à Marie-Ancolie
avec Sympathie, ce mot si beau qui veut dire sentir avec…
Daniela
SI TÚ ME OLVIDAS
Quiero que sepas
Una cosa.
Tú sabes cómo es esto:
Si miro
La luna de cristal, la rama roja
Del lento otoño en mi ventana,
Si toco
Junto al fuego
La impalpable ceniza
O el arrugado cuerpo de la leña,
Todo me lleva a ti,
Como si todo lo que existe,
Aromas, luz, metales,
Fueran pequeños barcos que navegan
Hacia las islas tuyas que me aguardan.
Ahora bien,
Si poco a poco dejas de quererme
Dejaré de quererte poco a poco.
Si de pronto
Me olvidas
No me busques,
Que ya te habré olvidado.
Si consideras largo y loco
El viento de banderas
Que pasa por mi vida
Y te decides
A dejarme a la orilla
Del corazón en que tengo raíces,
Piensa
Que en ese día,
A esa hora
Levantaré los brazos
Y saldrán mis raíces
A buscar otra tierra.
Pero
Si cada día,
Cada hora
Sientes que a mí estás destinada
Con dulzura implacable.
Si cada día sube
Una flor a tus labios a buscarme,
Ay amor mío, ay mía,
En mí todo ese fuego se repite,
En mí nada se apaga ni se olvida,
Mi amor se nutre de tu amor, amada,
Y mientras vivas estará en tus brazos
Sin salir de los míos.
Pablo NERUDA
SI TU M'OUBLIES
Si tu m'oublies
Je veux que tu saches
Une chose.
Tu sais ce qu’il en est:
Si je regarde
La lune de cristal, la branche rouge
Du lent automne de ma fenêtre,
Si je touche
Près du feu
La cendre impalpable
Ou le corps ridé du bois,
Tout me mène à toi,
Comme si tout ce qui existe,
Les arômes, la lumière, les métaux,
Etaient de petits bateaux qui naviguent
Vers ces îles à toi qui m’attendent.
Cependant,
Si peu à peu tu cesses de m’aimer
Je cesserai de t’aimer peu à peu.
Si soudain
Tu m’oublies
Ne me cherche pas,
Puisque je t’aurai aussitôt oubliée.
Si tu crois long et fou
Le vent de drapeaux
Qui traversent ma vie
Et tu décides
De me laisser au bord
Du coeur où j’ai mes racines,
Pense
Que ce jour-là,
A cette même heure,
Je lèverai les bras
Et mes racines sortiront
Chercher une autre terre.
Mais
Si tous les jours
A chaque heure
Tu sens que tu m’es destinée
Avec une implacable douceur.
Si tous les jours monte
Une fleur à tes lèvres me chercher,
O mon amour, ô mienne,
En moi tout ce feu se répète,
En moi rien ne s’éteint ni s’oublie,
Mon amour se nourrit de ton amour, ma belle,
Et durant ta vie il sera entre tes bras
Sans s’échapper des miens.
Pablo NERUDA
SE TU MI DIMENTICHI
Voglio che tu sappia
Una cosa.
Tu sai com’è questa cosa:
Se guardo
La luna di cristallo, il ramo rosso
Del lento autunno alla mia finestra,
Se tocco
Vicino al fuoco
L’impalpabile cenere
O il rugoso corpo della legna,
Tutto mi conduce a te,
Come se cio’ che esiste
Aromi, luce, metalli,
Fossero piccole navi che vanno
Verso le tue isole che m’attendono.
Orbene,
Se a poco a poco cessi di amarmi
Cesserò d’amarti poco a poco.
Se d’improvviso
Mi dimentichi,
Non cercarmi,
Ché già ti avrò dimenticata.
Se consideri lungo e pazzo
Il vento di bandiere
Che passa per la mia vita
E ti decidi
A lasciarmi sulla riva
Del cuore in cui ho le radici,
Pensa
Che in quel giorno,
In quell’ora,
Leverò in alto le braccia
E le mie radici usciranno
A cercare altra terra.
Ma
Se ogni giorno,
Ogni ora
Senti che a me sei destinata
Con dolcezza implacabile.
Se ogni giorno sale
Alle tue labbra un fiore a cercarmi,
Ahi, amor mio, ahi mia,
In me tutto quel fuoco si ripete,
In me nulla si spegne né si dimentica,
Il mio amore si nutre del tuo amore, amata,
E finché tu vivrai starà tra le tue braccia
Senza uscire dalle mie.
Pablo NERUDA
IF YOU FORGET ME
I want you to know
One thing.
You know how this is:
If I look
At the crystal moon, at the red branch
Of the slow autumn at my window,
If I touch
Near the fire
The impalpable ash
Or the wrinkled body of the log,
Everything carries me to you,
As if everything that exists,
Aromas, light, metals,
Were little boats
That sail
Toward those isles of yours that wait For me.
