martedì, 02 settembre 2008

Je défendrai Mes opinions jusqu'à Ma mort, mais

Je donnerai Ma vie pour que Vous puissiez défendre les Vôtres.

 

 Francois-Marie Arouet, nom de plume VOLTAIRE

 

  

Dans l’Antiquité, un philosophe n’est pas nécessairement, comme on a trop tendance à le penser, un théoricien de la philosophie. Un philosophe, dans l’Antiquité, c’est quelqu’un qui vive en philosophie, qui mène une vie philosophique. Caton le jeune, homme d’Etat du I siècle av. J. C., est un philosophe stoïcien et pourtant il n’a rédigé aucun écrit philosophique. Rogatius, homme d’Etat du III siècle ap. J. C., est un philosophe platonicien, disciple de Plotin, et pourtant il n’a rédigé aucun écrit philosophique. Mais tous deux se considéraient eux-mêmes comme des philosophes, parce qu’ils avaient adopté le mode de vie philosophique.

Et que l’on ne dise pas que c’étaient des philosophes amateurs. Aux yeux des Maîtres de la philosophie antique, le philosophe authentique n’est pas celui qui disserte sur les théories et commente les auteurs.

Comme le dit Epitècte :

 

« Mange comme un homme, bois comme un homme, habille-toi, marie-toi, aie des enfants, mène une vie de citoyen… Montre-nous cela, pour que nous sachions si tu as appris véritablement quelque chose des philosophes. » 

 

Le philosophe antique n’a donc pas besoin d’écrire. Et, s’il écrit, il n’est pas nécessaire non plus qu’il invente une théorie nouvelle, ou qu’il développe telle ou telle partie d’un système. Il lui suffit de formuler les principes fondamentaux de l’école en faveur de laquelle il a fait un choix de vie.

 

 « Ma petite D, « la philosophie te fournira le fond, la rhétorique, la forme de ton discours » (Fronton). »

 

me répétait mon Père.

Mon père n’a jamais été pour moi la personnification du pouvoir, de la force et de l’autorité. C’est pour cela que je l’aimais. Le calcul différentiel et intégral n’a jamais semblé convenir à sa personnalité. Mais peut-être étais-je victime du vieux préjugé selon lequel les mathématiques sont une science aride et le mathématicien un homme d’une autre espèce. Je n’arrivais absolument pas à comprendre comment cet homme ardent et timide pouvait avoir le moindre point commun avec les théorèmes de Pythagore ou avec le binôme de Newton. Tout cela ne m’intéressait pas à cette époque. Il aimait trouver en moi les qualités féminines et n’essayait jamais de les rabaisser ni de les ignorer.

J’aimais sa perplexité devant mon indépendance précoce.

Je n’ai pas eu à me libérer des suites d’une éducation bourgeoise comme Louis Aragon ou Jean-Paul Sartre. J’ai grandi en France à une époque où l’on savait que le vieux monde allait, de toute façon, à sa perte. Personne ne défendait sérieusement les anciens principes, du moins pas dans mon milieu. La contestation était l’air que nous respirions, elle a nourri mes premières vraies émotions. Beaucoup plus tard seulement, à l’age de vingt ans, j’ai su que j’appartenais de par ma naissance à la bourgeoisie. Je ne me sens absolument pas liée à elle. En tant que classe social, elle a toujours éveillé en moi cependant plus de curiosité et d’intérêt que les débris de l’aristocratie et au moins autant que la classe ouvrière. Mais c’est de l’Intelligentsia, déclassée ou non, que je me sens la plus proche. Me sont étrangers, par contre, ceux qui détiennent le pouvoir, les dictateurs, les triumvirs, les hommes à qui on rend un culte, ceux qui y aspirent, les rois de tout poil. A ces dinosaures, je préfère encore les requins, au sens propre et figuré.   

Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la dimension horizontale de notre existence, les préoccupations de la vie quotidienne auxquelles nous sommes tous confrontés, mais sa dimension verticale, intellectuelle. Peu de gens y accédaient autrefois et de ce fait en avaient mauvaise conscience. A présent, ce n’est plus le cas : il suffit de vouloir lire, réfléchir et savoir. Comme l’a dit Karl Jaspers, point n’est besoin d’apprendre à éternuer ou à tousser, mais la raison, elle, se cultive, car ce n’est pas une simple fonction organique.   

Etre philosophe, ce n’est pas avoir reçu une formation philosophique théorique, ou être professeur de philosophie, c’est, après une conversion qui opère un changement radical de vie, professer un mode de vie différent de celui des autres hommes. On considère souvent les conversions comme des événements qui se produisent instantanément dans des circonstances inattendues. Et l’histoire abonde en anecdotes de ce genre : Polémon entrant par hasard, après une nuit de débauche, au cours du philosophie platonicien Xénocrate, Augustin entendant la voix d’un enfant disant « Prends et lis », Saül terrassé à Damas.

Entre parenthèses, il ne serait pas du tout intéressant de connaître, dans tous ses détails, la manière dont s’est déroulée ma conversion à la philosophie.

Bien de points restent encore inconnus pour moi-même.

Pourtant, douée d'une extraordinaire faculté d'imagination qui me faisait embrasser et comprendre ce que mes yeux ne pouvaient me montrer, dès mon enfance j’ai entrevu ce que pouvait être l’idéal d’une vie philosophique.

L'imagination, cette "magie sympathique" aide à comprendre les arguments d'un interlocuteur, à ressentir la souffrance de l'Autre, quelque soit cet Autre.

Cette faculté « à se transporter en pensée à l'intérieur de Quelqu'un » amène bien sûr à s'ouvrir à d'Autres idées, à vivre d'Autres expériences. JE NE RENONCE JAMAIS À UN ETRE QUE J’AI CONNU,

ET ASSUREMENT PAS A MES PERSONNAGES.

Je les vois, je les entends, avec une netteté que je dirais hallucinatoire si l'hallucination n'était autre chose, une prise de possession involontaire.

C'est ce que les sages hindous appellent l'attention.

Nul doute que cette attention, cette propension à se mettre à la place de l'Autre en faisant abstraction de soi, a joué un rôle de première importance dans ma grande ouverture d'esprit face aux Athéismes comme aux Religions, aux Politiques comme aux Philosophies.

Très peu d'adultes se laissent habiter par des Etres en leur donnant autant d'importance qu'ils s'en donnent à eux-mêmes. Cette magnifique façon d'appréhender le monde de l'intérieur, à l'instinct, est le propre des enfants.

Si les adultes s'en souvenaient, ils éviteraient de proférer certaines stupidités : éviteraient bien de stupidités !

 

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giovedì, 06 marzo 2008

A mon Maître et Mentor

Je vais écouter Sa voix qui me titille, juste derrière l’oreille : « PROPTER PACEM VERSUS BELLUM ».

Daniela

 

 

Sur toute la surface du globe nous nous trouvons en contact avec d’autres grandes Nations. Des questions surviennent et surgiront toujours qui exigent du tact, de la modération, des ménagements de notre part.

Nos hommes d’Etat doivent savoir quand il faut céder, quand il faut résister, et la Nation doit reconnaître l’homme d’Etat qu’elle doit soutenir.

L’histoire de l’homme nous a montré une succession de grands Empires qui sont tombés en poussière ; l’Egypte, l’Assyrie, la Perse, Rome ont grandi et se sont abîmées. Pour qu’il nous soit donné d’éviter leur destin, il faut que nous évitions leurs fautes.

 

« Mille années ne suffisent pas toujours pour créer un Etat. Il suffit d’une heure pour le faire tomber en poussière. »

Lord George Gordon Noel Byron (1788-1824)

 

En ce qui concerne notre politique extérieure, c’est autant notre intérêt que notre devoir de conserver les relations les plus cordiales avec les autres Pays. Malheureusement les Nations se regardent souvent entre elles d’un œil hostile. Et pourtant un peu plus de lumière nous montre que toutes étant choses humaines, toutes devraient être Amies.

Mon Père confesseur, un Jésuite espagnol, faisait comprendre cette idée par une image simple, mais bien frappante. Il racontait qu’un jour se promenant, il vit sur une colline, en face, une forme monstrueuse ; en s’approchant, il y découvrit un homme ; quand il fut tout près, il reconnut son frère.

Les autres Peuples ne sont pas seulement des hommes, ce sont aussi nos frères, et de bien des façons nos intérêts sont les leurs. S’ils souffrent, il nous faut souffrir aussi et tout ce qui leur arrive d’heureux nous est aussi un bienfait.

Les guerres ont ébloui l’imagination de l’Humanité…

On nous parle de la pompe, de tout l’appareil glorieux de la guerre, on répète que chaque soldat porte un bâton de maréchal dans son havresac, mais nous sommes impuissants à imaginer les souffrances infinies qu’elle a causées à la race humaine.

Le carnage et la douleur qui proviennent de la guerre sont affreux, et c’est là un irrésistible argument en faveur de l’arbitrage. L’état de choses actuel est une honte pour l’espèce humaine. On peut excuser les Tribus primitives qui décidaient leurs querelles par la force de la massue ; mais que des Nations civilisées emploient de semblables moyens, voilà qui répugne non seulement à notre sens moral, mais à notre sens commun.

Aujourd’hui l’Europe maintient 3.500.000 hommes sur le seul pied de paix ; le pied de guerre monte à 10.000.000 d’hommes, et l’on se prépare à le faire monter à 20.000.000. Les dépenses nominales s’élèvent tous les ans à £ 200.000.000 mais les armées du continent étant presque toutes recrutées par la conscription, les dépenses réelles sont beaucoup plus grandes. Ajoutons que si ces 3.500.000 d’hommes étaient employés à un labeur utile, en estimant le produit de ce labeur à £ 50 par an, c’est de £ 175.000.000 qu’il faudrait augmenter les sommes indiquées plus haut, ce qui ferait monter la totalité des dépenses de guerre de l’Europe à £ 375.000.000 par an !

Certainement il y a des considérations plus grandes et plus graves que celles qui concernent l’argent ; mais en somme l’argent représente de la Vie et du labeur humains. Il est impossible de considérer de tels préparatifs militaires et maritimes sans concevoir les plus grandes inquiétudes.

S’ils ne nous mènent pas à la guerre, c’est à la banqueroute et à la ruine qu’ils nous conduiront un jour.

Les principaux Pays de L’Europe s’enfoncent de plus en plus dans la dette. Pendant les trente dernières années, la dette de l’Italie a passé de £ 483.000.000 à £ 530.000.000, celle de l’Autriche de £ 340.000.000 à £ 580.000.000, celle de la Russie de £ 340.000.000 à £ 850.000.000, celle de la France enfin de £ 500.000.000 à £ 1.600.000.000. Si l’on additionne les montants des dettes contractées par les Gouvernements du monde entier, on voit qu’ils atteignaient en 1870 le chiffre de £ 4.000.000.000, fardeau fabuleux, terrible, écrasant.

Que dirons-nous aujourd’hui ?

Ces dettes réunies s’élèvent à plus de £ 8.000.000.000 et grandissent de jour en jour.

Le pis est que la plus grande partie de cette charge énorme, terrifiante, n’est représentée par aucune valeur réelle, n’a rien produit d’utile ; purement et simplement on l’a gaspillée, ou, ce qui, au point de vue international, est plus triste, on l’a dépensée à faire la guerre ou à préparer la guerre. De fait, jamais, aujourd’hui, nous ne connaissons le véritable état de Paix ; en réalité, nous sommes toujours en guerre, sans batailles, sans carnage, heureusement, mais non sans de terribles souffrances.

Même en Angleterre, un tiers du revenu national sert à préparer des guerres futures, un autre tiers à payer le prix des guerres passées, si bien qi’il ne reste qu’un tiers pour gouverner et administrer le Pays. Ses intérêts engagés sont énormes, et les intérêts de toutes les Nations sont si entremêles qu’aujourd’hui toute guerre est, de fait, une guerre civile. 

Bien que ma formule ne soit pas « la Paix à tout prix », je n’ai pas honte de dire qu’elle est « la Paix presque à tout prix ». Evidemment il y a un certain nombre de questions vitales qu’on ne peut soumettre à l’arbitrage, mais le comte Russel, qui fait autorité, disait qu’il n’y a pas eu un seul cas de guerre, pendant les cent dernières années, que l’on n’eût pu régler sans avoir recours aux armes.

La dernières fois que je vis Monsieur G., nous causions de ce sujet, et il me dit avec la façon si vivante de s’exprimer qui lui était familière, que si les dépenses continuaient à marche du même pas, le jour arriverait où les Français ne seraient plus qu’un peuple de mendiants devant une rangée de casernes. Depuis lors les dépenses n’ont pas continué du même pas : elles se sont accélérées.

On ne peut pas songer à l’Etat de l’Europe sans inquiétude.

La Russie est ruinée par le nihilisme ; l’Allemagne a peur du socialisme ; la France est terrorisée par la menace de l’anarchie et marche vite à la banqueroute. Certes, il n’y a rien qui puisse justifier, excuser les derniers crimes anarchistes, mais rien n’arrive en ce monde qui n’ait une cause. Sur le continent les ouvriers fournissent pour de bien pauvres salaires des heures de travail terriblement longues. Qu’on lise les rapports récemment venus d’Italie et l’on verra la misérable condition des travailleurs agricoles dans ce pays. En France et ailleurs la condition des petits propriétaires ne vaut guère mieux.

J’ai eu beaucoup de sympathie pour la cause de la journée de huit heures, mais les impôts nécessaires au maintien des armées et des marines obligent chaque homme et chaque femme, en Europe, à travailler au moins une heure de plus par jour.

En réalité la religion de l’Europe n’est pas le Christianisme : c’est le culte du Dieu de la guerre.

Bien des Pays travaillent aussi à se faire la guerre, et d’une façon tout aussi stupide, par des vexations financières.

Cowper a dit :

 

« La barrière des montagnes fait les haines des Nations, qui voudraient, autrement, comme les gouttes d’une même eau, se rejoindre et s’unir.»

 

Mais, de fait, les pires barrières sont celles que les Nations ont élevées entre elles : barrières de douanes, de droits d’entrée, pis encore, toutes les jalousies, toutes les malveillances sans raison qui font que chacune attribue à l’autre de desseins hostiles, que nulle d’entre elles n’a jamais conçus peut-être.

Ce même esprit de jalousie et d’hostilité qui est si souvent au fond des relations internationales, aigrit aussi de la plus triste façon la politique intérieure. Mais insulter n’est pas discuter ; c’est plutôt confesser sa faiblesse. On dit, il est vrai, que les révolutions ne se font pas à l’eau de rose. Et pourtant on a produit plus de changements dans la constitution du monde par la discussion que par la guerre, et même là où l’on s’est servi de la guerre, la plume a bien souvent dominé l’épée. Les idées sont plus puissantes que les baïonnettes. 

 

« L’Humanité, »

 

dit Mill,

 

« est encore trop peu avancée pour qu’un homme puisse sentir cette sympathie universelle avec tous les autres, qui rendrait impossible tout désaccord dans la direction générale de toutes les vies ; mais déjà celui en qui le sentiment social est réellement développé, ne peut songer au reste des êtres semblables à lui-même comme à des rivaux qui luttent contre lui pour gagner le bonheur, et qu’il doit désirer voir vaincus dans leurs efforts afin qu’il puisse réussir dans les siens. »

 

Lord Bolingbroke, dans son essai intitulé « De l’esprit de patriotisme », approuve en la citant une remarque de Socrate :

 

« Quoique aucun homme n’ose entreprendre un métier qu’il n’a pas appris, même le plus humble, tout le monde cependant se croit compétent à faire le métier le plus difficile de tous, celui de gouverner. »

 

Il parlait d’après l’expérience qu’il avait de la Grèce.

Il ne parlerait pas autrement s’il vivait en ce moment en Europe.

Nous avons en effet une variété très considérable de problèmes qui demandent une solution immédiate.

