha l’esperienza lo considera una soluzione conveniente, e questo mi induce a esaminare ancora più attentamente le mie motivazioni.   

Nonostante l’ardente sensualità, ho conservato una grande castità di pensiero, alimentata dall’ambiente in cui ho vissuto, ove la donna, eguale all’uomo, è considerata alla pari e rispettata in quanto tale.

Ho disperso le mie energie, nella vita, ho fatto troppe cose differenti, ma quanta gioia mi hanno procurato le mie varie esperienze, quanto interesse!

Non ho la sensazione che arriverò a un porto qualsiasi. Sono ancora molto promettente e lo sarò fino al giorno della mia morte. Sono troppo volubile, troppo fluida, ma pochi hanno saputo trarre tanta felicità dalla mutevolezza. E se mi volgo indietro a contemplare la mia vita, questa mi appare come un prato alpino variegato di fiori di ogni colore.

Sarei, forse, più felice se mi fossi dedicata a coltivare solo trifogli o erba medica ?

No. 

È stato, essenzialmente, nel campo della creazione letteraria che ho usato della mia Lbertà ; si scrive in base a come si è fatti, ma è sempre un atto nuovo. Maneggiare le parole, soppesarle, esplorarne il senso, è una maniera di fare l’Amore, soprattutto quando ciò che si scrive è ispirato da qualcuno o promesso a qualcuno. Così la scrittura partecipa del gusto della conquista e dell’Amore.

Entrando nella letteratura, credo di aver risposto alle pie attese delle zie Elsa e Caterina. Mio Padre, che è stato più di un Padre, un Pedagogo, non era uomo da far entrare sua figlia nell’ordine né in un ordine. La Sua morte mi ha appreso crudelmente la necessità di essere autonoma. Questo anticonformista mi ha lasciato in eredità il gusto per i vagabondaggi. Nomade ero, quando bambina sognavo, guardando le strade, nomade resterò, sempre innamorata di mutevoli orizzonti, di paesaggi inesplorati. La vita già trascorsa, l’adolescenza, mi hanno fatto capire che una tranquilla felicità non è fatta per me, che sono destinata a lottare solitaria, che questa tranquilla felicità è solo una sosta nell’esistenza che sarà la mia fino alla fine. Dopo, la vita errabonda e incoerente ricomincerà.

Dove ?

Come ?

Lo sa Dio !

Ho rinunciato a avere un cantuccio tutto per me in questo mondo, un focolare, la pace, il denaro. Ho indossato la divisa, a volte molto pesante, dei vagabondi e dei senza patria :

 

« Non si sta bene che altrove. »

 

La realtà di uno scrittore è da ricercare nei suoi libri.

L’opera diviene vita.

E la vita diviene opera.

La cultura, il pensiero, la memoria sono i servitori della scrittura. Io scrivo per sentire battere il mio cuore. Sono fedele ai miei personaggi ; loro esistono per me. E è la stessa cosa in Amore.

Il mio progetto più ambizioso, ispirato dai sogni della mia adolescenza, si è concretato nei tre volumi di « Mon dernier rêve sera pour le Roi », memorie di un genere nuovo, in cui esploro la mia filiazione e la storia dei miei antenati e genitori. Un pellegrinaggio nei luoghi che mi hanno vista crescere e che hanno sempre avuto un posto importante nel mio cuore. I ricordi più intensi sono quelli della Macédoine perché mi hanno appreso a amare tutto ciò che amo ancora: l’erba, i fiori selvatici frammisti all’erba, gli alberi. Alla Macédoine ho appreso a carezzare i conigli e i cavalli, a non disturbare il sonno delle vipere, a trattare indistintamente contadini e castellani. Vi ho anche appreso a essere sola. Io sono tra coloro che possono restare soli e sereni fintanto che hanno un progetto intellettuale da realizzare. Al mio tavolo di lavoro, io non soffro mai di solitudine. La paura, perfino, l’orrore della solitudine è una superstizione. Se ne fa uno spaventapasseri. Io ho aspirato alla solitudine fin dalla mia più giovane età. Niente era più spaventoso di trascorrere una giornata intera in compagnia di un’altra persona, senza poter essere sola con i miei pensieri, restare libera delle mie azioni, leggere quello che mi cadeva sotto mano.

Ho, allo stesso tempo, molti e pochi Amici.

Io amo scrivere, amo il mio lavoro e amo che il mio lavoro sia amato, ma non mi faccio illusioni sull’universo delle parole vergate sui libri, sulla sorte del mio nome negli annuari della posterità. Al pari di Marguerite Yourcenar, so che « la memoria degli uomini è un cimitero abbandonato », che i secoli non rendono giustizia allo scrittore più che a chiunque altro. La storia della letteratura non è diversa dalla storia degli uomini. Si possono leggere, sulle tombe, nomi giustamente celebrati. Si può visitare la fossa comune dei nostri errori.