Well, now,
If little by little you stop loving me
I shall stop loving you little by little.
If suddenly
You forget me
Do not look for me,
For I shall already have forgotten you.
If you think it long and mad,
The wind of banners
That passes through my life,
And you decide
to leave me at the shore
of the heart where I have roots,
remember
that on that day,
at that hour,
I shall lift my arms
and my roots will set off
to seek another land.
But
If each day,
Each hour,
You feel that you are destined for me
With implacable sweetness,
If each day a flower
Climbs up to your lips to seek me,
Ah my love, ah my own,
In me all that fire is repeated,
In me nothing is extinguished or Forgotten,
My love feeds on your love, beloved,
And as long as you live it will be in your Arms
Without leaving mine.
Pablo NERUDA
Nous avons dans la vie bien des peines et de tous genres. Quelques chagrins ne sont hélas ! Que trop réels, surtout ceux dont nous sommes la cause, mais les autres, les plus nombreux peut-être, ne sont que des Fantômes de chagrins. Quand nous les regardons en face, nous découvrons qu’ils n’ont ni substance, ni réalité, et ne sont que les créations de notre imagination morbide. On peut dire aujourd’hui avec autant de vérité que du temps de David :
« L’homme s’agite dans une ombre vaine. »
Quelques-unes de nos peines, il est vrai, sont des malheurs, mais n’ont pas de réalité, tandis que d’autres sont réelles, mais ne sont pas de malheurs.
« dans quel abîme insondable l’esprit humain se précipite lorsqu’il se laisse agiter par les chagrins de ce monde ; s’il oublie sa propre lumière qui est la joie éternelle et se jette, comme le fait l’homme d’aujourd’hui, dans les ténèbres du dehors qui sont les soucis de ce monde, il ne sait que se lamenter. »
(Boèce, Consolations)
« Il est agréable d’habiter Athènes »,
dit Epictète,
« mais il vaut encore mieux être heureux, affranchi des passions, libre de toute inquiétude. »
Nous devons nous efforcer de nous maintenir :
« Dans ce bienheureux état d’esprit
Qui allège le fardeau de l’inconnu
Et le poids lourd et fatigant
De ce monde incompréhensible. »
(Willam Wordsworth)
Ainsi nous ne craindrons « ni l’exil d’Aristide, ni la prison d’Anaxagoras, ni la pauvreté de Socrate, ni la condamnation de Phocion, mais nous regardons la vertu comme digne de notre Amour, même au prix de pareilles épreuves ». (Plutarque) nous serions alors presque entièrement indépendants des circonstances extérieures, car :
« Stone walls do not a prison make,
Nor iron bars a cage;
Minds innocent and quiet take
That for an hermitage;
If I have freedom in my love,
And in my soul am free,
Angels alone that soar above
Enjoy such liberty. »
« Ce ne sont pas les murailles de pierre qui font la prison,
Ni les barreaux de fer, ni la cage :
Les âmes innocentes et calmes
S’en font un ermitage. »
Si je suis libre d’aimer qui je veux
Et si mon âme est libre,
Seuls, les anges qui planent au-dessus de nous
Jouissent d’une liberté comparable à la mienne. »
(Richard Lovelace, 1618–1657?)
Shakespeare nous dit avec beaucoup de sagesse:
« Dans tous les endroits que le soleil éclaire
Le sage trouve un part et un heureux asile. »
Le bonheur dépend plus de ce qui est en nous que de ce qui est hors de nous. Hamlet dit que « le monde est une très belle prison où il y a des chambres de détention, des salles de gardes et des cachots, le Danemark étant le plus horrible de tous. » Et, comme Rosencrantz n’est pas de son avis, il répond sagement :
« Eh bien ! Pas pour vous, peut-être ; rien n’est tout à fait bon, ni tout à fait mauvais, sinon dans notre imagination : pour moi, le Danemark est une prison. »
« Tout dépend de la manière dont on juge les choses. »,
dit Marc-Aurèle,
« Comment ce qui ne gâte pas un homme peut-il gâter la vie ? Mais certainement la mort, la vie, l’honneur et le déshonneur, la souffrance et le plaisir sont le partage à la fois des bons et des méchants ; car ce sont des choses qui ne nous rendent ni meilleurs ni pires. »
« Nos plus grands maux viennent de nous-mêmes »,
dit Jérémie Taylor,
« et c’est aussi en nous que nous devons chercher notre plus grand bien. »
« L’âme »
dit Milton,
« dépend d’elle-même et elle a le pouvoir
De faire de l’enfer le ciel et du ciel l’enfer. »
Certes Milton, dans sa cécité, avait de plus belles visions, et Beethoven, malgré sa surdité, entendait de plus célestes accords, que nous ne pourrions en rêver.