Nous essayons tous de donner une éducation à nos enfants, mais il est probable que personne ne serait d’avis que nous ayons trouvé un système parfait.

Les luttes entre le capital et le travail sont en train d’appauvrir notre commerce, de gêner l’essor de nos manufactures et, pour peu qu’elles durent, elles feront baisser les salaires en abaissant la demande.

La santé de nos grandes villes laisse encore beaucoup à désirer.

La science est encore dans son enfance.

D’ailleurs, toute question de progrès, à part la vie quotidienne de la communauté demande un perpétuel effort.

Les débats du Parlement, la direction des affaires locales, l’administration des bureaux de Bienfaisance, bref, les affaires de la Communauté tout entière exigent autant de soin et d’attention que celles des individus, et il y a une tendance croissante, que l’on peut approuver ou désapprouver, selon ses idées, vers une organisation autonome.

Et puis, nous avons toujours des pauvres parmi nous. Mais grâce en partie à nos nombreuses institutions charitables, à une sympathie de plus en plus grande entre les pauvres et les riches, et, en partie aussi, grâce à nos lois en faveur des pauvres, au libre échange et aux conditions physiques plus satisfaisantes dont nous jouissons : il y a une moindre disposition à l’anarchie et au socialisme que dans d’autres Pays.

L’enthousiasme est sans doute le levier qui fait mouvoir le monde, mais il est triste de penser combien de temps et d’argent on a gaspillé en de vaines expériences qui, coup sur coup, avaient avorté déjà. Elles ont été pires qu’inutiles, puisqu’elles ont fait du mal plutôt que du bien à ceux qu’elles devaient aider.

Venir efficacement en aide à Autrui est chose moins facile qu’on ne croit. Il y faut beaucoup de jugement et de clairvoyance, en même temps que beaucoup de bonté.

L’argent n’est pas la chose la plus essentielle.

En effet, une autorité en ces matières,  Mlle Sewell, dit :

 

« J’ai l’air de lancer un paradoxe, mais je crois vrai de dire que plus un quartier est pauvre, moins il est nécessaire que la charité s’y fasse avec de l’argent, du moins tout d’abord. »

 

La sollicitude et l’Amour valent mieux que l’or.

Ceux qui donnent leur temps donnent plus que ceux qui donnent leur argent.

D’ailleurs il est fort à craindre que l’argent et l’enthousiasme, sans l’expérience et la discipline, ne fassent plus de mal que de bien, car ce que l’on a mal fait peut nuire plus que ce que l’on a négligé de faire.

Il vaut mieux donner de l’espoir et de la force que des secours en argent. L’aide la plus efficace n’est pas de prendre pour soi les maux d’Autrui, mais bien d’inspirer aux hommes la confiance et l’énergie nécessaires pour qu’ils les supportent seuls, pour qu’ils apprennent à affronter courageusement les difficultés de la vie.

Il faut avoir soin de ne pas affaiblir le ressort de l’Indépendance, dans notre désir de soulager la misère d’Autrui. Il y a toujours cette difficulté initiale, qu’en aidant les hommes, on leur enlève leur principal motif de travailler ; on affaiblit leur sentiment d’Indépendance : tous les Etres qui vivent aux dépens d’Autrui tendent à devenir de simples parasites. Par conséquent, ne donnez jamais un secours en argent ; donnez seulement aux gens une occasion de se secourir eux-mêmes.

Nous devrions toujours nous demander si nous ne sommes pas en train de détruire chez le pauvre le sentiment de ses devoirs au lieu de lui donner les moyens de mieux les remplir. Les relations humaines sont choses si complexes que nous devons tous nécessairement beaucoup de choses à notre prochain ; mais dans la mesure du possible, tout homme devrait s’efforcer de se tirer d’affaire seul.

Nous ne pouvons pas nous attendre à voir les Autres se conformer à notre idéal. Nous ne pouvons que les aider à réaliser ce qu’il y a de plus élevé dans le leur et les encourager dans tout effort de perfectionnement moral. Toutes les fois qu’on donne trop généreusement de l’argent, c’est pour se débarrasser de quelque responsabilité plutôt que par charité vraie. Cependant tout effort dépensé en vue du bien général attire invariablement une récompense. Aucun travail ne nous apporte plus de bonheur que celui que nous avons accompli dans un but désintéressé. Avoir travaillé pour Autrui, ajoute une dignité au travail le plus humble.

Les affaires publiques - commissions, élections et réunions électorales, discours, conseils municipaux ou généraux - voilà des choses peu romanesques sans doute, qui n’éblouissent pas l’imagination et ne font pas battre le cœur. Cependant un vote en temps de paix vaut un coup d’épée en temps de guerre, et son efficacité n’est pas moindre, bien qu’il ne soit point versé de sang et que la paix ne soit point troublée.

Le vote n’est pas un droit : c’est un devoir que nous devons tous nous préparer à remplir.

Méditons aussi les nobles paroles de Marc-Aurèle :

 

« Offre au gouvernement du dieu qui est au-dedans de toi un être viril mûri par l’age, ami du bien public, un Romain, un empereur, un soldat à son poste, comme s’il attendait le signal de la trompette, un homme prêt à quitter la vie dont la parole n’a besoin ni de l’appui d’un témoin ni du témoignage de personne. »

 

 

Europe, le 1er janvier 1900

 

Une voyageuse européenne à l’aube d’un nouveau siècle

 

 

Gli ultimi anni del diciannovesimo secolo furono illuminati da una proposta meravigliosa che poi fu lasciata cadere completamente in oblio.

Nell’agosto del 1898 lo zar Nicola II invitò gli Stati Uniti d’America a incontrarsi per una conferenza destinata a garantire la pace tra le nazioni e a mettere fine all’incessante aumento degli armamenti che impoverivano l’Europa.

Il messaggio del sovrano iniziava così:

 

« Il mantenimento della Pace generale e una eventuale riduzione degli armamenti eccessivi, il cui peso grava tutto sui popoli, sono evidentemente, nelle attuali condizioni del mondo intero, l’ideale verso il quale tutti i Governi dovrebbero tendere i loro sforzi. »

 

Grandissime, certo, le difficoltà per giungere a un accordo del genere, ma non insuperabili a prima vista. Alla conferenza (18 maggio-29 luglio 1899), riunita sotto la presidenza del barone russo de Staal, parteciparono 26 Stati, che delegarono i loro luminari di sapienza; l’inviato della Germania fu il conte Münster, dell’Inghilterra Sir Julian Pauncefote, degli Stati Uniti Andrew Dickson White, dell’Italia il conte Nigra, della Francia Léon Bourgeois; la Spagna delegò il duca di Tetouan, la Cina Yang Yu, la Persia il suo poeta Reza Khan e la Serbia l’illustre scrittore Miyatovich.

La giovane regina d’Olanda, Guglielmina, mise a disposizione dei delegati il grande palazzo dell’Aia.

Una piccola discussione tra Lord Salisbury e l’americano Dick Olney mise in luce quale sarebbe stato il punto nevralgico della discussione.

Che cosa sarebbe accaduto se, nonostante la riprovazione da parte del congresso di questa o di quella guerra, una o più nazioni avessero aperto le ostilità ?

Come dare al congresso il potere di far rispettare le sue deliberazioni ?

Il dibattito durò per mesi ma l'accordo sul disarmo, principale obiettivo della riunione, non venne raggiunto: furono, invece, firmate tre convenzioni, due delle quali riguardavano la regolamentazione della guerra terrestre e marittima e una terza, la più importante, prevedeva la risoluzione pacifica delle controversie internazionali. A questo scopo fu creata la Corte Permanente di Arbitrato dell’Aia o Corte dell'Aia.

Quel programma di Pace universale e l’iniziativa di quella conferenza fanno vedere sotto una luce orrenda il massacro dello zar e ella sua famiglia, compiuto più tardi dai suoi sudditi in rivolta.

 

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martedì, 04 marzo 2008

à Marie-Ancolie

avec Sympathie, ce mot si beau qui veut dire sentir avec…

Daniela

 

 

 

SI TÚ ME OLVIDAS


Quiero que sepas
Una cosa.

Tú sabes cómo es esto:
Si miro
La luna de cristal, la rama roja
Del lento otoño en mi ventana,
Si toco
Junto al fuego
La impalpable ceniza
O el arrugado cuerpo de la leña,
Todo me lleva a ti,
Como si todo lo que existe,
Aromas, luz, metales,
Fueran pequeños barcos que navegan
Hacia las islas tuyas que me aguardan.

Ahora bien,
Si poco a poco dejas de quererme
Dejaré de quererte poco a poco.

Si de pronto
Me olvidas
No me busques,
Que ya te habré olvidado.

Si consideras largo y loco
El viento de banderas
Que pasa por mi vida
Y te decides
A dejarme a la orilla
Del corazón en que tengo raíces,
Piensa
Que en ese día,
A esa hora
Levantaré los brazos
Y saldrán mis raíces
A buscar otra tierra.

Pero
Si cada día,
Cada hora
Sientes que a mí estás destinada
Con dulzura implacable.
Si cada día sube
Una flor a tus labios a buscarme,
Ay amor mío, ay mía,
En mí todo ese fuego se repite,
En mí nada se apaga ni se olvida,
Mi amor se nutre de tu amor, amada,
Y mientras vivas estará en tus brazos
Sin salir de los míos.


Pablo NERUDA



SI TU M'OUBLIES


Si tu m'oublies
Je veux que tu saches
Une chose.

Tu sais ce qu’il en est:
Si je regarde
La lune de cristal, la branche rouge
Du lent automne de ma fenêtre,
Si je touche
Près du feu
La cendre impalpable
Ou le corps ridé du bois,
Tout me mène à toi,
Comme si tout ce qui existe,
Les arômes, la lumière, les métaux,
Etaient de petits bateaux qui naviguent
Vers ces îles à toi qui m’attendent.

Cependant,
Si peu à peu tu cesses de m’aimer
Je cesserai de t’aimer peu à peu.

Si soudain
Tu m’oublies
Ne me cherche pas,
Puisque je t’aurai aussitôt oubliée.

Si tu crois long et fou
Le vent de drapeaux
Qui traversent ma vie
Et tu décides
De me laisser au bord
Du coeur où j’ai mes racines,
Pense
Que ce jour-là,
A cette même heure,
Je lèverai les bras
Et mes racines sortiront
Chercher une autre terre.

Mais
Si tous les jours
A chaque heure
Tu sens que tu m’es destinée
Avec une implacable douceur.
Si tous les jours monte
Une fleur à tes lèvres me chercher,
O mon amour, ô mienne,
En moi tout ce feu se répète,
En moi rien ne s’éteint ni s’oublie,
Mon amour se nourrit de ton amour, ma belle,
Et durant ta vie il sera entre tes bras
Sans s’échapper des miens.


Pablo NERUDA



SE TU MI DIMENTICHI


Voglio che tu sappia
Una cosa.
Tu sai com’è questa cosa:
Se guardo
La luna di cristallo, il ramo rosso
Del lento autunno alla mia finestra,
Se tocco
Vicino al fuoco
L’impalpabile cenere
O il rugoso corpo della legna,
Tutto mi conduce a te,
Come se cio’ che esiste
Aromi, luce, metalli,
Fossero piccole navi che vanno
Verso le tue isole che m’attendono.

Orbene,
Se a poco a poco cessi di amarmi
Cesserò d’amarti poco a poco.
Se d’improvviso
Mi dimentichi,
Non cercarmi,
Ché già ti avrò dimenticata.

Se consideri lungo e pazzo
Il vento di bandiere
Che passa per la mia vita
E ti decidi
A lasciarmi sulla riva
Del cuore in cui ho le radici,
Pensa
Che in quel giorno,
In quell’ora,
Leverò in alto le braccia
E le mie radici usciranno
A cercare altra terra.

Ma
Se ogni giorno,
Ogni ora
Senti che a me sei destinata
Con dolcezza implacabile.
Se ogni giorno sale
Alle tue labbra un fiore a cercarmi,
Ahi, amor mio, ahi mia,
In me tutto quel fuoco si ripete,
In me nulla si spegne né si dimentica,
Il mio amore si nutre del tuo amore, amata,
E finché tu vivrai starà tra le tue braccia
Senza uscire dalle mie.


Pablo NERUDA



IF YOU FORGET ME


I want you to know
One thing.

You know how this is:
If I look
At the crystal moon, at the red branch
Of the slow autumn at my window,
If I touch
Near the fire
The impalpable ash
Or the wrinkled body of the log,
Everything carries me to you,
As if everything that exists,
Aromas, light, metals,
Were little boats
That sail
Toward those isles of yours that wait For me.

Well, now,
If little by little you stop loving me
I shall stop loving you little by little.

If suddenly
You forget me
Do not look for me,
For I shall already have forgotten you.

If you think it long and mad,
The wind of banners
That passes through my life,
And you decide
to leave me at the shore
of the heart where I have roots,
remember
that on that day,
at that hour,
I shall lift my arms
and my roots will set off
to seek another land.

But
If each day,
Each hour,
You feel that you are destined for me
With implacable sweetness,
If each day a flower
Climbs up to your lips to seek me,
Ah my love, ah my own,
In me all that fire is repeated,
In me nothing is extinguished or Forgotten,
My love feeds on your love, beloved,
And as long as you live it will be in your Arms
Without leaving mine.

Pablo NERUDA

 

 

 

 

Nous avons dans la vie bien des peines et de tous genres. Quelques chagrins ne sont hélas ! Que trop réels, surtout ceux dont nous sommes la cause, mais les autres, les plus nombreux peut-être, ne sont que des Fantômes de chagrins. Quand nous les regardons en face, nous découvrons qu’ils n’ont ni substance, ni réalité, et ne sont que les créations de notre imagination morbide. On peut dire aujourd’hui avec autant de vérité que du temps de David :

 

«  L’homme s’agite dans une ombre vaine. »

 

Quelques-unes de nos peines, il est vrai, sont des malheurs, mais n’ont pas de réalité, tandis que d’autres sont réelles, mais ne sont pas de malheurs.

 

« dans quel abîme insondable l’esprit humain se précipite lorsqu’il se laisse agiter par les chagrins de ce monde ; s’il oublie sa propre lumière qui est la joie éternelle et se jette, comme le fait l’homme d’aujourd’hui, dans les ténèbres du dehors qui sont les soucis de ce monde, il ne sait que se lamenter. »

(Boèce, Consolations)

 

« Il est agréable d’habiter Athènes »,

 

dit Epictète,

 

« mais il vaut encore mieux être heureux, affranchi des passions, libre de toute inquiétude. »

 

Nous devons nous efforcer de nous maintenir :

 

« Dans ce bienheureux état d’esprit

Qui allège le fardeau de l’inconnu

Et le poids lourd et fatigant

De ce monde incompréhensible. »

(Willam Wordsworth)

 

Ainsi nous ne craindrons « ni l’exil d’Aristide, ni la prison d’Anaxagoras, ni la pauvreté de Socrate, ni la condamnation de Phocion, mais nous regardons la vertu comme digne de notre Amour, même au prix de pareilles épreuves ». (Plutarque) nous serions alors presque entièrement indépendants des circonstances extérieures, car :

 

« Stone walls do not a prison make,
Nor iron bars a cage;
Minds innocent and quiet take
That for an hermitage;
If I have freedom in my love,
And in my soul am free,
Angels alone that soar above
Enjoy such liberty. »

 

« Ce ne sont pas les murailles de pierre qui font la prison,

Ni les barreaux de fer, ni la cage :

Les âmes innocentes et calmes

S’en font un ermitage. »

Si je suis libre d’aimer qui je veux

Et si mon âme est libre,

Seuls, les anges qui planent au-dessus de nous

Jouissent d’une liberté comparable à la mienne. »

(Richard Lovelace, 1618–1657?)