Ritengo di aver saputo trarre profitto da tutti i naufragi della vita. Se, talvolta, il prezzo è stato esorbitante, era quello il prezzo che la vita esigeva. Chi ha paura di pagare un prezzo troppo alto, muore a se stesso. L’energia che sento in me, come un’onda di calore che mi attraversa, quando pronuncio la parola « Io », non può dissociarsi dalla totalità dell’energia cosmica. Io stessa, sono una parte dell’Universo e, talvolta, è quella che percepisco più intensamente del tutto. So di avere ricevuto questo potenziale di energia alla nascita, un potenziale straordinariamente potente, considerata la capacità, che ho mantenuto fino a oggi, di trasformarmi. Ma so anche che nello stesso istante in cui si esaurirà, finirà.

Se considero la linea generale della mia vita, mi colpisce per la sua continuità. Sono nata e vissuta a Roma: anche durante gli anni trascorsi a Parigi sono rimasta ancorata qui. Ho cambiato diverse volte abitazione, ma sono rimasta più o meno nello stesso quartiere; oggi abito a cinque minuti dal mio primissimo domicilio. Roma si è trasformata dal tempo in cui ero giovane, tuttavia, posso ritrovarla in molti luoghi: in Campo de’ Fiori, in Piazza Navona, alla Biblioteca Nazionale, alla Sapienza, in Piazza di Spagna.

Non scrivo più nei caffé, ma lavoro sempre con lo stesso ritmo e con lo stesso metodo. Le mie occupazioni sono sempre le stesse: la lettura, la musica, la pittura, la fotografia.

Come accade, talvolta, quando i nostri occhi si abituano all’oscurità e iniziano a distinguere gli oggetti, in questo istante, io percepisco le cose con un acume pari a quello del Principe Mychkin, prima delle sue crisi di epilessia: ciò che lascio, ciò che ho già lasciato, ciò che mi attende. Lascio un destino di privilegiata, che avevo trovato nella culla, per gettarmi in quello rischioso di chi nasce senza nome e senza fortuna. È una pazzia, senza dubbio, una sciocchezza, forse. Avevo dimenticato che alcuni esseri spostano i limiti del destino, cambiano la nostra vita.

Confesso che la ragione si smarrisce di fronte al prodigio dell’Amore, strana ossessione che fa sì che questa stessa carne, della quale ci curiamo tanto poco quando costituisce il nostro corpo, preoccupandoci unicamente di lavarla, di nutrirla, e, fin dove è possibile, di impedirle che soffra, possa ispirarci una così travolgente sete di carezze solo perché è animata da un’individualità diversa dalla nostra, e perché è dotata più o meno di certi attributi di bellezza sui quali, del resto, anche i migliori giudici sono discordi.

Di fronte all’Amore, la logica umana è impotente, come in presenza delle rivelazioni dei misteri: non si è ingannata la tradizione popolare, che ha sempre ravvisato nell’Amore una forma d’iniziazione, uno dei punti ove il Segreto e il Sacro si incontrano.

Non è necessario per un bevitore abdicare all’uso della ragione, ma l’Amante che conservi la sua, non obbedisce fino in fondo al suo demone. Questo gioco misterioso che va dall’Amore di un corpo all’Amore di un essere umano, mi è sembrato tanto bello da consacrarvi tutta una parte della mia vita.

Sono qui per fuggire le macerie di un lungo passato di sei anni.

Sono qui in nome dell'Amore per un uomo conosciuto per caso, che il Destino ha messo sul mio cammino nel momento preciso di una crisi, che ho superato, ma che minacciava di protrarsi.

Un nuovo Amore ridona a una donna la sua verginità.

Per me, l’Amore è la realizzazione della mia natura, il riconoscimento dei miei valori personali, il rigetto di un’esistenza falsa.

L’Amore ritrovato favorisce la mia sensibilità artistica: la scrittura mi ritorna, indicando la via verso una nuova esistenza.

Questa Fiaba è dedicata a Lui, ma la più lunga dedica è una maniera troppo incompleta e troppo banale per rendere onore a una complicità così poco comune. Portate da onde sonore, tra colori e mormorii, le Fiabe si collocano in una zona del nostro essere di cui sappiamo poco: tra sogno e coscienza, tra follia e ragionevolezza, tra ferocia e dolcezza, tra estasi e tormento. Sono un mondo di immagini così vive e limpide, così naturali e espressive, che dilettano la vista e suonano deliziosamente all’orecchio. Questo mondo è il nostro Rêve, il nostro Sogno dorato, il nostro Castello incantato.