Lorsque nous ne savons ce qui peut arriver, nous sommes tout disposés à craindre le pire ;
Mais lorsque nous connaissons toute l’étendue d’un danger, il n’existe pour ainsi dire plus. Aussi craignons-nous plus les Fantômes que les voleurs, non seulement sans raison, mais contre toute raison ; car, même si les Fantômes existaient, comment pourraient-ils faire du mal ?
Dans leurs histoires de Fantômes, ceux mêmes qui disent en avoir vu, prétendent rarement en avoir touché.
Milton, dans sa description de la mort, l’enveloppe volontairement de ce caractère d’obscurité :
« L’autre forme,
Si l’on peut appeler forme ce qui n’avait aucune forme
Distincte, ni dans ses membres, ni dans ses jointures, ni dans ses articulations,
L’autre substance, si l’on peut ainsi nommer ce qui avait l’air d’une ombre,
La Mort, était sombre comme la nuit,
Féroce comme dix furies, terrible comme l’enfer
Et elle brandissait un horrible dard. Ce qui semblait sa tête
Portait l’apparence d’une couronne royale. »
Les terreurs que font naître la mort et les ténèbres sont admirablement exprimées dans un des plus sublimes passages de Job :
« Les visions de la nuit agitaient mes pensées,
A l’heure où le profond sommeil s’abat sur les hommes ;
La frayeur me prit, avec un tremblement,
Qui secoua tous mes os.
Un esprit passa devant ma face
Et sur ma chair, mes cheveux se dressèrent :
Une figure était devant mes yeux
Qui restait immobile, mais je ne pouvais en discerner la forme.
Tout était silencieux et j’entendis une voix disant :
L’homme mortel est-il plus juste que Dieu ? »
C’est ainsi que la terreur se transforme en une leçon de consolation et de miséricorde.
Nous exagérons souvent nos peines et nos difficultés et nous les regardons comme bien plus importantes qu’elles ne le sont en réalité.
Les dangers sont souvent « sans importance, quand une fois, ils nous ont semblé peu importants, et les hommes ont été plus souvent déçus que vaincus par les dangers.
Bien plus, il vaudrait mieux aller jusqu’à mi-chemin au-devant de certains dangers, quand bien même ils disparaissent à notre approche, que de veiller trop longtemps à les attendre. Car si la veillée est trop longue, on court le risque de s’endormir. » (Bacon)
Il est sage d’être prévoyant, mais absurde de s’attrister à l’avance, et les châteaux en Espagne valent mieux que les cachots imaginaires.
Malheureusement, trop souvent un faux pas, volontaire ou non, nous fait perdre le droit chemin et nous égare.
Pouvons-nous alors revenir sur nos pas ?
Pouvons-nous retrouver ce que nous avons perdu ?
Oui, cela est possible. Il est trop triste d’affirmer que :
« Un soupir de trop, un baiser trop tendre,
Les yeux se voilent, les larmes coulent,
Et la vie est changée à jamais. »
(Georges Macdonald, 1824-1905)
Voici deux belles maximes de Socrate :
« Il vaut mieux subir le mal que de le commettre. »
« Lorsqu’un homme s’est mal conduit, il lui est plus avantageux d’être puni que de rester impuni. »
Nous considérons, en général, l’égoïsme comme un défaut et un danger pour le bonheur du genre humain. Cela n’est pas tout à fait juste. Malheureusement beaucoup de gens sont sottement égoïstes et poursuivent un but qui ne peut satisfaire ni eux, ni ceux qui les entourent.
Je ne suis pas tout à fait de l’avis de Goethe, mais n’a-t-il pas en partie raison, quand il dit que « chaque homme doit commencer par lui-même, doit s’occuper tout d’abord de son propre bonheur qui contribuera certainement plus tard au bonheur du monde entier ».
Cette affirmation est trop absolue, et on peut, sans doute, y faire des objections ; mais, assurément, si chacun voulait éviter les excès et prendre soin de sa santé, conserver ses forces et sa bonne humeur, il rendrait sa famille heureuse et ne serait pas cause de ces petits ennuis qui empoisonnent la vie domestique. Il s’occupait de ses propres affaires, resterait sobre et paierait ses dettes ; en un mot, suivant le proverbe chinois :
« Il balaierait la neige devant sa porte et ne ferait pas attention à la gelée sur les tuiles de la maison voisine. »
Si cette conception de la vie n’est pas la plus noble, elle est du moins fort avantageuse pour la famille, les parents, les amis. Mais, malheureusement :
« Parcourez du regard le monde habité et voyez combien peu de personnes
Connaissent leur propre bien et, le connaissant, cherchent à l’atteindre. »
(John Dryden, 1631-1700)
Il serait beau d’amener les homes à comprendre qu’ils ne peuvent jamais ajouter à leur bonheur en faisant le mal. Lorsqu’il s’agit d’enfants, nous le reconnaissons bien ; nous voyons qu’un enfant gâté n’est pas heureux, qu’il vaudrait beaucoup mieux qu’il eût été puni tout de suite et sauvé ainsi de plus grandes souffrances dans l’avenir.