 

Shakespeare nous dit avec beaucoup de sagesse:

 

« Dans tous les endroits que le soleil éclaire

Le sage trouve un part et un heureux asile. »

 

Le bonheur dépend plus de ce qui est en nous que de ce qui est hors de nous. Hamlet dit que « le monde est une très belle prison où il y a des chambres de détention, des salles de gardes et des cachots, le Danemark étant le plus horrible de tous. » Et, comme Rosencrantz n’est pas de son avis, il répond sagement :

 

« Eh bien ! Pas pour vous, peut-être ; rien n’est tout à fait bon, ni tout à fait mauvais, sinon dans notre imagination : pour moi, le Danemark est une prison. »

 

« Tout dépend de la manière dont on juge les choses. »,

 

dit Marc-Aurèle,

 

« Comment ce qui ne gâte pas un homme peut-il gâter la vie ? Mais certainement la mort, la vie, l’honneur et le déshonneur, la souffrance et le plaisir sont le partage à la fois des bons et des méchants ; car ce sont des choses qui ne nous rendent ni meilleurs ni pires. »

 

« Nos plus grands maux viennent de nous-mêmes »,

 

dit Jérémie Taylor,

 

« et c’est aussi en nous que nous devons chercher notre plus grand bien. »

 

« L’âme »

 

dit Milton,

 

« dépend d’elle-même et elle a le pouvoir

De faire de l’enfer le ciel et du ciel l’enfer. »

 

Certes Milton, dans sa cécité, avait de plus belles visions, et Beethoven, malgré sa surdité, entendait de plus célestes accords, que nous ne pourrions en rêver.

Lorsque nous ne savons ce qui peut arriver, nous sommes tout disposés à craindre le pire ;

Mais lorsque nous connaissons toute l’étendue d’un danger, il n’existe pour ainsi dire plus. Aussi craignons-nous plus les Fantômes que les voleurs, non seulement sans raison, mais contre toute raison ; car, même si les Fantômes existaient, comment pourraient-ils faire du mal ?

Dans leurs histoires de Fantômes, ceux mêmes qui disent en avoir vu, prétendent rarement en avoir touché.

Milton, dans sa description de la mort, l’enveloppe volontairement de ce caractère d’obscurité :

 

« L’autre forme,

Si l’on peut appeler forme ce qui n’avait aucune forme

Distincte, ni dans ses membres, ni dans ses jointures, ni dans ses articulations,

L’autre substance, si l’on peut ainsi nommer ce qui avait l’air d’une ombre,

La Mort, était sombre comme la nuit,

Féroce comme dix furies, terrible comme l’enfer

Et elle brandissait un horrible dard. Ce qui semblait sa tête

Portait l’apparence d’une couronne royale. »

 

Les terreurs que font naître la mort et les ténèbres sont admirablement exprimées dans un des plus sublimes passages de Job :

 

« Les visions de la nuit agitaient mes pensées,

A l’heure où le profond sommeil s’abat sur les hommes ;

La frayeur me prit, avec un tremblement,

Qui secoua tous mes os.

Un esprit passa devant ma face

Et sur ma chair, mes cheveux se dressèrent :

Une figure était devant mes yeux

Qui restait immobile, mais je ne pouvais en discerner la forme.

Tout était silencieux et j’entendis une voix disant :

L’homme mortel est-il plus juste que Dieu ? »

 

C’est ainsi que la terreur se transforme en une leçon de consolation et de miséricorde.

Nous exagérons souvent nos peines et nos difficultés et nous les regardons comme bien plus importantes qu’elles ne le sont en réalité.

Les dangers sont souvent « sans importance, quand une fois, ils nous ont semblé peu importants, et les hommes ont été plus souvent déçus que vaincus par les dangers.

Bien plus, il vaudrait mieux aller jusqu’à mi-chemin au-devant de certains dangers, quand bien même ils disparaissent à notre approche, que de veiller trop longtemps à les attendre. Car si la veillée est trop longue, on court le risque de s’endormir. » (Bacon)

Il est sage d’être prévoyant, mais absurde de s’attrister à l’avance, et les châteaux en Espagne valent mieux que les cachots imaginaires.

Malheureusement, trop souvent un faux pas, volontaire ou non, nous fait perdre le droit chemin et nous égare.

Pouvons-nous alors revenir sur nos pas ?

 Pouvons-nous retrouver ce que nous avons perdu ?

Oui, cela est possible. Il est trop triste d’affirmer que :

 

« Un soupir de trop, un baiser trop tendre,

Les yeux se voilent, les larmes coulent,

Et la vie est changée à jamais. »

(Georges Macdonald, 1824-1905)

 

Voici deux belles maximes de Socrate :

 

« Il vaut mieux subir le mal que de le commettre. »

 

« Lorsqu’un homme s’est mal conduit, il lui est plus avantageux d’être puni que de rester impuni. »

 

Nous considérons, en général, l’égoïsme comme un défaut et un danger pour le bonheur du genre humain. Cela n’est pas tout à fait juste. Malheureusement beaucoup de gens sont sottement égoïstes et poursuivent un but qui ne peut satisfaire ni eux, ni ceux qui les entourent.

Je ne suis pas tout à fait de l’avis de Goethe, mais n’a-t-il pas en partie raison, quand il dit que « chaque homme doit commencer par lui-même, doit s’occuper tout d’abord de son propre bonheur qui contribuera certainement plus tard au bonheur du monde entier ».

Cette affirmation est trop absolue, et on peut, sans doute, y faire des objections ; mais, assurément, si chacun voulait éviter les excès et prendre soin de sa santé, conserver ses forces et sa bonne humeur, il rendrait sa famille heureuse et ne serait pas cause de ces petits ennuis qui empoisonnent la vie domestique. Il s’occupait de ses propres affaires, resterait sobre et paierait ses dettes ; en un mot, suivant le proverbe chinois :

 

« Il balaierait la neige devant sa porte et ne ferait pas attention à la gelée sur les tuiles de la maison voisine. »

 

Si cette conception de la vie n’est pas la plus noble, elle est du moins fort avantageuse pour la famille, les parents, les amis. Mais, malheureusement :

 

« Parcourez du regard le monde habité et voyez combien peu de personnes

Connaissent leur propre bien et, le connaissant, cherchent à l’atteindre. »

(John Dryden, 1631-1700)

 

Il serait beau d’amener les homes à comprendre qu’ils ne peuvent jamais ajouter à leur bonheur en faisant le mal. Lorsqu’il s’agit d’enfants, nous le reconnaissons bien ; nous voyons qu’un enfant gâté n’est pas heureux, qu’il vaudrait beaucoup mieux qu’il eût été puni tout de suite et sauvé ainsi de plus grandes souffrances dans l’avenir.

La belle idée d’un Ange gardien que chaque homme aurait auprès de lui est certes vraie ; car la conscience veille sans cesse, toujours prête à nous avertir du danger.

Sans doute, nous nous sentons souvent disposés à nous plaindre ; mais c’est là une noire ingratitude :

 

« Car qui de nous,

Malgré ses souffrances, voudrait renoncer à cette vie intellectuelle,

A ces pensées qui errent à travers l’éternité,

Pour périr, englouti et perdu,

Dans le vaste sein de la pensée incréée. »

(John Milton, 1608-1674)

 

Mais, dira-t-on peut-être, notre vie ici-bas n’est qu’une préparation à une autre existence dans un monde meilleur. Eh bien ! Alors, pourquoi nous plaindrions-nous de ce qui n’est qu’un acheminement vers un bonheur à venir ?

 

Count each affliction, whether light or grave,

God's messenger sent down to thee; do thou

With courtesy receive him; rise and bow

And ere his shadow pass thy threshold, crave

Permission first his heavenly feet to lave

Then lay before him all thou hast : Allow

No cloud of passion to usurp thy brow,

Or mar thy hospitality; no wave

Of mortal tumult to obliterate

The soul's marmoreal calmness: Grief should be,

Like joy, majestic, equable, sedate;

Confirming, cleansing, raising, making free;

Strong to consume small troubles; to commend

Great thoughts, grave thoughts, thoughts lasting to the end.

 

« Considère chaque affliction, légère ou profonde,

Comme un messager que Dieu t’envoie. Reçois-le

Avec courtoisie, lève-toi et salue-le.

Avant que son ombre ait passé ton seuil, implore

La permission de laver ses pieds divins ;

Puis présente-lui tout ce que tu as ; ne permets

Pas au nuage de la colère d’assombrir ton front

Ou de troubler ton hospitalité, ni aux vagues

Des passions humaines d’altérer

Le calme marmoréen de ton âme. Le chagrin devrait être,

Comme la joie, digne, réservé, tranquille,

Il devrait fortifier, purifier, élever, affranchir.

Puissant à anéantir les petites peines, il doit faire naître

De grandes pensées, des pensées graves, des pensées qui durent jusqu’à la fin. »

(Aubrey Thomas de VERE, 1814-1902)

 

Certaines personnes sont comme les eaux de Bethesda et ont besoin d’être troublées pour exercer toute leur vertu.

 

« Nous retirerons plus de joie de toutes les bénédictions dont nous sommes l’objet, »

 

dit Plutarque,

 

« si nous les supposons absentes et si nous pensons de temps en temps aux gens malades qui soupirent après la santé, aux peuples en guerre qui soupirent après la paix, aux étrangers et aux inconnus qui, dans une grande ville, désirent ardemment être connus et trouver des amis. Alors nous n’attendrons pas d’avoir perdu chacune de ces bénédictions pour en sentir et en apprécier la valeur. Et cependant, il nous est bienfaisant de regarder surtout à notre foyer et à notre propre condition ; si nous nous comparons à d’autres, de considérer les gens qui sont plus pauvres que nous et non, comme on le fait toujours, ceux qui sont plus aisés…

Vous trouverez des habitants de Chios, des Galates, des Bithyniens mécontents de la part de gloire ou de pouvoir qu’ils ont parmi leurs concitoyens et se désolant de ce qu’ils ne portent pas de chaussures de sénateurs ; s’ils deviennent sénateurs, ils plurent parce qu’ils ne sont pas prêteurs à Rome ; s’ils obtiennent cette charge, parce qu’ils ne sont pas consuls ou, s’ils sont consuls, parce qu’ils n’ont été nommés qu’en second…

Chaque fois que vous voyez passer quelqu’un en litière, ne vous préoccupez pas de l’idée que c’est un plus grand personnage que vous baissez les yeux et regardez à ceux qui portent la litière. »

 

Il dit plus loin :

 

« Je suis très frappé de la remarque de Diogène à un étranger qui s’habillait avec beaucoup d’élégance pour une fête :

« Un homme sage ne considère-t-il pas tous les jours de la vie comme une fête ? Sachant que la vie est la plus complète initiation à toutes choses, nous devrions toujours nous sentir calmes et joyeux. »

 

La vie, comprise comme elle doit l’être, nous rend capables « d’accepter le présent sans plaintes, de nous rappeler le passé avec reconnaissance et d’attendre l’avenir avec joie et confiance, sans crainte et sans méfiance ».

 

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postato da: Firouzeh alle ore marzo 04, 2008 00:54 | Permalink | commenti
categoria:poesia, amore, vita, filosofia, libertà
domenica, 02 marzo 2008

« In politica »

 

dice Machiavelli,

 

« ha successo quello che riscontra el modo del procedere suo con le qualità de’ tempi, e similmente è infelice quello che con il procedere suo si discordano e tempi. »

 

Gli italiani hanno mai veramente appreso la lezione politica di Niccolò Machiavelli ?

Basta una considerazione sommaria delle nostre attuali vicende interne, dei rapporti tra Stato e cittadini, della perniciosa influenza di ideologie e astrazioni sul modo di governare la cosa pubblica, per concludere che no, la lezione non l’hanno mai appresa.

Forse, Machiavelli è troppo lontano, nel tempo, dai moderni concetti di Democrazia, di Sovranità popolare, perché si possa attualizzare la sua esperienza?

Sembra vero, piuttosto, il contrario.

Nel grande scrittore fiorentino vi sono già, anticipati, molti dei motivi di maggiore evidenza del mondo politico contemporaneo.

La sua strenua difesa delle « milizie cittadine »  – e non importa se all’atto pratico le « sue » milizie fecero cattiva prova nella difesa di Firenze – non prefigura, forse, gli eserciti di liberazione, di formazione popolare, che abbiamo visto operare in Europa sul finire della Seconda Guerra Mondiale e vediamo ancora operare in Africa e in Asia  ?

E sentite come descrive, quasi presagendola, la moderna guerriglia.

 

« Debbe pertanto (il Principe) mai levare il pensiero da questo esercizio della guerra, e nella pace vi si debba più esercitare che nella guerra ; il che può fare in due modi : l’uno con le opere, l’altro con la mente. E quanto alle opere, oltre al tenere bene ordinati ed esercitati e sua (i suoi soldati), debbe stare sempre su le cacce, e mediante quelle assuefare el corpo a’ disagi ; e parte imparare la natura de’ siti, e conoscere come surgono e monti, come imboccono le valle, come iacciono e piani, ad intendere la natura de’ fiume e de’ paludi, e in questo porre grandissima cura. La quale cognizione è utile in due modi : prima, si impara a conoscere el suo paese, e può meglio intendere le difese di esso… »

 

Cresciuto nel culto di Livio e di Plutarco, nutriva una predilezione per la Roma repubblicana e bollava Cesare come « liberticida ». Ciò non gli impediva, tuttavia, di ammonire :

 

« Chi piglia una tirannide e non ammazza Bruto si mantiene poco tempo. »

 

Machiavelli non è né un cinico esaltatore del potere né un precettista. È una lente conficcata nella coscienza dell’uomo che illumina e scruta.

La sua analisi dell’uomo è impietosa, spregiudicata, gelida, tecnica. Così la sua concezione del mondo « che fu sempre ad un modo abitato da uomini che hanno avuto sempre le medesime passioni ».

Gli uomini sono naturalmente cattivi, egoisti, ribelli, antisociali.

È la legge che crea i buoni costumi.

Le cose che Machiavelli diceva cinque secoli fa urtavano e demolivano le illusioni del suo tempo, tipiche, come scrisse De Sanctis, di una « società al tramonto ». Non scorgeva né uomini, né regimi, né idee capaci di stabilire un duraturo dominio della virtù e della ragione.

Ma le illusioni rinascono con il tempo, perché la natura umana preferisce immaginarsi piuttosto che guardarsi allo specchio. Le illusioni dell’Umanesimo rinascono nell’Illuminismo e poi nel Romanticismo, e poi nel Socialismo, e infine nell’Umanitarismo che tutte le comprende.

Al di sopra di queste grandi Utopie vi sono due stermini mondiali, rispetto ai quali la strage compiuta da Cesare Borgia nella città di Sinigaglia appare poco più che un casalingo regolamento di conti.

 

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postato da: Firouzeh alle ore marzo 02, 2008 14:55 | Permalink | commenti (1)
categoria:etica, politica, storia, filosofia
venerdì, 29 febbraio 2008

à mon Père, le premier Homme de ma vie, qui a fait de moi un Homme.

Merci, Papa.

Daniela

 

 

« Pour transformer le monde, il n'est pas besoin pour toi de la pioche, de la hache et de la truelle et de l'épée. Mais il te suffit de le regarder seulement avec ces yeux de l'esprit qui voit et qui entend. »

Paul Claudel 

 

 

L’idéologie rend sourds et aveugles.

Elle refuse d’écouter ce qui n’entre pas dans son univers sectaire.

La grande majorité des gens sont sourds et aveugles aux problèmes du monde ! Tant qu’ils ne sont pas directement concernés et que les fléaux ne leur tombent pas sur la tête, ils s'en moquent !

Ils ne voient même pas qu'une grande partie de ces problèmes ont une incidence directe sur leur vie.

La Liberté n’est pas une exigence que nous devrions attendre de la Société ou de l’Etat ; elle est d’abord une exigence intérieure.