Questa Fiaba ha scopi diversi dai processi che sono stati anche quelli dei poeti, rimodellando il mito o la leggenda; la trasposizione volontaria e il dettaglio anacronistico hanno qui per scopo, non di attualizzare il passato, ma di volatilizzare ogni nozione del tempo. Ciò che conta nella leggenda e nel mito è la loro capacità di servirci di pietra di paragone, d’alibi se si vuole, o piuttosto di veicolo per condurre il più lontano possibile un’esperienza personale, e, se si può, per superarla.

Non vi sono Amori sterili.

Tutte le precauzioni non servono a niente.

Mi sono resa colpevole d’incredulità, ma è così difficile possedere qualcosa di nostro al mondo !

Ogni fiamma attira tante farfalle, ogni tesoro tanti ladri !

Ciascuno ha i suoi segreti. I miei rappresentano l’anello di congiunzione tra il mio passato e il mio presente. Io non sono tra coloro che li trascinano dietro come un peso morto che li opprime. Ciò che ho giudicato bene conservare, l’ho lasciato vivere e spandere in me.

L’età che avanza non si esprime soltanto nel corpo che si indebolisce e si raggrinzisce da tutte le parti, ma anche nei ricordi di cui ciascuno di noi, dopo la morte di tutti i suoi, resta l’unico custode e che, ogni giorno, purtroppo di più, lascia scivolare nel nulla. Non si limitano solo al nostro avvenire le minacce della falce del tempo che si agita sopra le nostre teste: è una falce che stermina rabbiosamente il passato di tutti. Per ogni vecchio che muore, un po’ di passato e di storia va perduto per sempre. Quello che neppure io conosco dei segreti dei miei nonni, dei miei zii, dei miei cugini, nessuno dopo di me potrà più conoscere.

Vivere nel passato, in quello che ha avuto di buono e di bello, è, in un certo qual modo, il sale del presente. Vivere nel futuro, come ho fatto finora, espone a sofferenza. La perpetua attesa del dopo, del domani produce inevitabilmente una scontentezza continua, che avvelena la vita.

Bisogna apprendere a dedicarsi all’ora presente.

Bisogna apprendere a sentire più profondamente, soprattutto a vedere meglio, e ancora, ancora pensare.

 

« Le mal, le grand mal, c’est que nous ne sommes point de notre siècle. »

 

osservava François-René de Châteaubriand e

 

« Il faut être absolument moderne. »,  

 

tuonava Arthur Rimbaud nelle ultime pagine di « Une saison en enfer ».

Letteratura e Potere non sono mai andati d’accordo.

Il Potere è dalla parte dell’ordine e della responsabilità, la Letteratura dalla parte del disordine e dell’irresponsabilità.

Il Potere comanda, la Letteratura disobbedisce.

Il Potere inclina per sua natura alla perpetuazione, la Letteratura al rinnovamento.

Rifiutando il passato, o più esattamente, legandosi al momento presente, nella sua qualità essenziale, fugace, il moderno respinge la tradizione, si lega alla sensazione del « Hic et nunc ».

Nel capitolo LV della Seconda Parte dell’« Essai », Châteaubriand si interroga: « Quelle sera la religion qui remplacera le Christianisme ? ».  

 

Ne serait-il pas possible que les peuples atteignissent à un degré de lumières et de connaissances morales, suffisant pour n’avoir plus besoin de culte ? (…) Que deviendront les hommes?

Deux solutions:

Ou les nations, après un amas énorme de lumières, deviendront toutes éclairées, et s’uniront sous un même gouvernement, dans un état de bonheur inaltérable ;

Ou, déchirées intérieurement par des révolutions partielles, après de longues guerres civiles et une anarchie affreuse, elles retourneront à la barbarie (…)

Si nous jugeons du futur par le passé, il faut avouer que cette solution convient mieux que l’autre à notre faiblesse. 

 

François-René de Châteaubriand, Op. cit., pp. 429-430

 

Tutto ciò che è grande nel Cristianesimo, che è uno degli elementi costitutivi della nostra civiltà, si ritrova nelle altre religioni. Sempre e dappertutto si è ucciso Dio per nutrirsene. Né gli Atti degli Apostoli, né l’Apocalisse, né la Chiesa sono riusciti a spezzare le catene della schiavitù, il Nuovo Testamento non ha speso una parola sulla desolazione che si legge nello sguardo degli animali. Gli uomini continuano a farsi beffe dei gobbi, dei diversi, degli storpi, degli impotenti, degli omosessuali, dei mariti ingannati e delle vecchie zitelle.

Quale fede, alla mia età, rimane nel fondo del mio spirito ?

