martedì, 16 settembre 2008

Il était une fois... la Poésie au Café.

Georges Bernanos disait:

«Je ne peux pas me passer très longtemps du visage et de la voix humaine. J'écris dans les cafés.»

Les enseignes de cafés sont comme autant de repères dans les rues des villes.

D'ailleurs, existe-t-il une rue qui n'ait pas son Café?

Les petites gens, les bandes de jeunes, les amoureux, les beaux parleurs, les oisifs, les truands, les artistes… finalement, tout le monde va au Café!

Tout commence avec la venue en Europe d’un breuvage noir, chaud et parfumé: le «qahvé».

Cela a lieu aux alentours de 1600 par les marchands vénitiens. C'est à l'Ambassadeur de la "Sérénissime" à Constantinople, Gian Francesco Morosini, que l'on doit, en 1585, le premier rapport sur la consommation du Café. Les Turcs, raconte-t-il, ont l'habitude de "boire dans les lieux publics et même dans la rue un liquide noirâtre, brûlant, extrait d'une plante qu'ils appellent "cafetier" et qui a la propriété de tenir éveillé". 

Le grain de café vient d’Orient bouleverser nos façons de vivre.

On peut raconter, en effet, l’histoire de nos sociétés, à travers l’histoire des Cafés, tant l’histoire de l'une irrigue l’autre, la petite souligne la grande quand elle ne la précède pas. Ces lieux presque abstraits deviennent les lieux des confidences, des discussions, de l'expression des sentiments. Les idées libérales y naissent. Les pamphlets et les libelles y sont distribués.

Les poètes de Montmartre ne pouvaient vivre qu'au Café et cette affection n'a pas été sans leur nuire dans l'esprit bourgeois. Leur pauvreté, leur dédain et leur ignorance des soins et des soucis d'un foyer, leur imposait le goût de ce lieux public où ils retrouvaient, avec l'Amitié de gens ayant les mêmes goûts, l'apparence d'un beau décor, une atmosphère familière et la double excitation de discuter et de boire.

Peu à peu, la race des Immortels au Café, Villiers de l’Isle-Adam essayant ses histoires insolites sur les adolescents, Paul Arène chantant le Midi bouge, ou Oscar Wilde, désolé et féroce, contant un apologue, s'est éteinte. On ne va plus au Café que pour y parler des morts et des monuments à leur élever. Il n'y a plus que les «comités de statues» qui les fréquentent.

Les poètes nouveaux sont des poètes de salons et de thé de cinq heures. Ils sont «confortables» comme l'idéal chanté dans le Coffret de Santal: dormir tranquillement en attendant la gloire. Dans un lit frais, l'été, mais, l'hiver, bien chauffé. Tout cela vaut bien mieux que d'aller au Café. Ces vers sont de Charles Cros qui, lui, n'alla guère qu'au Café, où il écrivait, d'ailleurs, un an avant Edison, le rapport présentant à l'Académie des Sciences le paléophone ou phonographe. Comme Moréas, Charles Cros maudissait le café et y revenait souvent.

C’est la schizophrénie des poètes!

 

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postato da: Firouzeh alle ore settembre 16, 2008 17:06 | Permalink | commenti
categoria:letteratura, caffé