Quand les prisons de nos regards et les tombeaux des mots s'ouvrent, quand les barbelés de nos représentations sont arrachés, quand les écrans et les voiles de nos esprits sont déchirés et que les regard en miroirs sont brisés, alors les regards simples, pauvres et nus se lèvent et, sans appui, marchent à travers les murs. Comme les vitraux d'une cathédrale de lumière, ils dansent les mille couleurs des choses. Sur la montagne vide, par delà la grâce des mots et la lourdeur des choses, les mots se font silence-sonore, ténèbres-lumineuses, absence-présence.

Folie humaine ou sagesse divine?

C'est la douce folie des Enfants, des Artistes et des Saints qui nous invitent à « vivre en poésie », accordés avec cet au-delà, qui se voile et se dévoile dans le silence des choses comme dans les secrets de nos histoires.

 

 

 

Ce qu’il y a de plus important dans la vie, c’est d’apprendre à vivre.

Il n’y a rien que les hommes se montrent plus désireux de conserver que la vie, et il n’y a rien qu’ils s’efforcent moins de bien diriger.

Y réussir est chose moins facile qu’on ne pense.

 

« La vie, »

 

dit Hippocrate au commencement de ses Aphorismes médicaux,

 

« est courte, l’art est long, l’occasion passagère, l’expérience trompeuse et le jugement difficile. »

 

Le bonheur et le succès ne dépendent pas des circonstances, mais de nous-mêmes.

 

« Plus d’hommes ont dû leur ruine à leurs propres fautes qu’à la malveillance des autres ; plus de maisons et de villes ont été anéanties par l’homme que par des tempêtes et des tremblements de terre. »

 

Parler aujourd'hui d'émerveillement peut sembler une folie, mais cette folie n'est-elle pas la plus grande sagesse devant la désespérance de ce monde?

Toute l’histoire de la philosophie, depuis les Pré-socratiques jusqu’à Heidegger tourne autour de ce mystère de l’étonnement devant le sublime de la vie.

 

« Avoir l'esprit philosophique, »

 

écrit Schopenhauer,

 

« c'est être capable de s'étonner des événements habituels et des choses de tous les jours. »

 

Et Einstein nous assure :

 

« Celui qui a perdu la faculté de s'émerveiller et qui juge, c'est comme s'il était mort, son regard s'est éteint. »

 

Nous retrouvons chez tous les grands hommes cette illumination du regard. L'homme devient génial quand son moi ne fait pas écran entre le réel et la vérité; par leur avoir, leur pouvoir, ou leur savoir, les hommes se rendent aveugles.

L'homme d'aujourd'hui tombe volontiers dans l'erreur de croire que tout peut être expliqué, qu'il n'y a plus de mystère. Et que l'émerveillement ne serait que l'effet de la nouveauté sur des esprits ignorants.

L'humanité occidentale périt de cette perte du sens du merveilleux, qui est une confusion entre problème et mystère. Elle a perdu le sens du réel, en confondant réel, imaginaire et symbolique.

L'idolâtrie des choses ou des idées, et maintenant des images, est une vieille tentation de l’humanité !

S'étonner, c'est se laisser surprendre par les choses les plus simples de la vie.

Entre le choc de l'étonnement et la terre promise de l'émerveillement, il y a un long chemin d'exode, où notre esprit s'éveille et où notre regard se libère.

Il nous est dit au premier chapitre de la Genèse qu’à la fin du sixième jour :

 

« Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, tout était très bien. »

 

Non seulement bien, mais très bien ; et cependant combien peu d’entre nous savent apprécier l’admirable monde où nous vivons ?

Plusieurs d’entre nous marchent à travers la vie comme des Fantômes : ils se trouvent dans le monde sans en faire partie. Nous avons des yeux pour ne point voir et des oreilles pour ne point entendre.

Pour voir, il faut regarder.

Regarder, c'est garder, c'est monter la garde, non pour prendre l’Autre en flagrant délit mais pour se laisser surprendre.

Regarder, c’est devenir gardien de l'être, c'est veiller dans l'attente d'une « sensation vraie » comme dit Cézanne.

Regarder est beaucoup moins facile que de ne pas regarder, et c’est un don précieux que d’être capable de voir ce qui passe devant nos yeux.

Ruskin affirme :

 

« Ce que l’esprit humain peut faire de plus grand en ce monde est de regarder et de raconter tout simplement ce qu’il a vu. »

 

Je ne pense pas que les yeux de Ruskin soient meilleurs que les nôtres, mais comme il voit plus de choses avec les siens !

L'émerveillement naît d'abord du silence, et il conduit au silence. Ce silence de soi est la première condition de sa manifestation. Le silence est la trace en nous de l’émerveillement; et celui-ci est proportionnel au silence qu’il fait naître en nous. Quand l'œil écoute la musique du silence, l'esprit perçoit la mélodie secrète des choses. Le silence et l'émerveillement accomplissent ce miracle de nous introduire dans le dialogue avec un au-delà du visible et du lisible.

J'aime le silence.

Il permet d'entendre la mélodie de l'âme. Celle de l'Autre, lorsque je l'écoute se dire, ou la mienne lorsqu'elle murmure en paix.

Le silence me rapproche de l'état de nature, me rappelle que j'en suis un élément.

 

« La nature qui fait toutes choses pour qu'elles répondent à une intention et une destination précises, comme ils le disent justement, n'a pas donné la sensation à l'animal simplement pour pâtir et sentir, mais parce que, entouré d'êtres dont les uns lui sont appropriés et les autres inappropriés, il ne pourrait survivre un seul instant, s'il n'apprenait à se garder des uns et à se mêler aux autres. Or, si la sensation fournit à chacun semblablement la connaissance des uns et des autres, les conséquences de la sensation, la saisie et la poursuite des choses utiles, le rejet et la fuite des choses funestes et pénibles, nul moyen qu'elles se rencontrent chez qui n'a pas reçu par nature la faculté de raisonner, juger, se souvenir et être attentif. Les êtres qu'on dépouillera de toute attente, de tout souvenir, projet ou prépara­tion, de l'espoir, de la crainte, du désir et de l'affliction, il ne leur servira de rien d'avoir des yeux ou des oreilles ; et il vaut mieux être débarrassé de toute sensation et de toute imagination qui ne s'accompagnent pas de la faculté qui en fait usage, que d'éprouver peine, douleur et souffrance sans avoir les moyens de repousser ces maux. Et justement le physicien Straton démontre que sans l'intellection absolument aucune sensation ne se produit. Souvent en effet un texte que nous parcourons des yeux, des paroles qui frappent notre ouie nous échappent et nous fuient, parce que notre esprit est occupé à autre chose ; puis il revient : alors il change sa course et poursuit un à un chacun des mots qu'il a laissé échapper. C'est en ce sens qu'il a été dit « c'est l'intellect qui voit, l'intellect qui entend : le reste est sourd et aveugle »; car l’affection qui a pour siège l'oeil ou l'oreille ne produit pas de sensation sans la présence de la pensée. D'où la réponse du roi Cléomène : il assistait à un banquet où se faisait applaudir un chanteur dont on voulut savoir s'il ne semblait pas habile : « Voyez vous-mêmes, demanda‑t‑il, pour moi j'ai l’esprit dans le Péloponnèse ». Donc tous les êtres qui possèdent la sensation, nécessairement possèdent aussi l’intellection. »

Porphyre, De l’Abstinence, III, 21.5

 

Bien que nous ayons une ferme espérance dans les progrès de la race humaine, cependant individuellement, en avançant en âge, nous nous détachons de bien des choses qui, dans notre jeunesse, nous procuraient le plaisir le plus intense. Mais, d’un autre coté, si notre temps a été bien employé, si nous nous sommes prudemment chauffés les mains « au foyer de la vie », il se peut que l’âge nous donne plus que nous ne perdons. A mesure que nos forces diminuent, nous sentons moins aussi la nécessité de l’exercice ; l’espérance, peu à peu, fait place à la mémoire.

Celle-ci ajoutera-t-elle à notre bonheur ou non ?

Cela dépend de ce qu’aura été notre vie ici-bas.

Il y a des vies qui perdent de leur valeur à l’approche de la vieillesse ; chaque jouissance se flétrit l’une après l’autre, et celles mêmes qui subsistent perdent peu à peu de leur saveur. D’autres, au contraire, gagnent en richesse et en paix au-delà de ce que le temps leur a dérobé.

Les plaisirs de la jeunesse peuvent l’emporter en intensité et en saveur, mais ils sont toujours mélangés d’anxiété et d’agitation, et ne peuvent égaler en plénitude et en profondeur les consolations que l’âge apporte comme la plus belle récompense d’une vie exempte d’égoïsme.

Il en est de la fin de la vie comme de la fin du jour : il se peut qu’il y ait des nuages, et cependant, si l’horizon reste clair, la soirée sera belle.

Swedenborg suppose que dans le ciel les Anges avancent continuellement vers le printemps de leur vie, si bien que plus ils ont vécu longtemps, plus ils sont jeunes en réalité.

N’avons-nous pas des Amis qui semblent réaliser cet idéal, qui ont gardé, du moins par l’esprit, toute la fraîcheur de l’enfance ?

 

 

Voilà une histoire qui devrait faire prendre conscience de la difficulté à accepter la réalité telle qu'elle est.

C'est tellement plus simple de qualifier son contradicteur de fou, d'aliéné, de naïf ou d'imbécile !

Car, même si elle ne fait pas toujours plaisir, même si elle nous dérange dans notre confort et nos idées bien ancrées, même si elle chamboule le bon ordonnancement des choses, même si parfois elle fait peur, je crois qu'il faut pouvoir regarder et entendre la vérité nue, sans fard et en faisant fi de nos croyances et de nos certitudes.

Et c'est bien là le plus complexe...

 

Le Bouddha raconta cette histoire à ses moines :

« Un jeune veuf se dévouait à son petit garçon. Mais pendant qu'il était en voyage pour son métier, des bandits incendièrent tout le village, le laissant en cendres, et enlevèrent le petit garçon. Quand le père rentra, il ne retrouva que des ruines et en eut le coeur brisé. Voyant les restes calcinés d'un enfant, il crut que c'étaient ceux de son propre fils, prépara une crémation, recueillit les cendres, et les mit dans un sac qu'il emportait partout avec lui.

Un jour, son vrai fils parvint à échapper aux bandits et à retrouver le chemin de la maison, que son père avait reconstruite. Il arriva, tard dans la nuit et frappa à la porte. Le père demanda:

« Qui est là ? »

« C'est moi, ton fils. S'il te plait fais-moi entrer ! »

Le père, qui portait toujours les cendres avec lui, désespérément triste, crut qu'il s'agissait d'un misérable qui se moquait de lui. Il cria:

« Va-t-en ! »

Son enfant frappait et appelait sans cesse mais le père lui faisait toujours la même réponse. Finalement le fils partit pour ne plus jamais revenir.

Après avoir terminé ce récit le Bouddha ajouta:

« Si vous vous accrochez à une idée comme à une vérité inaltérable, quand la vérité viendra en personne frapper à votre porte, vous ne serez pas capable d'ouvrir et de l'accepter. »

tiré de l'Udana Sutta

 

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postato da: Firouzeh alle ore febbraio 29, 2008 07:53 | Permalink | commenti
categoria:amore, vita, filosofia, libertà
domenica, 24 febbraio 2008

« Il sesso non è una scoperta dei nostri giorni. Anche nei cosiddetti secoli bui dell’Occidente era al centro di una cultura naturalistica che ne presentava un’immagine liberata. »

 

 

Si deve a una vecchia leggenda storiografica d’origine illuministica, tutt’altro che criticamente meditata, la presentazione di un Medioevo tutto rivolto al cielo, un Medioevo erofobo e sessuofobo; più tardi, attraverso la trasfigurazione romantica e le fantasie preraffaellite d’età vittoriana, si sarebbe fatto sempre dell’età medievale il tempo degli amori spirituali e delle « donne angelicate ». Oggi, si tende a presentare dei secoli tra il V e il XV al contrario, un’immagine « liberata» o, se si preferisce, un’immagine conflittuale tra un Eros sfrenato e una pesante repressione da parte della Chiesa.

Un discorso chiaro e criticamente rigoroso sull’Eros ci aiuterà a meglio comprendere quel complesso periodo e a superare vecchi, ormai incrostati, pregiudizi al riguardo.

Il migliore modo per aprire questo discorso è penetrare, insieme con il grande Salomone, nel giardino dell’Amore :

 

« Sei fonte chiusa, o sorella mia sposa, fonte chiusa, sorgente sigillata. I tuoi rivi fanno un giardino de melagrane… »

Cantico dei Cantici, , 12-13

 

Generazioni intere di asceti e di teologi si sono piegate su questa sublime pagina, su questo Canto d’Amore tra i più dolci e struggenti che l’umanità sia mai riuscita a concepire. Il più grande mistico dell’Occidente, Bernardo di Clairvaux, ha dedicato al Cantico un commento pervaso a sua volta di profonda poesia. L’incontro tra lo Sposo e la Sposa nel recinto delle delizie veniva allegoricamente interpretato come l’incontro dell’Amante e dell’Amato, vale a dire dell’anima del credente e del Cristo, o ancora come il matrimonio del Cristo e della Chiesa ; e è d’altronde inutile insistere sugli accenti d’Amore e, talora, di passione, espressi in forma molto simile a quella del trasporto erotico, che pervadono le pagine di un San Bernardo stesso, di un Jacopone da Todi, di una Santa Caterina da Siena, più tardi di un San Giovanni della Croce e di una Santa Teresa d’Avila. L’espressione « unione mistica » conserva intatta, a livello allegorico, una profonda e assoluta valenza sessuale.

Questi dati sono, senza dubbio, variamente interpretabili. Alcuni psicanalisti li hanno valutati alla luce della teoria del « transfert », istituendo – in maniera, per la verità, abbastanza schematica e semplicistica – un rapporto immediato tra la repressione derivante dalla castità coatta e una forma di più o meno ambigua sublimazione attraverso l’estasi mistica.

È noto, del resto, che, nell’antichità come nel Medioevo, molte sette ereticali cristiane si posero il problema dell’erotismo e della sessualità risolvendolo, talora mediante forme di radicale astinenza, talaltra attraverso una sorta di esercizio estenuato della carne, che avrebbe dovuto portare la carne stessa a una sorta di appagamento definitivo e, quindi, al silenzio.

A un estremo di questa catena vi è la tradizione di Origene, l’autoevirazione del quale, del resto, trovava riscontro in pratiche tutt’altro che inconsuete nel misticismo e nella tradizione misterica mediterraneo-orientale dell’età pagana (si pensi ai culti di Adone, di Attis, di Cibale). All’estremo, almeno in apparenza, opposto, si situano tesi come quelle di Priscilliano vescovo di Avila (sec. IV), che da una posizione originariamente gnostico-manichea – e come tale insistente sulla dicotomia e la lotta tra Bene e Male al punto da prospettare una sorta di biteismo – era giunto a fondare una dottrina a carattere magico-iniziatico dove l’attività erotica aveva un ruolo importante nella liberazione dello spirito dalla carne.  

Intendiamoci: quando nelle fonti ecclesiastiche ufficiali si trovano cenni – e capita spesso – a presunti « disordini sessuali » praticati nelle sette ereticali, ci si deve guardare dal prendere tali informazioni alla lettera ; tra l’altro, i polemisti pagani dell’Impero Romano avevano accusato i cristiani stessi più o meno delle medesime cose. Un’accusa tipica, nata, forse, all’interno di certe cerimonie orientali presto fraintese, era quella secondo la quale esistevano gruppi ereticali che, a un dato momento del servizio divino, spengevano le luci e si davano alle più folli e disordinate pratiche erotiche promiscue, senza badare né al sesso né ai rapporti di parentela dei vari occasionali « partners » ; dopo di che i lumi si riaccendevano e le cerimonie sacre riprendevano. Questa diceria è trascorsa intatta attraverso l’intero Medioevo e gli è sopravvissuta fino a giungere, tra il Cinque e il Seicento, a costituire uno degli elementi per così dire « classici » del quadro della Messa Nera. Non vi è dubbio, tuttavia, che all’interno di vari ambienti non-conformistici – e il Medioevo occidentale ne ha conosciuto molti – si sia sviluppata in molte forme la contestazione alla morale sessuale ortodossa, così come in altrettante forme si sviluppava quella all’ecclesiologia e alla teologia ortodosse. È certo, per esempio, che nell’eresia catara, particolarmente viva tra il XII e il XIII secolo soprattutto nella Francia meridionale e nell’Italia del centro-nord, tutto quel che atteneva alla sessualità era considerato con ben altro occhio rispetto alla posizione ufficiale della Chiesa.