Ho già raccontato come adolescente, al momento della mia Prima Comunione, fossi giunta a dubitare della religione rivelata. Tuttavia, in modo vago, continuavo a credere in uno scopo della vita, uno scopo morale ma illusorio e deludente. Non mi interessavo più di Dio, ma adoravo perdutamente il Cristo. Mi avevano detto che prediligeva ciascuna delle sue creature come fosse l’unica ; il suo sguardo non mi avrebbe abbandonato neppure per un istante e tutti gli altri sarebbero stati esclusi dal nostro colloquio, non vi sarebbe stato nessun altro tra Lui e me.

La parola atea mi è sempre dispiaciuta e con Huxley sono del parere che il termine agnostica sia più corrispondente alla mia condizione spirituale, se è agnosticismo dire che l’origine prima, la sostanza e il fine ultimo delle cose siano inaccessibili all’intelletto umano. In ogni caso, quantunque l’idea di un Dio come entità sia già scomparsa dalla mia coscienza, mi rimane, ancora, la fede nello sviluppo lento e graduale di una vita sociale più elevata, più nobile. Credo sia dovere degli uomini obbedire a leggi di Bontà e di Amore, sforzarsi di porre fine alle guerre e alle epidemie, alla povertà, alla miseria, alle malattie, e crearsi così un Paradiso in terra, che trasformi il pellegrinaggio della vita in una crociata nella quale ogni croce sia coronata di rose.

Non è, forse, l’uomo, nel senso più alto della parola, il proprio Dio quando tende a creare intorno a sé per tutto quello che è vitale, dell’umanità o della natura, un Giardino dell’Eden ?

Non tendono, forse, gli alberi e, perfino, le più umili piante a salire verso la luce ?

L’istinto divino dello spirito umano non è, forse, un’aspirazione in tal senso ?

Sono convinta che i grandi scrittori mettano sempre la propria storia nelle loro opere. Si dipinge bene solo il proprio cuore, attribuendolo a altri, e la parte migliore del genio è composta di ricordi.

Resta la fede nell’opera a venire, quale occasione per esplorare la coscienza dell’uomo, per sondare l’anima, per esprimere il tormento incessante dello spirito, una volta retiré en soi. Si tratta, in un atteggiamento moderno, di reinventare la malinconia. La malinconia, questo sentimento fecondo nelle opere di genio, che sembra appartenere quasi esclusivamente ai climi del nord, è uno degli apporti essenziali alla nostra Letteratura. La malinconia non si oppone affatto all’idea di progresso dello spirito umano, aiutato o no dalla luce divina; al contrario, lo scrittore, distaccato dalla contingenza, nel cuore della meditazione, partecipa al movimento generale del progresso. A differenza della nostalgia, che porta a rivivere una situazione passata per effetto di un movimento retrospettivo della coscienza, la malinconia è un lavoro di lutto : è il sentimento doloroso di un passato scomparso per sempre, l’esperienza di una perdita, di un’esistenza passata o sognata, impossibile e compresa come tale. Apre, dunque, su un avvenire, ove dovrà realizzare ciò che deve essere, ciò che deve colmare. Così, per me, la letteratura non ha senso che quando lo scrittore si sacrifica alla sua opera. La mia solitudine, la mia sofferenza interiore partecipano di una stessa coscienza moderna, quella du malheur. Le malheur dell’esistenza dello scrittore conduce alla postura malinconica, nell’atto della scrittura, dove si può (ri-) nascere e vivere. La malinconia non è la condizione tetra delle passioni incerte e represse, è lo stato d’animo di chi conduce un’esistenza postuma al di là del suo desiderio e della sua vita personale, per sempre consumati. La letteratura diviene l’opera di una riflessione emersa dal dolore, eppure straniera alla propria avventura. La malinconia come via d’uscita au malheur, è precisamente ciò che sembra guidarci, coscienti dell’incompiutezza del nostro destino, eterni esuli del nostro paese e del nostro tempo. E, adottando questa postura, si abolisce l’esistenza personale empirica, nella quale lo scrittore vive realmente son bonheur e son malheur, a beneficio dell’altra esistenza che persegue nella sua opera.

L’opera letteraria è, così, d’oltretomba.

 

Copyright © 2008 ADZ

TUTTI I DIRITTI RISERVATI

ALL RIGHTS RESERVED

TOUS LES DROITS RESERVES

 

I diritti di traduzione, di memorizzazione elettronica, di riproduzione e di adattamento anche parziale, con qualsiasi mezzo, sono riservati per tutti i Paesi.  

postato da: Firouzeh alle ore febbraio 12, 2008 10:37 | Permalink | commenti (2)
categoria:poesia, politica, amore, vita, letteratura, religione, storia, filosofia, parigi, bibbia, femminismo, donna, morte, cristianesimo, daniela zini