La belle idée d’un Ange gardien que chaque homme aurait auprès de lui est certes vraie ; car la conscience veille sans cesse, toujours prête à nous avertir du danger.
Sans doute, nous nous sentons souvent disposés à nous plaindre ; mais c’est là une noire ingratitude :
« Car qui de nous,
Malgré ses souffrances, voudrait renoncer à cette vie intellectuelle,
A ces pensées qui errent à travers l’éternité,
Pour périr, englouti et perdu,
Dans le vaste sein de la pensée incréée. »
(John Milton, 1608-1674)
Mais, dira-t-on peut-être, notre vie ici-bas n’est qu’une préparation à une autre existence dans un monde meilleur. Eh bien ! Alors, pourquoi nous plaindrions-nous de ce qui n’est qu’un acheminement vers un bonheur à venir ?
Count each affliction, whether light or grave,
God's messenger sent down to thee; do thou
With courtesy receive him; rise and bow
And ere his shadow pass thy threshold, crave
Permission first his heavenly feet to lave
Then lay before him all thou hast : Allow
No cloud of passion to usurp thy brow,
Or mar thy hospitality; no wave
Of mortal tumult to obliterate
The soul's marmoreal calmness: Grief should be,
Like joy, majestic, equable, sedate;
Confirming, cleansing, raising, making free;
Strong to consume small troubles; to commend
Great thoughts, grave thoughts, thoughts lasting to the end.
« Considère chaque affliction, légère ou profonde,
Comme un messager que Dieu t’envoie. Reçois-le
Avec courtoisie, lève-toi et salue-le.
Avant que son ombre ait passé ton seuil, implore
La permission de laver ses pieds divins ;
Puis présente-lui tout ce que tu as ; ne permets
Pas au nuage de la colère d’assombrir ton front
Ou de troubler ton hospitalité, ni aux vagues
Des passions humaines d’altérer
Le calme marmoréen de ton âme. Le chagrin devrait être,
Comme la joie, digne, réservé, tranquille,
Il devrait fortifier, purifier, élever, affranchir.
Puissant à anéantir les petites peines, il doit faire naître
De grandes pensées, des pensées graves, des pensées qui durent jusqu’à la fin. »
(Aubrey Thomas de VERE, 1814-1902)
Certaines personnes sont comme les eaux de Bethesda et ont besoin d’être troublées pour exercer toute leur vertu.
« Nous retirerons plus de joie de toutes les bénédictions dont nous sommes l’objet, »
dit Plutarque,
« si nous les supposons absentes et si nous pensons de temps en temps aux gens malades qui soupirent après la santé, aux peuples en guerre qui soupirent après la paix, aux étrangers et aux inconnus qui, dans une grande ville, désirent ardemment être connus et trouver des amis. Alors nous n’attendrons pas d’avoir perdu chacune de ces bénédictions pour en sentir et en apprécier la valeur. Et cependant, il nous est bienfaisant de regarder surtout à notre foyer et à notre propre condition ; si nous nous comparons à d’autres, de considérer les gens qui sont plus pauvres que nous et non, comme on le fait toujours, ceux qui sont plus aisés…
Vous trouverez des habitants de Chios, des Galates, des Bithyniens mécontents de la part de gloire ou de pouvoir qu’ils ont parmi leurs concitoyens et se désolant de ce qu’ils ne portent pas de chaussures de sénateurs ; s’ils deviennent sénateurs, ils plurent parce qu’ils ne sont pas prêteurs à Rome ; s’ils obtiennent cette charge, parce qu’ils ne sont pas consuls ou, s’ils sont consuls, parce qu’ils n’ont été nommés qu’en second…
Chaque fois que vous voyez passer quelqu’un en litière, ne vous préoccupez pas de l’idée que c’est un plus grand personnage que vous baissez les yeux et regardez à ceux qui portent la litière. »
Il dit plus loin :
« Je suis très frappé de la remarque de Diogène à un étranger qui s’habillait avec beaucoup d’élégance pour une fête :
« Un homme sage ne considère-t-il pas tous les jours de la vie comme une fête ? Sachant que la vie est la plus complète initiation à toutes choses, nous devrions toujours nous sentir calmes et joyeux. »
La vie, comprise comme elle doit l’être, nous rend capables « d’accepter le présent sans plaintes, de nous rappeler le passé avec reconnaissance et d’attendre l’avenir avec joie et confiance, sans crainte et sans méfiance ».
Copyright © 4 marzo 2008 ADZ
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