E iniziamo ricordando qualcosa circa la posizione ufficiale. Si è, spesso, parlato di « sessuofobia ». La tendenza cristiana all’astinenza carnale non era né più rigorosa né « rivoluzionaria » rispetto a analoghe tendenze di molte scuole filosofiche pagane, il neo-platonismo a esempio. San Paolo, tessendo il suo noto elogio della castità e ritenendo lo stato matrimoniale imperfetto nei confronti dello stato della verginità o della continenza, aveva inteso stabilire una gerarchia di perfezione, non interdire o svalutare i rapporti sessuali, a patto che si esercitassero nell’ambito del matrimonio legittimo e allo scopo della procreazione. Si può, quindi, parlare, forse, di un antierotismo cristiano, ma non propriamente di una sessuofobia. Quanto poi alla celebre misoginia della Bibbia e di molti dottori della Chiesa, vi è tutta una tradizione greca e romana non meno dura e non meno ingiusta con le donne. Si può semmai fare nostra la tesi di un grande studioso inglese, Clive Staples Lewis, secondo il quale è « ovvio che il Cristianesimo, in senso molto lato, insistendo sulla pietà e sulla sanità del corpo umano, tendesse a ammorbidire e mitigare le estreme brutalità e irriverenze del mondo antico in tutti i campi della vita umana e quindi anche nelle questioni sessuali ».

Ma la tesi propugnata dai catari a proposito del sesso era molto lontana da quella cristiana ortodossa. Il Catarismo era una religione o, se si preferisce, una dottrina filosofico-religiosa d’origine manichea : come tale, insegnava la coesistenza di due principi, l’uno spirituale e l’altro materiale, nel cosmo, e la loro lotta perpetua. La creazione, opera del Principio della Materia o delle Tenebre aveva avuto il risultato di avvolgere, di imprigionare nella materia una quantità di forze spirituali ; lo stesso uomo, in quanto anima immortale, era Spirito, era Luce, e suo compito era liberarsi dalla materia per unirsi al Principio della Luce. Quest’ultimo, per quanto si facesse per farlo somigliare al Dio cristiano, era simile piuttosto all’Ahura Mazda persiano ; e, per contro, il Dio-creatore della Bibbia, lo Iahvè dei Patriarchi, veniva – in quanto creatore della Materia – a identificarsi con il Dio della Tenebra.

Discendeva da tutto ciò che non era tanto l’atto sessuale a venir condannato, quanto piuttosto la procreazione, poiché la generazione perpetuava la prigionia dello Spirito da parte della Materia. Laddove teologi e moralisti cattolici insegnavano che il peggiore peccato sessuale era la dispersione del seme, i missionari catari insegnavano esattamente il contrario ; e, per quanto i loro mistici – i cosiddetti « Perfetti » – rinunciassero, rigorosamente, insieme con l’alimentazione carnea e il consumo di uova e latticini – vale a dire di tutto quanto proveniva da un atto generativo animale –, anche alle pratiche sessuali, si finiva con l’insegnare che esse non erano peccato tanto in sé quanto nelle loro conseguenze « naturali », giacché la natura e le sue leggi materiali altro non erano se non un tranello del « dio malvagio » per eternare la prigionia dello Spirito.

Occorsero una crociata sterminatrice nel Mezzogiorno francese, nella prima metà del duecento e una pesantissima repressione inquisitoriale negli anni che l’accompagnarono e la seguirono, per far tacere nel fumo dei roghi l’eresia catara. Ma, nei decenni successivi, altre eresie sorsero, talora, forse, in, sia pur problematico, rapporto con la « Voce » che era stata obbligata a tacere.

Dell’eresia di un lontano seguace di Gioacchino da Fiore, Gherardo Segalelli, fondatore della setta degli

« Apostolici », ci parla il cronista francescano Salimbene da Parma, il quale si affretta a informarci che in essa avevano un ruolo importante certe ambigue figure femminili, certe « apostolesse », e che il credo di sconfinata libertà individuale da questi predicato si traduceva tra l’altro in sfrenata licenza sessuale. Di predicazione di « liberatorie » pratiche sessuali di gruppo fu accusato quello strano riformatore religioso-sociale della fine del Duecento, che fu il piemontese Dolcino, ricordato anche da Dante. E finalmente, gli adepti della setta detta del « Libero Spirito » proclamavano la libertà completa della carne e dello spirito, e la loro esperienza, reinterpretata e rivissuta attraverso i secoli, non è estranea né a un certo misticismo tedesco o fiammingo della fine del Medioevo né al cosiddetto movimento « libertino » dell’età moderna.

Insomma, il panorama dei rapporti tra Cristianesimo e sessualità nelle varie dottrine medievali è assai sfaccettato e composito.

Le pratiche acetiche, a esempio, introducevano nel problema nuovi argomenti. Si sbaglierebbe, intanto, attribuendo a tutto il Cristianesimo, e fino dalle origini, una coerente ispirazione puritana : il Vecchio Testamento è molto lontano da essa e lo stesso celibato dei chierici non si è affermato, e a fatica, che nel corso dell’XI secolo. Semmai, la castità veniva eroicamente abbracciata, insieme con altre e non meno pesanti privazioni, all’interno degli ambienti monastici : e relativamente a essi bisogna distinguere tra una castità intesa come esercizio di disciplina quasi militare, secondo la regola benedettina della quale è stato rilevato unanimemente il carattere romano e, per così dire, « legionario », e una intesa come lotta violenta contro la carne e la tentazione, quale ce la presentano certe tradizioni eremitiche d’impronta orientale che trovano il loro prototipo nella « Vita » di Sant’Antonio abate.

È nell’ambito della produzione agiografica dipendente da questo testo che ci imbattiamo per la prima volta in una figura destinata a divenire familiare, il « demonio succubo » che assume sembianze di bella fanciulla per indurre in tentazione. Lo schema è, in generale, molto semplice : al sant’uomo si presenta una splendida fanciulla, in assetto così misero da provocare compassione ; invitata a entrare nell’eremo, nutrita, scaldata, ecco che inizia la scena di seduzione ; infine, o l’asceta resiste e il diavolo finisce con l’abbandonare il campo o cede alle lusinghe e subisce le beffe atroci dell’avversario, il teatro e la novellistica hanno ripetuto all’infinito, e con innumerevoli varianti, questo quadro.

Viene da chiedersi se il nucleo primitivo di questi racconti risieda in esperienze reali o oniriche, in modelli leggendari orientali o ellenistici, in una produzione letteraria che, oggi, è universalmente ritenuta come fondamentale allo sviluppo dell’agiografia cristiana, vale a dire nel romanzo alessandrino, o sia piuttosto la volgarizzazione di un uso ascetico-iniziatico che non doveva essere infrequente nella mistica cristiana delle origini, e che, già verso la metà del III secolo, era stato oggetto del divieto impostogli da San Cipriano, vescovo di Cartagine : alludo all’« agapismo » (dal greco « agapè », amore non carnale), pratica consistente nell’uso di dormire con persone di opposto sesso conservando la castità. Si trattava naturalmente di un’usanza atta a mettere alla prova forza d’animo e controllo della propria volontà : ne troviamo il ricordo in certi usi prenuziali o nuziali vivi fino agli inizi del ‘900 in tutta Europa: la veglia alla fidanzata distesa in abito nuziale su un letto già pronto in Spagna, oppure le cosiddette « notti di Tobia » in cui gli sposi dovevano restare fianco a fianco, pregando e conservando la castità, come nell’agiografia medievale più matura. A proposito di Bernardo di Clairvaux, si narra, per esempio, un episodio simile: il santo non aveva provocato la pericolosa vicinanza di una fanciulla, ma seppe nondimeno sostenerla onorevolmente. Di San Francesco d’Assisi, si racconta una cosa un po’ diversa, tipica del resto del suo modo di convertire non con belle parole, ma con l’esempio : durante il suo viaggio in Egitto, una prostituta saracena gli si sarebbe avvicinata offrendogli compagnia ; il santo avrebbe accettato, invitandola a sua volta nel suo letto ; ma la ragazza si sarebbe ritratta inorridita vedendolo sdraiarsi tranquillamente su un letto di fiamme e di braci ardenti e invitandola a seguirlo. Il che ricorda la pratica simile e contraria, sempre di San Francesco, di rotolarsi tra i rovi o nella neve allorché un desiderio disonesto lo assaliva. Sempre in materia di casti sonni, quello di Tristano e Isotta simbolicamente separati dalla spada del cavaliere posta tra loro sembra richiamare a un costume affine all’agapismo.

A ogni modo, nella misura in cui la Chiesa interessava un vasto numero di persone, i problemi sessuali vi si ponevano anche come problemi sociali. Da quando, a partire dalla metà dell’XI secolo, si prese a proibire il matrimonio del clero secolare, in altre parole dei preti, iniziarono grosse questioni ; era difficile impedire che, specie nelle comunità più piccole e remote dai grandi centri urbani, i sacerdoti avessero, per esempio, relazioni di concubinato con le loro serve : e la mentalità popolare, a ciò assuefatta da una lunga consuetudine, stentava a vedervi qualcosa di male. Negli ambienti, invece, dove la coabitazione di più persone dello steso sesso e anche di età differente era comune – il monastero, la canonica, la scuola della cattedrale – era piuttosto l’omosessualità a svilupparsi. Questo valeva per gli uomini, monaci o sacerdoti che fossero ; ma valeva anche per le monache, con l’aggravante che queste – poiché la tradizione cristiana, erede dell’ebraica, interdiva il sacerdozio femminile – avevano bisogno di contatti con i preti per le loro necessità spirituali e liturgiche. E ecco, dunque, lo scandalo di cappellani e di confessori di monache, nonché di servi laici dei monasteri femminili, impegnati in estenuanti prove amorose, fonte a loro volta di inesauribili proverbi e storielle. E ecco, ancora, lo « scandalo » di certi ordini che avevano provato la via del superamento almeno parziale della segregazione per sessi inaugurando il costume dei cosiddetti « monasteri doppio », uno maschile e uno femminile, separati solo da un muro e, in genere, diretti dalla badessa.  Ci provarono, nell’XI, secolo l’ordine di Fontevrault, fondato da quel Roberto di Arbrissel che si era reso celebre come convertitore di prostitute, e, nel XIV, quello di Santa Brigida : e, in entrambi i casi, l’esperimento si esaurì nel breve giro di qualche anno.

Era, del resto, difficile mantenere un monastero femminile al riparo dal mondo circostante, anche perché sovente molte delle sue ospiti, e la badessa medesima, erano – come quella descritta da Chauser nei suoi « Racconti de Canterbury » - dame di illustre lignaggio, abituate ai cibi delicati, alla vita elegante, ai rapporti con il mondo dei ricchi e dei potenti. Attraverso tutto ciò, le tentazioni e i vizi non tardavano a varcare i cancelli delle abbazie.

Meno drammatica doveva essere, a causa della scarsa considerazione in cui le donne in genere furono tenute fino a almeno tutto l’XI secolo, la situazione nei monasteri maschili. Il Medioevo aveva ereditato dall’antichità una forte propensione per l’omosessualità maschile, nonostante le dure condanne della Chiesa, erede dell’etica ebraica. Anche i monaci, gli abati soprattutto, erano spesso di nobile prosapia, e come tali assuefatti ai costumi e ai gusti di quella società cavalleresca all’interno della quale – come di molte « società militari », da quella spartana a quella prussiana di qualche secolo fa – la pederastia era qualcosa di consueto, una parte integrante, si può dire, del tirocinio tecnico-iniziatico del guerriero. Già Tacito ci dice qualcosa di simile per certe tribù germaniche, prendendo cura di sottolineare come tutto ciò fosse ben lungi dall’accompagnarsi a fenomeni di effeminatezza; e un cronista dei primi del XII secolo, parlandoci di un cavaliere che aveva abbandonato la comitiva di suoi pari raccolti attorno a un grande feudatario, ci dice eloquentemente che era « quasi uscito dalle fiamme di Sodoma », dove, tuttavia, il riferimento sembra diretto più a una situazione di viziosità generale che non a una specifica allusione di omosessualità. Insomma, la società aristocratica e guerriera anteriore alle Crociate ci si presenta – e tale si scorge in quel poema « di soli uomini » che è la « Chanson de Roland » - come una società in cui si poteva benissimo fare a meno delle donne. L’amore spirituale, per il cristiano, era la « charitas » ; quello più squisitamente umano era semmai l’« amor socialis », l’« amicitia » alla quale già gli autori latini avevano, secondo il modello aristotelico, dedicato i loro elogi. Il ruolo della donna era pallido e sfocato : concubine e contadine servivano egregiamente agli appetiti e agli sfoghi sessuali dei grandi e dei cavalieri ; quanto al matrimonio, era piuttosto un affare politico, una questione di alleanze tra lignaggi, di doti e di eredità, qualcosa che, in genere, si combinava tra le famiglie quasi sempre sulla testa dello sposo e sempre su quella della sposa. E difficilmente si può, forse, immaginare il tedio della castellana, passata poco più che bambina dal « mundio » (tutela giuridica) di rigidi parenti a quello di un freddo e manesco consorte, in tutto a lui soggetta e talora malmenata, messa rapidamente incinta per poter assolvere con maggiore speditezza e più ampie possibilità – il tasso di mortalità infantile era elevatissimo – al suo ruolo di « fabbrica-eredi », posposta nelle attenzioni del suo signore a un’ancella e, perfino, a un paggio, abbandonata per lunghi periodi dell’anno in coincidenza delle guerre feudali o delle spedizioni in terra lontana e, infine, assai di frequente, vedova anzitempo, costretta dalle necessità politico-economiche della solidità del lignaggio a privarsi di un altro eventuale consorte.

È straordinario come, in questo deserto, possa essere nato il fiore della « Fin’ Amor », l’« Amor Cortese », che, secondo Denis de Rougemont, sta alla base del moderno concetto d’Amore, il quale sarebbe, pertanto, un’invenzione del XII secolo. Molti elementi concorsero, senza dubbio, a crearlo : intanto, l’elaborazione di un’etica cavalleresca nuova, nata dalla riforma della Chiesa e dalla Crociata, che imponeva ai rudi guerrieri di un tempo il rispetto e la difesa dei più deboli e la fedeltà alla parola data ; poi, la riscoperta di una certa Poesia latina, soprattutto del grande teorico dell’Amore antico, Ovidio ; infine, forse, il modello dell’Amore divino proposto dalla mistica di San Bernardo e, in genere, dall’ascesi platonica, dove si intendeva giungere all’Amore di Dio attraverso quello della dama, senza rinnegare quest’ultimo.

Si è in passato insistito sul fatto che quello che la letteratura tedesca definiva il « Frauendienst », « il servizio della dama », si fosse presentato nello stesso tempo di un potente rilancio del culto della Vergine Maria in termini feudali (regina, Madonna, « mea domina », « mia signora »). Si stenta, tuttavia, a accordare origini cristiane a un universo mentale come quello dell’« Amor Cortese », tanto diverso dagli orizzonti etici proposti dalla Chiesa. La « Fin’ Amor » ha piuttosto l’aria di una trasfigurazione per così dire al femminile dei rapporti vassallatici : laddove un tempo affetto, devozione, Amore quasi carnale – ne è testimonianza l’elegia anglosassone in cui il guerriero ricorda con nostalgia il tempo in cui abbracciava e baciava il suo signore – si riservavano al proprio superiore nella scala gerarchica feudale, ecco che si estendono alla propria consorte, significativamente chiamata, talvolta, « midons », « meus dominus », « mio signore ».

Molti si sono chiesti se la « Fin’ Amor » era un sentimento « platonico » - l’aggettivo è inadeguato alla situazione – o se tendeva piuttosto a concrete realizzazioni. Non è questo il punto : e niente di più pericoloso, del resto, di generalizzazioni tentate sulla base di una lettura troppo romantica o troppo realistica di testi trobadorici assai differenti tra loro. Più importante mi sembra semmai comprendere il suo valore e il suo significato sotto il profilo sociologico. L’« Amor Cortese » nasce all’interno di certe Corti del sud della Francia e da là si irradia verso il nord, poi verso l’Italia, l’Aragona, più tardi la Germania. Ne sono « inventori » - se così posso esprimermi – dei poeti che appartengono o che sono comunque legati alla cerchia dei feudatari minori, della bassa nobiltà, insomma dei cavalieri. Nella vita abbastanza austera e, a volte, un po’ tetra del castello, in una società totalmente e prevalentemente maschile, la dama dell’alto feudatario, le sue figlie, le sue ancelle sono l’unica presenza gentile, e a loro – ma segnatamente alla prima – si indirizzano gli interessi e le attenzioni dei vassalli. Siamo, senza dubbio, agli albori dell’Amore-Passione, quello che trascinerà i Poeti dell’età romantica : ma il Medioevo non conosceva, a dire il vero, la passione se non come appetito sessuale, come « libido », o come sospensione temporanea delle facoltà razionali. Nella « Fin’ Amor », la dama diveniva oggetto di un culto feudale che era il corrispettivo della fedeltà dovuta al marito e che, come tale, non si poteva rendere – come sottolinea il teorizzatore dell’« Amor Cortese ». Andrea Cappellano, che ha fissato tutto ciò in un trattato celebre – se non a qualcuno socialmente parlando di rango più elevato. Ciò detto, tutte le strade erano aperte : dal dolente « amore di terra lontana », non corrisposto o ignorato dalla signora, che avrebbe fatto sognare i romantici, fino al raggiungimento anche pieno degli scopi degli amanti e, quindi – si ricordino i casi di Tristano e Isotta, di Lancillotto e Ginevra – all’adulterio, giacché per definizione la « Fin’ Amor » si rivolgeva a donne sposate. È soprattutto questo il dato che ha fatto parlare di inconciliabilità tra l’etica dell’« Amor Cortese » e quella del Cristianesimo, tanto più che, in linea generale, non si potevano nutrire sentimenti di « Amor Cortese » nei confronti della propria moglie, sentita sempre – anche se di alto rango – come proprietà del marito e, quindi, come qualcosa di inferiore rispetto a lui : cosa questa che contrastava con una delle prime regole cortesi, che l’Amata fosse socialmente e psicologicamente più in alto dell’Amante.    

Ma né l’Amore impossibile né l’adulterio erano i soli fini dell’« Amor Cortese ». Doveva, talora, nella pratica, presentarsi nei confronti di giovani ereditiere e costituire, quindi, la base per la promozione sociale del vassallo, attraverso un buon matrimonio. Ecco, quindi, che, al di là della teoria e della letteratura, il corteggiamento fatto di poesie e di nobili gesta rivelava in ultima analisi il suo aspetto funzionale, la sua intima ragione pratica.

Se la « Fin’ Amor » era un valore pseudo-cavalleresco, l’eros medievale si indirizzava d’altro canto anche verso altri ambienti. I chierici, gli studenti, in genere gli intellettuali, presero per tempo a elaborare una loro poesia erotica, in generale in lingua latina, dove si riprendevano gli accenti sensuali e appassionati di un Ovidio e di un Properzio, e dove – in dichiarata concorrenza con i cavalieri – si celebrava un Amore più francamente sensuale e adulterino, quale troviamo a esempio nella Poesia goliardica.

Non che i toni sensuali fossero, peraltro, ignoti alla poesia cortese. Un evidente aspetto della « Fin’ Amor » era, a esempio, il suo carattere classistico : l’« Amor Cortese » si rivolgeva sempre e solo alle nobili dame, mentre lo stesso raffinato teorico, Andrea Cappellano, dichiarava con elegante brutalità che le fanciulle appartenenti a bassi ceti – a esempio le contadine o le pastorelle – si potevano non soltanto richiedere insistentemente d’Amore, nel senso più concreto del termine, ma anche « forzare con moderata coercizione », il che fuor di metafora voleva dire intimidire o affascinare con lo sfoggio dello splendore del proprio rango cavalleresco o anche giungere a violentare. Nel « Jeu de Robin et de Marion », la villanella Marion è fatta oggetto, da parte di un cavaliere di passaggio, di una corte tanto pressante da spingerla a chiedere a gran voce aiuto.

Il rapporto sovente brutale tra i bei cavalieri e le pastorelle ci pone un problema non solo etico-sociale, ma anche culturale nel senso più profondo del termine : quindi, se vogliamo, addirittura etnico. Nella poesia cortese, non a casa, all’ideale di bellezza feudale – capelli biondi, occhi azzurri, taglia sottile – fa riscontro un tipo fisico « villano » - capelli e occhi scuri, taglia robusta – che fa pensare anche a un incontro-scontro tra i discendenti dei conquistatori franchi, d’origine germanica, e – per la Francia almeno – la preesistente popolazione gallo-romana ridotta in stato di soggezione. Ma anche quando gli  elementi etnici non erano così evidenti, come in Germania, il conflitto culturale scoppiava ugualmente, giacché a un’aristocrazia cristallizzata più profondamente e aderente ai nuovi valori cortesi si contrapponeva una massa contadina della quale si sa ben poco ma che certo era stata cristianizzata più superficialmente e affrettatamente e custodiva, pertanto, una serie di credenze e di abitudini precristiane e acristiane, un patrimonio folklorico difficilmente traducibile in un’etica comportamentale coerente rispetto agli  insegnamenti della Chiesa.  

 

 

continua…

 

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postato da: Firouzeh alle ore febbraio 24, 2008 14:45 | Permalink | commenti (1)
categoria:poesia, amore, letteratura, storia, eros, filosofia, donna, cristianesimo
lunedì, 18 febbraio 2008

Liberté


Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable, sur la neige,
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre, sang, papier ou cendre,
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois,
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids, sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance,
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées,
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante,
J'écris ton nom

Sur les champs, sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres,
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer, sur les bateaux
Sur la montagne démente,
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade,
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique,
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent,
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qu s'éteint
Sur mes maisons réunies,
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre,
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite,
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni,
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend,
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence,
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui,
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort,
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître,
Pour te nommer

Liberté.

 

Paul Eluard

 

 

 

« Je défendrai mes opinions jusqu'à ma mort, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez défendre les vôtres. »

Francois-Marie Arouet, nom de plume Voltaire

 

Dans l’Antiquité, un philosophe n’est pas nécessairement, comme on a trop tendance à le penser, un théoricien de la philosophie. Un philosophe, dans l’Antiquité, c’est quelqu’un qui vive en philosophie, qui mène une vie philosophique. Caton le jeune, homme d’Etat du I siècle av. J. C., est un philosophe stoïcien et pourtant il n’a rédigé aucun écrit philosophique. Rogatius, homme d’Etat du III siècle ap. J. C., est un philosophe platonicien, disciple de Plotin, et pourtant il n’a rédigé aucun écrit philosophique. Mais tous deux se considéraient eux-mêmes comme des philosophes, parce qu’ils avaient adopté le mode de vie philosophique.

Et que l’on ne dise pas que c’étaient des philosophes amateurs. Aux yeux des Maîtres de la philosophie antique, le philosophe authentique n’est pas celui qui disserte sur les théories et commente les auteurs.

Comme le dit Epitècte :

 

« Mange comme un homme, bois comme un homme, habille-toi, marie-toi, aie des enfants, mène une vie de citoyen… Montre-nous cela, pour que nous sachions si tu as appris véritablement quelque chose des philosophes. » 

 

Le philosophe antique n’a donc pas besoin d’écrire. Et, s’il écrit, il n’est pas nécessaire non plus qu’il invente une théorie nouvelle, ou qu’il développe telle ou telle partie d’un système. Le philosophe antique n’a rien à voir avec nos philosophes contemporains, qui s’imaginent que la philosophie consiste, pour chaque philosophe, à inventer un « nouveau discours », un nouveau langage, d’autant plus original qu’il sera plus incompréhensible et peu artificiel. Le philosophe antique, d’une manière générale, se situe dans une tradition et se rattache à une école. Epictète est stoïcien. Cela veut dire que son enseignement va consister à expliquer les textes des fondateurs de l’école, Zénon et Chrysippe, et surtout à pratiquer lui-même et à faire pratiquer par ses disciples le mode de vie propre à l’école stoïcienne. Cela ne veut pas dire pourtant qu’il n’y aura pas des caractéristiques propres à l’enseignement d’Epictète. Mais elles ne modifieront pas les dogmes fondamentaux du stoïcisme ou le choix de vie essentiel ; elles se situeront plutôt dans la forme de l’enseignement, dans le mode de présentation  de la doctrine, dans la définition de certains points particuliers ou encore dans la tonalité, la coloration particulière qui imprégnera le mode de vie stoïcienne proposé par le philosophe.

Le stoïcisme est une philosophie de la cohérence avec soi-même. Cette philosophie se fonde sur une remarquable intuition de l’essence de la vie. D’emblée, dès le premier instant de son existence, le vivant est instinctivement accordé a lui-même : il tend à se conserver lui-même et à aimer sa propre existence et tout ce qui peut la conserver. Cet accord instinctif devient accord moral avec soi, lorsque l’homme découvre par sa raison que c’est le choix réfléchi de l’accord avec soi, que c’est l’activité même du choix qui est la valeur suprême et non les objets sur lesquels porte l’instinct de conservation. C’est que l’accord volontaire avec soi coïncide avec la tendance de la Raison universelle, qui non seulement fait de tout être vivant un être accordé à lui-même, mais du monde entier lui-même un vivant accordé à lui-même.

Comme le dira Marc Aurèle :

 

«  Tout ce qui est accordé avec toi est accordé avec moi, ô Monde. »

 

Et la société humaine, la société de ceux qui participent à un même logos, à une même Raison, forme en principe, elle aussi une Cité idéale, dont la Raison, la Loi, assure l’accord avec elle-même. Il est bien évident enfin que la Raison de chaque individu, dans l’enchaînement des pensées ou des paroles, exige la cohérence logique et dialectique avec elle-même. Cette cohérence avec soi est donc le principe fondamental du stoïcisme.

Pour Sénèque, toute la sagesse se résume dans la formule :

 

« Toujours vouloir la même chose, toujours refuser la même chose. »

 

Il n’est pas besoin d’ajouter, continue Sénèque, la toute petite restriction :

 

« A condition que ce que l’on veut soit bon moralement. »

 

car, dit-il,

 

« La  même chose ne peut universellement et constamment plaire que si elle est moralement droite. »

 

Le sage stoïcien est lui aussi l’égal de Dieu, Dieu qui n’est autre que la Raison universelle, produisant en cohérence avec elle-même tous les événements cosmiques. La raison humaine et une émanation, une partie de cette Raison universelle. Mais elle peut s’obscurcir, se déformer par suite de la vie dans le corps, par l’attrait du plaisir. Seul le sage est capable de faire coïncider sa raison avec la Raison universelle. Mais cette coïncidence parfaite ne peut être qu’un idéal. Le sage est nécessairement un être d’exception ; il y en a très peu, peut-être un, ou même pas du tout.

La philosophie n’est pas la sagesse, elle est seulement l’exercice de la sagesse et le philosophe n’est pas un sage, il est donc un non-usage.

La philosophie stoïcienne a donc pour but, comme projet, comme objet, de permettre au philosophe de s’orienter dans l’incertitude e la vie quotidienne en proposant des choix vraisemblables, que notre raison peut approuver, sans qu’elle ait toujours la certitude de bien faire. Ce qui compte, ce n’est pas le résultat ou l’efficacité, c’est l’intention de bien faire. Ce qui compte, c’est de n’agir qu’avec un seul motif : celui du bien moral, sans autre considération d’intérêt ou de plaisir.

C’est là la seule valeur, l’unique nécessaire.

 

 « Ma petite D, « la philosophie te fournira le fond, la rhétorique, la forme de ton discours » (Fronton). »

 

me répétait mon Père.

Mon père n’a jamais été pour moi la personnification du pouvoir, de la force et de l’autorité. C’est pour cela que je l’aimais. Le calcul différentiel et intégral n’a jamais semblé convenir à sa personnalité. Mais peut-être étais-je victime du vieux préjugé selon lequel les mathématiques sont une science aride et le mathématicien un homme d’une autre espèce. Je n’arrivais absolument pas à comprendre comment cet homme ardent et timide pouvait avoir le moindre point commun avec les théorèmes de Pythagore ou avec le binôme de Newton. Tout cela ne m’intéressait pas à cette époque. Il aimait trouver en moi les qualités féminines et n’essayait jamais de les rabaisser ni de les ignorer.

Il était pour moi la grande personne autour de laquelle tournait la mécanique de la vie.

J’aimais sa perplexité devant mon indépendance précoce.

Puisque son fils était irrémédiablement d’un autre monde, avec une autre philosophie de la vie, une autre morale, alors pourquoi cette petite fille si avide d’apprendre et de comprendre ne serait-elle pas son héritière véritable, l’héritière de ses ruptures et de sa liberté, de son esprit indépendant, de sa culture, de son cosmopolitisme et de son non-conformisme ?

Elle avait eu la chance d’échapper à l’Amour des mères, qui tendait à ramener les filles du côté de la tradition et de la passivité.

En serait-elle moins femme ?

La question ne préoccupait pas mon Père. Il n’aurait su dire ce que devait être une femme.

Une fille sage ou une rebelle à l’humeur imprévisible ?

Antigone. Phèdre, Marguerite de Navarre ou la Princesse de Clèves ?

Mon père, si plein de préjugés à l’égard des femmes, ne pensait pas en ces termes quand il songeait à l’avenir de sa fille. Aux yeux de cet homme qui répétait sans cesse que rien d’humain ne devrait nous être étranger, l’âge et le sexe n’étaient que des contingences secondaires.

Si elle le souhaitait, il l’aiderait à devenir, elle, un individu libre.

Elle serait son prolongement.

Elle le suivrait et continuerait, accomplissant ce qu’il n’avait pu mener à bien.

Elle ne se soucierait pas d’entretenir et de faire prospérer le patrimoine, de perpétuer le nom.

Elle serait quelqu’un, c'est-à-dire quelqu’un d’autre, radicalement.  

Il n’aurait osé rêver que je suivisse sa pente à lui, au moins pour ce qui était du nomadisme – on n’est bien qu’ailleurs – et de la liberté solitaire. Et pourtant je l’ai fait, y ajoutant, certes, une forme de conjugalité et une obstination au travail qu’il eût prise, peut-être, pour un acharnement excessif.

Sa mort a été une disparition, non un abandon.

Je n’ai pas eu à me libérer des suites d’une éducation bourgeoise comme Louis Aragon ou Jean-Paul Sartre. J’ai grandi en France à une époque où l’on savait que le vieux monde allait, de toute façon, à sa perte. Personne ne défendait sérieusement les anciens principes, du moins pas dans mon milieu. La contestation était l’air que nous respirions, elle a nourri mes premières vraies émotions. Beaucoup plus tard seulement, à l’age de vingt ans, j’ai su que j’appartenais de par ma naissance à la bourgeoisie. Je ne me sens absolument pas liée à elle. En tant que classe social, elle a toujours éveillé en moi cependant plus de curiosité et d’intérêt que les débris de l’aristocratie et au moins autant que la classe ouvrière. Mais c’est de l’Intelligentsia, déclassée ou non, que je me sens la plus proche. Me sont étrangers, par contre, ceux qui détiennent le pouvoir, les dictateurs, les triumvirs, les hommes à qui on rend un culte, ceux qui y aspirent, les rois de tout poil. A ces dinosaures, je préfère encore les requins, au sens propre et figuré.  

Ce qui m’intéresse, ce n’est pas la dimension horizontale de notre existence, les préoccupations de la vie quotidienne auxquelles nous sommes tous confrontés, mais sa dimension verticale, intellectuelle. Peu de gens y accédaient autrefois et de ce fait en avaient mauvaise conscience. A présent, ce n’est plus le cas : il suffit de vouloir lire, réfléchir et savoir. Comme l’a dit Karl Jaspers, point n’est besoin d’apprendre à éternuer ou à tousser, mais la raison, elle, se cultive, car ce n’est pas une simple fonction organique.   

Etre philosophe, ce n’est pas avoir reçu une formation philosophique théorique, ou être professeur de philosophie, c’est, après une conversion qui opère un changement radical de vie, professer un mode de vie différent de celui des autres hommes. On considère souvent les conversions comme des événements qui se produisent instantanément dans des circonstances inattendues. Et l’histoire abonde en anecdotes de ce genre : Polémon entrant par hasard, après une nuit de débauche, au cours du philosophie platonicien Xénocrate, Augustin entendant la voix d’un enfant disant « Prends et lis », Saül terrassé à Damas.

Entre parenthèses, il ne serait pas du tout intéressant de connaître, dans tous ses détails, la manière dont s’est déroulée ma conversion à la philosophie.

Bien de points restent encore inconnus pour moi-même.

Pourtant, douée d'une extraordinaire faculté d'imagination qui me faisait embrasser et comprendre ce que mes yeux ne pouvaient me montrer, dès mon enfance j’ai entrevu ce que pouvait être l’idéal d’une vie philosophique.

L'imagination, cette « Magie Sympathique » aide à comprendre les arguments d'un interlocuteur, à ressentir la souffrance de l'Autre, quelque soit cet Autre.

Cette faculté « à se transporter en pensée à l'intérieur de quelqu'un » amène bien sûr à s'ouvrir à d'Autres idées, à vivre d'Autres expériences. Je ne renonce jamais à un être que j’ai connu, et assurément pas à mes personnages.

Je les vois, je les entends, avec une netteté que je dirais hallucinatoire si l'hallucination n'était autre chose, une prise de possession involontaire.

C'est ce que les sages hindous appellent l'attention.

Nul doute que cette attention, cette propension à se mettre à la place de l'Autre en faisant abstraction de soi, a joué un rôle de première importance dans ma grande ouverture d'esprit face aux Athéismes comme aux Religions, aux Politiques comme aux Philosophies.

Les personnes qui ont accompagné ou croisé ma vie n’ont été vraiment aimées par moi que quand j’en ai fait des personnages, des figures à mi-chemin entre le réel et la fiction  - avant même de leur assigner une place dans mon univers littéraire –, puis quand j’ai commencé à les décrire, à les écrire.

Profondément, de ma vie ne m’intéresse que ce qui peut être prétexte à reconstruction littéraire.

 

« La vie d’un homme est son image… On peut dire alors ceci que j’entrevois comme une sincérité renversée (de l’artiste) : il doit, non pas raconter sa vie telle qu’il a vécue, mais la vivre telle qu’il la racontera. Autrement dit : que le portrait de lui que sera sa vie, s’identifie au portrait idéal qu’il souhaite ; et, plus simplement, qu’il soit qu’il se veut. »

André Gide, Journal, 3 janvier 1892

 

Restituer, réinterpréter mes lignes maternelles et paternelles, mon enfance et mon adolescence m’a passionnée.  

Très peu d'adultes se laissent habiter par des Etres en leur donnant autant d'importance qu'ils s'en donnent à eux-mêmes. Cette magnifique façon d'appréhender le monde de l'intérieur, à l'instinct, est le propre des enfants.

Si les adultes s'en souvenaient, ils éviteraient de proférer certaines stupidités : éviteraient bien de stupidités !

 

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postato da: Firouzeh alle ore febbraio 18, 2008 23:08 | Permalink | commenti
categoria:filosofia, libertà
martedì, 12 febbraio 2008

 Sonnet CXVI

William SHAKESPEARE

 

 

Let me not to the marriage of true minds

Admit impediments. Love is not love

Which alters when it alteration finds,

Or bends with the remover to remove :

 

O no ! it is an ever-fixed mark
That looks on tempests and is never shaken ;
It is the star to every wandering bark,
Whose worth’s unknown, although his height be taken.

 

Love’s not Time’s fool, though rosy lips and cheeks
Within his bending sickle’s compass come :
Love alters not with his brief hours and weeks,
But bears it out even to the edge of doom.

 

If this be error and upon me proved,
I never writ, nor no man ever loved.

 

-

 

All’unione di anime costanti io mai
porrò impedimenti : l’Amore non è Amore
Se muta quando vede mutamenti.
O da chi si ritira inclina a ritirarsi.

 

Oh, no, l’Amore è un faro sempre fisso,
Che sfida le tempeste e mai ne è scosso;
E’ la stella polare di ogni barca vagabonda,
In sé ignota pur se ne è nota la distanza.

 

L’Amore non è lo zimbello del Tempo, anche se rosee
Labbra e guance sotto la sua falce dovran cadere;
L’Amore non muta con i suoi brevi giorni,
Ma resiste immutato fino all’ora del Giudizio.

 

Se questo è falso e tale sia provato,
Io non ho mai scritto, né mai nessuno ha amato.

  

-

 

Ne laissons mettre empêchement aux épousailles
Des esprits accordés ; l’Amour n’est pas l’Amour,
Qui varie en trouvant que son objet varie,
Ou recule aussitôt que l’autre a reculé.

 

Mais non ! C’est un phare érigé pour toujours,
Qui voit les ouragans sans jamais en trembler ;
Il est l’astre guidant toute barque en dérive,
Dont on prend la hauteur, mais en ignorant sa vertu.

 

L’Amour n’est pas jouet du Temps, même si sous sa faux
Sont prêtes à tomber les lèvres roses et les joues ;
Il ne varie avec ses courtes heures ou semaines,
Mais les emporte au seuil du Jugement dernier.

 

Si je faute en ceci et que ma vie le prouve,
Nul n’a jamais aimé et je n’ai point écrit.

 

 

« Il n’y a rien, dans un écrivain, que son langage : son langage est tout ce qu’il nous donne… »

 

dit avec force Thierry Maulnier.

Et il ajoute :

 

« L’acte de l’écrivain n’est pas autre chose que l’acte qui fait choisir tel mot et rejeter tel autre… »

 

Ecrire, pour un artiste, ce n’est pas coucher des idées sur le papier, ni les ranger dans un certain ordre, c’est très exactement vivre dans et par les mots. A chaque tournant de mon existence, je m’arrête pour, dans un nouveau livre, regarder en arrière, m’orienter, puis reprendre la route.

Marguerite Yourcenar ne s’y est pas trompée :

 

« On peut suivre toute la vie au tracé de la voix. »

 

Tout écrivain se peint en creux dans ses livres ; moi, je ne suis pas échappée à la règle. J’ai embrassé en une seule étreinte ma thématique la plus intime et mes secrets les plus enfouis, témoigné avec et à travers moi-même du thème majeur de la littérature, l'Amour, et de sa quête éternelle et impossible.

 

« Plus je cherche et moins je trouve »,

 

écrit Saint Augustin,

 

« Je désire. De là, je n'ai jamais fini de chercher. »

 

Je sais, « Parler d’Amour » ce n'est plus à la mode. On fait l'Amour, mais on n'en parle pas. Ou alors, c'est avec des ricanements.

Le mot Amour est un terme si galvaudé que pour le comprendre il vaudrait mieux se débarrasser de ce qu’il n’est pas.

C’est un mot qui a été usé et défiguré par son usage.

Les grecs disposaient pour parler de cette chose-là de quatre mots : Philia, Eros, Mania et Agape.

Et il n'est pas inutile de se confronter à une langue morte pour parler de la passion, du désir, et de ce qui, dans l'expérience amoureuse, nous fait mourir et renaître...

Se détacher du passé et s'ouvrir à l'inconnu...

Etre et devenir...

Se quitter, espérer et aimer, encore et toujours.

L’Amour.

Une source, une raison de source, le monde devient fertile, c’est l’émerveillement, le sentiment du miracle et, en même temps, du déjà connu, un retour au Paradis Perdu, la réconciliation du corps et de l’idée, la découverte de notre force et de notre fragilité, l’attachement à la Vie et pourtant l’indifférence à la Mort, une certitude à jamais révélée et cependant mobile, fluide et qu’il faut reconquérir chaque jour.

Pour moi, rien au monde n’est plus beau qu’un couple et quand j’entends dire qu’aimer c’est perdre sa liberté et son intégrité je me demande si nous parlons du même sentiment.

Je ne renonce jamais à un être que j'ai connu.

Nous savons que chacun d’entre nous est Unique, et qu’il y a un lien entre cette unicité et sa valeur, ou le fait d’être précieux, dans la fragilité des vivants d’un jour que nous sommes.

La valeur de la belle personne n’est pas la possession de vertus spéciales, mais l’être même de cette unicité, être secret et à peine entrevu, parfaitement ineffable et capable de susciter tant de mots. De susciter, surtout – et c’est là la seule raison de l’« impossibilité » dont parlait Simone Veil – un besoin qui n’est pas de possession mais d’expression, de parole, de remerciement, de prière et de louange, et même davantage : un besoin de forger, de créer, de faire l’équivalent, mais tout autre, de ce Beau qui nous a coupé le souffle.

A Rome, on regarde rarement le ciel.

Suivre la marche de la lune et des étoiles a toujours signifié pour moi une visite grave et heureuse à l’Univers dont nous faisons partie.

Quand je me séparais de lui, il me donnait rendez-vous dans une étoile et il me semblait voir le fil de notre Amour, ligne lumineuse, flèche de velours, trace de feu, partant de chacun de nous pour se rejoindre dans Orion.

C’est souvent en contemplant le ciel la nuit, que j’ai mesuré le plus intensément et aussi le plus raisonnablement ma joie ou ma peine, pris le mieux conscience du monde, de la place que nous y tenons, de la solitude, de la perfection de l’Amour « …fidèle comme le soleil au jour, comme la tourterelle à son mâle, comme le fer à l’aimant, comme la terre à son centre », disait Troïlus à Cressida.

 

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postato da: Firouzeh alle ore febbraio 12, 2008 10:42 | Permalink | commenti
categoria:poesia, amore, vita, filosofia, donna, morte, daniela zini
martedì, 12 febbraio 2008

Il mio nome è D come Donna, Diritti, Doveri.

E come scrive Fatima Naseef in ogni tempo e in ogni luogo « i miei doveri hanno sempre avuto la meglio sui miei diritti ». In un momento culturale, politico e sociale così carico di tensioni ho voluto porre un accento di riflessione su quello che universalmente, troppo spesso, viene sottovalutato: la conquista attraverso i secoli dei diritti delle donne. Per contro, il raggiungimento di tali privilegi in una società che tende al multietnico e al globale, si scontra con realtà in cui essere donna equivale a non avere alcun peso sociale, alcun diritto e alcuna possibilità di affermazione personale.

Un uomo o una donna che scrive non appartiene più al suo sesso.

Sfugge perfino all’umano.

Cesso di essere una scrittrice per diventare uno scrittore, uno scrittore cui accade di essere una donna.

So che il corso del mondo è il tessuto stesso della mia vita e ne seguo con attenzione il movimento. Per nascita, educazione e caso, ho potuto, in certa misura, sfuggire alle pressioni della società.

Sono una privilegiata.

Io non ho fatto l’esperienza del freddo e della fame.

Io non ho subito la tortura.

Io non ho conosciuto la schiavitù.

En bonne fille de mon père, je me dissocie clairement des femmes et surtout des féministes. 

Io ho una concezione diversa della Libertà. Per me, la Libertà passa meno per la rivendicazione che per una tranquilla affermazione di sé.

Educata, come un ragazzo, nell’ammirazione delle virtù virili, il mio sogno era di essere pari a un uomo non per amare un uomo, ma per essere amata da un uomo. La più grande ambizione di una donna deve essere l’Amore. Essere amata da chi si ama, con la stessa vivacità, la stessa forza e la stessa costanza, solo questo può recare a una donna la pienezza della felicità. Ne sono convinta. Ma sono anche convinta che un miracolo del genere si realizzi raramente.

All’inizio della mia vita avevo il tremendo, assurdo ideale del matrimonio, poi la mia visione, dall’alto di molti matrimoni, mi ha disgustato e ho pensato che non dovessi chiedere ciò che non era possibile avere.

Ora chiedo soltanto che qualcuno mi faccia sentire un’intensa passione e, poi… lo sposerò !

Dio, se vedo il rischio di sposare un uomo qualsiasi. Sono possessiva, indipendente, passionale, razionale e, probabilmente peggio ancora. Ho continuato a ripetermi che non mi sarei mai sposata proprio per questo, soprattutto per questo, perché, credo, mi rendessi conto che non sarei mai riuscita a dominare questi istinti con un uomo a me inferiore, e che sarei stata sempre più esasperata dalla sua inferiorità e dalla sua sottomissione. I vantaggi evidenti del matrimonio li ho ben presenti ma poi mi dico:

 

« Merde ! Non penserò mai al matrimonio come a una professione. »   

 

Soltanto chi ne ha l’esperienza lo considera una soluzione conveniente, e questo mi induce a esaminare ancora più attentamente le mie motivazioni.   

Nonostante l’ardente sensualità, ho conservato una grande castità di pensiero, alimentata dall’ambiente in cui ho vissuto, ove la donna, eguale all’uomo, è considerata alla pari e rispettata in quanto tale.

Ho disperso le mie energie, nella vita, ho fatto troppe cose differenti, ma quanta gioia mi hanno procurato le mie varie esperienze, quanto interesse!

Non ho la sensazione che arriverò a un porto qualsiasi. Sono ancora molto promettente e lo sarò fino al giorno della mia morte. Sono troppo volubile, troppo fluida, ma pochi hanno saputo trarre tanta felicità dalla mutevolezza. E se mi volgo indietro a contemplare la mia vita, questa mi appare come un prato alpino variegato di fiori di ogni colore.

Sarei, forse, più felice se mi fossi dedicata a coltivare solo trifogli o erba medica ?

No. 

È stato, essenzialmente, nel campo della creazione letteraria che ho usato della mia Lbertà ; si scrive in base a come si è fatti, ma è sempre un atto nuovo. Maneggiare le parole, soppesarle, esplorarne il senso, è una maniera di fare l’Amore, soprattutto quando ciò che si scrive è ispirato da qualcuno o promesso a qualcuno. Così la scrittura partecipa del gusto della conquista e dell’Amore.

Entrando nella letteratura, credo di aver risposto alle pie attese delle zie Elsa e Caterina. Mio Padre, che è stato più di un Padre, un Pedagogo, non era uomo da far entrare sua figlia nell’ordine né in un ordine. La Sua morte mi ha appreso crudelmente la necessità di essere autonoma. Questo anticonformista mi ha lasciato in eredità il gusto per i vagabondaggi. Nomade ero, quando bambina sognavo, guardando le strade, nomade resterò, sempre innamorata di mutevoli orizzonti, di paesaggi inesplorati. La vita già trascorsa, l’adolescenza, mi hanno fatto capire che una tranquilla felicità non è fatta per me, che sono destinata a lottare solitaria, che questa tranquilla felicità è solo una sosta nell’esistenza che sarà la mia fino alla fine. Dopo, la vita errabonda e incoerente ricomincerà.

Dove ?

Come ?

Lo sa Dio !

Ho rinunciato a avere un cantuccio tutto per me in questo mondo, un focolare, la pace, il denaro. Ho indossato la divisa, a volte molto pesante, dei vagabondi e dei senza patria :

 

« Non si sta bene che altrove. »

 

La realtà di uno scrittore è da ricercare nei suoi libri.

L’opera diviene vita.

E la vita diviene opera.

La cultura, il pensiero, la memoria sono i servitori della scrittura. Io scrivo per sentire battere il mio cuore. Sono fedele ai miei personaggi ; loro esistono per me. E è la stessa cosa in Amore.

Il mio progetto più ambizioso, ispirato dai sogni della mia adolescenza, si è concretato nei tre volumi di « Mon dernier rêve sera pour le Roi », memorie di un genere nuovo, in cui esploro la mia filiazione e la storia dei miei antenati e genitori. Un pellegrinaggio nei luoghi che mi hanno vista crescere e che hanno sempre avuto un posto importante nel mio cuore. I ricordi più intensi sono quelli della Macédoine perché mi hanno appreso a amare tutto ciò che amo ancora: l’erba, i fiori selvatici frammisti all’erba, gli alberi. Alla Macédoine ho appreso a carezzare i conigli e i cavalli, a non disturbare il sonno delle vipere, a trattare indistintamente contadini e castellani. Vi ho anche appreso a essere sola. Io sono tra coloro che possono restare soli e sereni fintanto che hanno un progetto intellettuale da realizzare. Al mio tavolo di lavoro, io non soffro mai di solitudine. La paura, perfino, l’orrore della solitudine è una superstizione. Se ne fa uno spaventapasseri. Io ho aspirato alla solitudine fin dalla mia più giovane età. Niente era più spaventoso di trascorrere una giornata intera in compagnia di un’altra persona, senza poter essere sola con i miei pensieri, restare libera delle mie azioni, leggere quello che mi cadeva sotto mano.

Ho, allo stesso tempo, molti e pochi Amici.

Io amo scrivere, amo il mio lavoro e amo che il mio lavoro sia amato, ma non mi faccio illusioni sull’universo delle parole vergate sui libri, sulla sorte del mio nome negli annuari della posterità. Al pari di Marguerite Yourcenar, so che « la memoria degli uomini è un cimitero abbandonato », che i secoli non rendono giustizia allo scrittore più che a chiunque altro. La storia della letteratura non è diversa dalla storia degli uomini. Si possono leggere, sulle tombe, nomi giustamente celebrati. Si può visitare la fossa comune dei nostri errori.

Ritengo di aver saputo trarre profitto da tutti i naufragi della vita. Se, talvolta, il prezzo è stato esorbitante, era quello il prezzo che la vita esigeva. Chi ha paura di pagare un prezzo troppo alto, muore a se stesso. L’energia che sento in me, come un’onda di calore che mi attraversa, quando pronuncio la parola « Io », non può dissociarsi dalla totalità dell’energia cosmica. Io stessa, sono una parte dell’Universo e, talvolta, è quella che percepisco più intensamente del tutto. So di avere ricevuto questo potenziale di energia alla nascita, un potenziale straordinariamente potente, considerata la capacità, che ho mantenuto fino a oggi, di trasformarmi. Ma so anche che nello stesso istante in cui si esaurirà, finirà.

Se considero la linea generale della mia vita, mi colpisce per la sua continuità. Sono nata e vissuta a Roma: anche durante gli anni trascorsi a Parigi sono rimasta ancorata qui. Ho cambiato diverse volte abitazione, ma sono rimasta più o meno nello stesso quartiere; oggi abito a cinque minuti dal mio primissimo domicilio. Roma si è trasformata dal tempo in cui ero giovane, tuttavia, posso ritrovarla in molti luoghi: in Campo de’ Fiori, in Piazza Navona, alla Biblioteca Nazionale, alla Sapienza, in Piazza di Spagna.

Non scrivo più nei caffé, ma lavoro sempre con lo stesso ritmo e con lo stesso metodo. Le mie occupazioni sono sempre le stesse: la lettura, la musica, la pittura, la fotografia.

Come accade, talvolta, quando i nostri occhi si abituano all’oscurità e iniziano a distinguere gli oggetti, in questo istante, io percepisco le cose con un acume pari a quello del Principe Mychkin, prima delle sue crisi di epilessia: ciò che lascio, ciò che ho già lasciato, ciò che mi attende. Lascio un destino di privilegiata, che avevo trovato nella culla, per gettarmi in quello rischioso di chi nasce senza nome e senza fortuna. È una pazzia, senza dubbio, una sciocchezza, forse. Avevo dimenticato che alcuni esseri spostano i limiti del destino, cambiano la nostra vita.

Confesso che la ragione si smarrisce di fronte al prodigio dell’Amore, strana ossessione che fa sì che questa stessa carne, della quale ci curiamo tanto poco quando costituisce il nostro corpo, preoccupandoci unicamente di lavarla, di nutrirla, e, fin dove è possibile, di impedirle che soffra, possa ispirarci una così travolgente sete di carezze solo perché è animata da un’individualità diversa dalla nostra, e perché è dotata più o meno di certi attributi di bellezza sui quali, del resto, anche i migliori giudici sono discordi.

Di fronte all’Amore, la logica umana è impotente, come in presenza delle rivelazioni dei misteri: non si è ingannata la tradizione popolare, che ha sempre ravvisato nell’Amore una forma d’iniziazione, uno dei punti ove il Segreto e il Sacro si incontrano.

Non è necessario per un bevitore abdicare all’uso della ragione, ma l’Amante che conservi la sua, non obbedisce fino in fondo al suo demone. Questo gioco misterioso che va dall’Amore di un corpo all’Amore di un essere umano, mi è sembrato tanto bello da consacrarvi tutta una parte della mia vita.

Sono qui per fuggire le macerie di un lungo passato di sei anni.

Sono qui in nome dell'Amore per un uomo conosciuto per caso, che il Destino ha messo sul mio cammino nel momento preciso di una crisi, che ho superato, ma che minacciava di protrarsi.

Un nuovo Amore ridona a una donna la sua verginità.

Per me, l’Amore è la realizzazione della mia natura, il riconoscimento dei miei valori personali, il rigetto di un’esistenza falsa.

L’Amore ritrovato favorisce la mia sensibilità artistica: la scrittura mi ritorna, indicando la via verso una nuova esistenza.

Questa Fiaba è dedicata a Lui, ma la più lunga dedica è una maniera troppo incompleta e troppo banale per rendere onore a una complicità così poco comune. Portate da onde sonore, tra colori e mormorii, le Fiabe si collocano in una zona del nostro essere di cui sappiamo poco: tra sogno e coscienza, tra follia e ragionevolezza, tra ferocia e dolcezza, tra estasi e tormento. Sono un mondo di immagini così vive e limpide, così naturali e espressive, che dilettano la vista e suonano deliziosamente all’orecchio. Questo mondo è il nostro Rêve, il nostro Sogno dorato, il nostro Castello incantato.

Questa Fiaba ha scopi diversi dai processi che sono stati anche quelli dei poeti, rimodellando il mito o la leggenda; la trasposizione volontaria e il dettaglio anacronistico hanno qui per scopo, non di attualizzare il passato, ma di volatilizzare ogni nozione del tempo. Ciò che conta nella leggenda e nel mito è la loro capacità di servirci di pietra di paragone, d’alibi se si vuole, o piuttosto di veicolo per condurre il più lontano possibile un’esperienza personale, e, se si può, per superarla.

Non vi sono Amori sterili.

Tutte le precauzioni non servono a niente.

Mi sono resa colpevole d’incredulità, ma è così difficile possedere qualcosa di nostro al mondo !

Ogni fiamma attira tante farfalle, ogni tesoro tanti ladri !

Ciascuno ha i suoi segreti. I miei rappresentano l’anello di congiunzione tra il mio passato e il mio presente. Io non sono tra coloro che li trascinano dietro come un peso morto che li opprime. Ciò che ho giudicato bene conservare, l’ho lasciato vivere e spandere in me.

L’età che avanza non si esprime soltanto nel corpo che si indebolisce e si raggrinzisce da tutte le parti, ma anche nei ricordi di cui ciascuno di noi, dopo la morte di tutti i suoi, resta l’unico custode e che, ogni giorno, purtroppo di più, lascia scivolare nel nulla. Non si limitano solo al nostro avvenire le minacce della falce del tempo che si agita sopra le nostre teste: è una falce che stermina rabbiosamente il passato di tutti. Per ogni vecchio che muore, un po’ di passato e di storia va perduto per sempre. Quello che neppure io conosco dei segreti dei miei nonni, dei miei zii, dei miei cugini, nessuno dopo di me potrà più conoscere.

Vivere nel passato, in quello che ha avuto di buono e di bello, è, in un certo qual modo, il sale del presente. Vivere nel futuro, come ho fatto finora, espone a sofferenza. La perpetua attesa del dopo, del domani produce inevitabilmente una scontentezza continua, che avvelena la vita.

Bisogna apprendere a dedicarsi all’ora presente.

Bisogna apprendere a sentire più profondamente, soprattutto a vedere meglio, e ancora, ancora pensare.

 

« Le mal, le grand mal, c’est que nous ne sommes point de notre siècle. »

 

osservava François-René de Châteaubriand e

 

« Il faut être absolument moderne. »,  

 

tuonava Arthur Rimbaud nelle ultime pagine di « Une saison en enfer ».

Letteratura e Potere non sono mai andati d’accordo.

Il Potere è dalla parte dell’ordine e della responsabilità, la Letteratura dalla parte del disordine e dell’irresponsabilità.

Il Potere comanda, la Letteratura disobbedisce.

Il Potere inclina per sua natura alla perpetuazione, la Letteratura al rinnovamento.

Rifiutando il passato, o più esattamente, legandosi al momento presente, nella sua qualità essenziale, fugace, il moderno respinge la tradizione, si lega alla sensazione del « Hic et nunc ».

Nel capitolo LV della Seconda Parte dell’« Essai », Châteaubriand si interroga: « Quelle sera la religion qui remplacera le Christianisme ? ».  

 

Ne serait-il pas possible que les peuples atteignissent à un degré de lumières et de connaissances morales, suffisant pour n’avoir plus besoin de culte ? (…) Que deviendront les hommes?

Deux solutions:

Ou les nations, après un amas énorme de lumières, deviendront toutes éclairées, et s’uniront sous un même gouvernement, dans un état de bonheur inaltérable ;

Ou, déchirées intérieurement par des révolutions partielles, après de longues guerres civiles et une anarchie affreuse, elles retourneront à la barbarie (…)

Si nous jugeons du futur par le passé, il faut avouer que cette solution convient mieux que l’autre à notre faiblesse. 

 

François-René de Châteaubriand, Op. cit., pp. 429-430

 

Tutto ciò che è grande nel Cristianesimo, che è uno degli elementi costitutivi della nostra civiltà, si ritrova nelle altre religioni. Sempre e dappertutto si è ucciso Dio per nutrirsene. Né gli Atti degli Apostoli, né l’Apocalisse, né la Chiesa sono riusciti a spezzare le catene della schiavitù, il Nuovo Testamento non ha speso una parola sulla desolazione che si legge nello sguardo degli animali. Gli uomini continuano a farsi beffe dei gobbi, dei diversi, degli storpi, degli impotenti, degli omosessuali, dei mariti ingannati e delle vecchie zitelle.

Quale fede, alla mia età, rimane nel fondo del mio spirito ?

Ho già raccontato come adolescente, al momento della mia Prima Comunione, fossi giunta a dubitare della religione rivelata. Tuttavia, in modo vago, continuavo a credere in uno scopo della vita, uno scopo morale ma illusorio e deludente. Non mi interessavo più di Dio, ma adoravo perdutamente il Cristo. Mi avevano detto che prediligeva ciascuna delle sue creature come fosse l’unica ; il suo sguardo non mi avrebbe abbandonato neppure per un istante e tutti gli altri sarebbero stati esclusi dal nostro colloquio, non vi sarebbe stato nessun altro tra Lui e me.

La parola atea mi è sempre dispiaciuta e con Huxley sono del parere che il termine agnostica sia più corrispondente alla mia condizione spirituale, se è agnosticismo dire che l’origine prima, la sostanza e il fine ultimo delle cose siano inaccessibili all’intelletto umano. In ogni caso, quantunque l’idea di un Dio come entità sia già scomparsa dalla mia coscienza, mi rimane, ancora, la fede nello sviluppo lento e graduale di una vita sociale più elevata, più nobile. Credo sia dovere degli uomini obbedire a leggi di Bontà e di Amore, sforzarsi di porre fine alle guerre e alle epidemie, alla povertà, alla miseria, alle malattie, e crearsi così un Paradiso in terra, che trasformi il pellegrinaggio della vita in una crociata nella quale ogni croce sia coronata di rose.

Non è, forse, l’uomo, nel senso più alto della parola, il proprio Dio quando tende a creare intorno a sé per tutto quello che è vitale, dell’umanità o della natura, un Giardino dell’Eden ?

Non tendono, forse, gli alberi e, perfino, le più umili piante a salire verso la luce ?

L’istinto divino dello spirito umano non è, forse, un’aspirazione in tal senso ?

Sono convinta che i grandi scrittori mettano sempre la propria storia nelle loro opere. Si dipinge bene solo il proprio cuore, attribuendolo a altri, e la parte migliore del genio è composta di ricordi.

Resta la fede nell’opera a venire, quale occasione per esplorare la coscienza dell’uomo, per sondare l’anima, per esprimere il tormento incessante dello spirito, una volta retiré en soi. Si tratta, in un atteggiamento moderno, di reinventare la malinconia. La malinconia, questo sentimento fecondo nelle opere di genio, che sembra appartenere quasi esclusivamente ai climi del nord, è uno degli apporti essenziali alla nostra Letteratura. La malinconia non si oppone affatto all’idea di progresso dello spirito umano, aiutato o no dalla luce divina; al contrario, lo scrittore, distaccato dalla contingenza, nel cuore della meditazione, partecipa al movimento generale del progresso. A differenza della nostalgia, che porta a rivivere una situazione passata per effetto di un movimento retrospettivo della coscienza, la malinconia è un lavoro di lutto : è il sentimento doloroso di un passato scomparso per sempre, l’esperienza di una perdita, di un’esistenza passata o sognata, impossibile e compresa come tale. Apre, dunque, su un avvenire, ove dovrà realizzare ciò che deve essere, ciò che deve colmare. Così, per me, la letteratura non ha senso che quando lo scrittore si sacrifica alla sua opera. La mia solitudine, la mia sofferenza interiore partecipano di una stessa coscienza moderna, quella du malheur. Le malheur dell’esistenza dello scrittore conduce alla postura malinconica, nell’atto della scrittura, dove si può (ri-) nascere e vivere. La malinconia non è la condizione tetra delle passioni incerte e represse, è lo stato d’animo di chi conduce un’esistenza postuma al di là del suo desiderio e della sua vita personale, per sempre consumati. La letteratura diviene l’opera di una riflessione emersa dal dolore, eppure straniera alla propria avventura. La malinconia come via d’uscita au malheur, è precisamente ciò che sembra guidarci, coscienti dell’incompiutezza del nostro destino, eterni esuli del nostro paese e del nostro tempo. E, adottando questa postura, si abolisce l’esistenza personale empirica, nella quale lo scrittore vive realmente son bonheur e son malheur, a beneficio dell’altra esistenza che persegue nella sua opera.

L’opera letteraria è, così, d’oltretomba.

 

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postato da: Firouzeh alle ore febbraio 12, 2008 10:37 | Permalink | commenti (2)
categoria:poesia, politica, amore, vita, letteratura, religione, storia, filosofia, parigi, bibbia, femminismo, donna, morte, cristianesimo, daniela zini